‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 15 sur 152 · MANIFESTATIONS APPARENTES DU MORPHINISME CHEZ LE CHIEN · texte numérisé non relu

MANIFESTATIONS APPARENTES DU MORPHINISME CHEZ LE CHIEN

De tous les animaux domestiques, le chien est celui qui se rapproche le plus de l'homme, par les manifestations que réveille en lui l'administration des doses faibles de morphine. C'est lui qui donne l'idée la plus vraie de ce que peut être la narcose opiacée, chez un animal, et quitraduit le mieux les symptômes physiologiques qui la caractérisent.

Entre le chien et l’homme, il ne paraît y avoir comme différence, que la résistance plus grande du premier, qui fait qu'il tolère très bien des doses qui peuvent aller jusqu'à 1 centigramme par kilogramme, alors que chez un sujet de l'espèce humaine, non aecoutumé, 3 dixièmes de milligramme, par kilogramme, représentent une dose déjà forte.

S1 dans le tissu conjonctif d’un chien, on injecte une solution de chlorhydrate de morphine, à la dose de 5 milligrammes par kilogramme, les premiers symptômes qu'on observe, quelques minutes après, sont des mâchonnements; l'animal se lèche, et bientôt apparaît une hypersécrélion salivaire, qui est plus où moins accusée, suivant les sujets, mais qui faitrarement défaut.

Dares | Cette hyperséerétion salivaire est souvent suivie de manifestations nauséeuses, et souvent aussi, mais non toujours, l’animal- a des vomissements offrant les caractères de ceux que produit l'injection d’une dose faible d’'apomorphine, mais ne durant pas aussi longtemps.

On peut voir aussi le sujet faire des efforts de défécaton et avoir une selle ou deux, quelquefois davantage: mais cette manifestation, pas plus que les vomissements, n'a un caractère de régularité qui puisse autoriser à la considérer comme constante. Nous y reviendrons un peu plus loin, avec quelques détails.

Dix ou quinze minutes après l'injection apparaissent plus distinctement les effets généraux de la morphine. Ils s’'annoncent par de l'inquiétude ; l'animal s’agite un peu et traduit, par son attitude, le malaise général qu'il doit éprouver.

Le premier signe de dépression nerveuse se montre ordinairement dans le train postérieur, qui s'affablit au point que, bientôt, le chien ne peut rester debout ; son arrière-train s'’affaisse, les articulations des mem bres pelviens fléchissent peu à peu, et, malgré les efforts que semble faire l’animal, il est obligé de céder à cette action et reste assis sur son derrière.

A cette phase, quelques animaux se couchent complètement et, sans autre résistance, se livrent au sommeil, surtout s'ils sont dans un endroit retiré, et si on a le soin de les laisser dans le calme le plus complet. Beaucoup d’autres ne cèdent à l'influence hypnotique de la morphine qu'après avoir fait tous leurs efforts pour se maintenir éveillés; on les voit fermer les

LNSHQES yeux progressivement, dodeliner de la tête, se réveillant brusquement chaque fois qu'emportés dans un mouvement de chute, ils se sont affaissés trop rapidement et ont choqué le sol. Finalement, le sommeil les gagne complètement etils s'endorment.

Comme on l’a si souvent dit, pendant ce sommeil, il y a seulement engourdissement des propriétés nerveuses ; le chien endormi par la morphine entend et sent parfaitement. Si l'on fait du bruit à ses côtés, si on le touche, 1l se réveille brusquement, jette autour de lui un regard hébété et se rendort. Si l'excitation est un peu forte, l'animal se relève d’un bond, tout effaré, et, sans paraître se rendre compte de ce qu'il fait, il part en trolünant, le train postérieur en contre-bas, dans l’attitude dite hyénoïde, et va s'arrêter dans un autre endroit où 1l s’affaisse, se couche pour se rendormir de nouveau. Il y a là des signes d’une imprégnation profonde des centres cérébraux et d’une dépression intellectuelle considérable.

Non seulement, à dose hypnotique, la morphine n'abolit pas la sensibilité, mais elle détermine, au contraire, de l'hyperexcitabilité réflexe, ce que l’on a très heureusement exprimé en disant que, quant à la façon dont les réflexes se manifestent chez lui, l'animal morphinisé rappelle les sujets dépourvus de cerveau.

Généralement, le sommeil dure cinq ou six heures, parfois davantage, mais, quand surviennent le réveil et la disparition des effets, le sujet semble toujours hébété et conserve encore longtemps une très grande faiblesse dans le train postérieur.

J'ai vu souvent des chiens morphinisés et paraissant

D CPR ER à

complètement éveillés, qui se déplaçaient avec la plus grande difficulté, conservaient, d’une façon exagérée, l'attitude hyénoïde et traînaient presque leur train pos-

térieur, qui, pendant la marche, oscillait à droite et à gauche avec incoordination motrice, comme sous le coup de l'ivresse.

Cette action de la morphine, sur la partie postérieure des centres moteurs médullaires, s’observe même par l'attitude que prennent quelques animaux pendant qu'ils dorment. Certains d’entre eux, en pleine phase d'engourdissement, se couchent à plat ventre, les membres abdominaux écartés et étendus en arrière, la face plantaire des pieds tournée en haut, les membres antérieurs allongés en avant. Ce mode de décubitus, que nous verrons encore, rappelle une attitude physiologique familière à l'ours.

Effets des doses fortes. — Les manifestations que nous venons d'étudier varient naturellement en intensité avec la dose de médicament injectée et, quand celle-ci dépasse 1 centigramme par kilogramme, le sommeil et l’engourdissement déterminés sont très profonds; l’animal est presque incapable d'exécuter les moindres mouvements spontanés et ne répond aux excitations que par des plaintes, ce qui indique que la sensibilité est encore conservée. :

Cependant, cette sensibilité peut être très émoussée, et il faut parfois des excitations très fortes pour produire une manifestation quelconque. On en trouvera la preuve dans l'expérience suivante :

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EXPÉRIENCE I, — 14 juin 18go.

Un jeune chien pesant 9 kilogrammes, reçoit, en plusieurs fois, dans le tissu conjonctif du dos, 64 centigrammes de chlorhydrate de morphine. Trois minutes après l'injection des premiers centigrammes (16), l'animal a des efforts de vomissement et rejette, péniblement et avec plaintes, les matières contenues dans son estomac. On note aussi la salivation, qui persiste assez longtemps.

Un quart d'heure après apparaissent les symptômes généraux: le train postérieur s'affaiblit, s’affaisse, et le sujet s'assoupit, tout en conservant l'hyperexcitabilité particulière qui aecompagne le sommeil morphinique.

Ce sommeil, bien que très profond, est accompagné de plaintes prolongées que fait entendre constamment l'animal.

Trois heures après, le chien est presque incapable de se déplacer, son train postérieur en particulier est excessivement faible et traîne sur le sol, tandis que les membres antérieurs ont conservé assez de liberté. On le reporte dans sa loge.

Le lendemain, l'attitude hyénoïde persiste toujours: la faiblesse de l’arrière-train est presque aussi marquée que la veille, mais le sujet ne dort pas. On renouvelle l'administration de 64 centigrammes de morphine.

Comme la première fois, cette injection a déterminé des vomissement{s, qui se sont montrés trois minutes après et ont persisté assez longtemps, paraissant même très pénibles, car, au moment où ils se produisent, il y aun violent effort expiratoire avec plainte.

La morphinisation se déroule comme le jour précédent, et l'animal dort profondément depuis trente minutes environ, lorsqu'on lui injecte une nouvelle dose de 50 centigrammes, dans le tissu conjonctif, Chose curieuse, cette deuxième injection, faite sur un chien plongé dans un sommeil hypnotique parfait, a encore déterminé la nausée et le vomissement, mais les

elfets soporifiques se sont très rapidement aggravés.

Cependant l'excitabilité et la sensation ne sont pas abolis: l'animal relève un peu la tête et fait entendre une faible plainte quand on l'appelle, mais il n'exécute pas d'autres mouvements, La partie postérieure du corps notamment est très faible, et quand, par des excitations violentes, on cherche à provoquer des réactions, on ne réussit qu'à obtenir des plaintes et quelques mouvements des membres antérieurs,

Si, au point de vue moteur, il y a une différence considérable entre le train antérieur et le train postérieur, il n'en est pas de même au point de vue sensitif, Des explorations minutieuses de la sensibilité des pattes, en avant et en arrière, donnent des résultats identiques.

Trois heures s'écoulent dans ces conditions, sans aucun changement dans les manifestations précédemment décrites ; mais après ce temps, l'animal étant toujours profondément endormi, on voit apparaitre, dans certains groupes musculaires, des mouvements cloniques, d'abord espacés, mais se rapprochant de plus en plus, en se généralisant, au point de se transformer en crises télaniques véritables et d'une très grande violence, J'ai cru que l'animal allait être tué par l’une d'elles, mais il n'en a rien été; les mouvements respiratoires, arrêtés pendant les spasmes, se sont rétablis avec une grande lenteur, le sujet est resté étendu sur le flanc, complètement immobile, les crises et les mouvements cloniques ont disparu; seules les mâchoires s'ouvraient et se fermaient alternativement et périodiquement.

A cette phase, la sensibilité avait complètement disparu, l’animal était en résolution musculaire complète, et il est mort

ainsi, lentement, par arrêt primitif de la respiration.

Cette expérience démontre que, quelle que soit la dose injectée, la morphine ne produit pas l’anesthésie vraie; les terminaisons nerveuses ne sont frappées que très tardivement, puisque, pendant toute la durée du sommeil profond, il y a encore conservation des

réflexes.

io —

Cependant, il est incontestable que, par l'emploi des doses fortes, on peut produire chez le chien un abrutissement tel qu'il s’abandonnerait à une opération et à une vivisection; il est possible que son cerveau, très imprégné, ne perçoive plus les sensations douloureusés ; mais, même dans ces conditions, ces sensations provoquent des réflexes, souvent même des plaintes, sans mouvement de défense, il est vrai, mais suffisantes pour s'opposer à toutes comparaisons entre les effets de la morphine et les effets d'un anesthésique.

D'ailleurs, quand on atteint cette phase de presque insensibilisation, la dose n’est pas loin d’être toxique, et, pour peu qu’on insiste, on arrive, comme nous l'avons vu, à réveiller les manifestations convulsivantes du médicament.

Ces dernières ont été parfaitement étudiées par CI. Bernard !, par Amblard et Grasset ?, qui les ont signalées les premiers, puis par Ch. Richet”, qui a fait remarquer que, si la morphine est, chez le chien, le type des poisons cérébraux, 1l n’en est pas moins vrai qu’elle peut successivement devenir un poison bulbaire, convulsivant et paralysant.

Nous verrons plus loin que, pendant le sommeil morphinique du chien, les yeux sont en strabisme interne et les pupilles resserrées; la respiration est habituellement troublée et ralentie ; la pression vasculaire diminuée. Mais ce sont des particularités qui

! CI. Bernard, Leçons sur les anesthésiques, 1875. ? Amblard et Grasset, Gazette hebdomadaire, 1882.

$ Ch. Richet, Les poisons et la température (Revue de médecine, 1886).

gagneront à être étudiées à part, avec présentation des explications qu’elles comportent.

C’est pour cela que, plus loin, nous nous occuperons spécialement des vomissements, des défécations et de l'hypersécrétion salivaire, qui précèdent ou accompagnent souvent l’action de la morphine.

Manifestations toxiques de la morphine chez le chien. — Lorsque, par la voie hypodermique, on injecte au chien une dose de morphine qui atteint ou dépasse 6 centigrammes par kilogramme, on assiste à l'apparition progressive d’une série de symptômes toxiques qui, après un temps plus ou moins long, tuent les animaux.

Les premières phases sont assez analogues à celles que produisent les doses thérapeutiques; l'animal s'endort dans les conditions que nous avons décrites et atteint même un sommeil lourd et profond.

Mais une heure à une heure et demie après, quelquefois un peu plus, on voit, en pleine narcose survenir des mouvements brusques et rapides, isolés et séparés les uns des autres par des intervalles parfois assez longs, mais qui deviendront de plus en plus courts. Le sommeil peut ne,pas être troublé et la torpeur persister, surtout s'il s'agit d’un lout jeune animal; mais il est plus habituel de voir le début des manifestations convulsives s'accompagner du réveil du sujet, qui, d’abord, cherche à résister à l'influence stimulante mais est bientôt dans l'impossibilité de le faire.

Peu à peu l'animal, dont le facies traduit les troubles cérébraux, foujours incapable de se tenir debout,

ur devient manifestement hyperexcitable; en plus des secousses convulsives passagères, qui l’agitent périodiquement, et des mouvements cloniques qui se rapprochent de plus en plus, il bondit au plus léger choc et sursaute au contact, comme un sujet strychnisé.

Si ce n'était l'attitude générale, la confusion serait possible.

L'hyperexcitabilité va s’exagérant, les mouvements cloniques se succèdent de plus près, et bientôt une crise violente, avec contracture et agitation, met l’animal sur le flanc.

La salive se met de nouveau à couler, la bouche est mousseuse, les mâchoires claquent, les yeux pirouettent dans l'orbite. On a,en somme, tous les caractères de la crise épileptiforme.

Mais l’aggravation de l'empoisonnement fait prédominer le tétanisme, et, dans les dernières phases, l'animal a des accès qui, en y ajoutant l'hyperexeitabilité réflexe, sont comparables aux crises strychniques franches.

Il meurt ainsi, soit dans un dernier spasme, soit entre deux accès, par arrêt primitif de la respiration.

Nous ne sommes pas les premiers à parler du pouvoir convulsivant de la morphine. CI. Bernard, Laborde, Calvet, Amblard et Grasset, etc., l'ont signalé et décrit; mais, si nous résumons ce que nous avons vu, c'est pour faciliter certaines comparaisons que nous aurons à faire plus loin, entre les effets de la morphine. suivant la voie d'introduction; entre ces mêmes effets et ceux de l’apomorphine.

Nous retenons que, chez le chien. où la morphine est

on —

surtout un cérébral, les influences médullaires sont possibles; elles peuvent apparemment devenir prédominantes et produire des phénomènes convulsifs qui servent de lien entre les espèces narcolisées et celles qui ne le sont pas.

La morphine chez les jeunes chiens. — La susceptibilité toute spéciale des enfants aux préparaons opiacées, et à la morphine en particulier, est un faitvulgaire, à telles enseignes que les cliniciens hésitent souvent à ordonner ce calmant chez les tout jeunes sujets, dans la crainte d'accidents graves et de collapsus mortel.

En Angleterre, cependant,on parait moins timoré et on a même la fâcheuse habitude d’administrer l’opium aux jeunes enfants pour les endormir et calmer leurs cris.

Aussi les accidents y sont-ils fréquents. Sur 177 morts par l’opium, observées en Angleterre, en 1840, les enfants comptent à eux seuls pour 72.

On a rapporté de nombreuses observations de cas mortels, survenus après absorption de deux gouttes de laudanum de Sydenham (Everest, Christison).

La susceptibilité des jeunes chiens est non moins remarquable, et sur plusieurs de ces animaux, nés dans notre laboratoire, nousavons pu constater, à différents âges, combien la morphine est dangereuse chez eux.

EXPÉRIENCE II (29 mai et 5 juin 1890).

Un chien, nouveau-né depuis un Jour, a été tué en trente heures, dans un collapsus profond, par une dose de morphine

représentant 2 milligrammes par kilogramme de poids vif.

Un petit chien de la même portée que le précédent, âgé de huit Jours, est mort quarant-huit heures après avoir reçu une injection hypodermique de chlorhydrate de morphine, à raison de 4 milligrammes par kilogramme.

EXPÉRIENCE I (22 juin 1890).

Deux jeunes chiens de la même portée, âgés de vingt-six jours, sont soumis à l’action de la morphine,

Le premier en reçoit une dose représentant 7 milligrammes par kilogramme. Peu de temps après il a des vomissements, quelques défécations, puis, au bout de dix minutes, il s'endort d'un sommeil profond et lourd, montrant assez bien tous les signes habituels de la morphinisation.

Ce sommeil a encore été remarquable par sa durée ; le lendemain seulement il était complètement dissipé, mais le jeune animal était encore dans un état de dépression extrême, qui, d’ailleurs, ne s’est pas amélioré, car la mort est survenue sans autre administration, cinquante heures environ après le commencement de l'expérience.

Le deuxième chien en avait reçu des doses beaucoup plus fortes (3 centigrammes par kilogramme de poids vif), aussi les modifications habituelles se sont-elles déroulées avec une très grande rapidité. Vomissements après trois minutes. Sommeil profond, faiblesse générale extrême, excitabilité conservée ; mais quand, dans les premières phases de l’intoxication, l'animal se déplace, il a le train postérieur en contre-bas et ses quatremembres se meuvent comme des piquets. L'affaiblissement s’accuse de plus en plus ; bientôt le sujet est incapable de tout mouvement et ne répond aux pincements que par des plaintes,

A aucun moment il ne présente de crises ni de spasmes cloniques.

Cet état de choses persiste jusqu'au lendemain matin. Le collapsus et la résolution musculaire n'ont pas diminué, Le sujet

or.

est en décubitus latéral et, quand on cherche à le sortir de sa torpeur, 1l répond simplement par une sorte d'étirement rappelant celui du chien que l'on dérange pendant son sommeil; tèle portée en arrière, membres mis en extension avec écartement des doigts.

A ce moment on comple soixante-huit pulsations et douze respirations par minute; la température est très basse, 30°2.

Mort le soir du deuxième jour, sans crises ni convulsions.

L'autopsie de ces chiens a été faite eta permis de constater une très forte congestion du cerveau.

En somme, si l’on remarque que les chiens adultes peuvent supporter assez facilement des doses de 6 centüigrammes par kilogramme, voire même davantage, on trouve démonstratifs, à l'égard de la susceptibilité des jeunes sujets, des essais dans lesquels 2, 4, 7 milligrainmes et 3 centigrammes par kilogramme ont déterminé la mort de chiens nouveau-nés ou très Jeunes.

- Dans la série des animaux endormis parla morphine, nous ne nous intéresserons qu'au chien, au moins pour ces descriptions générales, car c’est le meilleur type à choisir.

Nous ne décrirons done pas ici les effets de la morphine chez le lapin, le cobaye, le rat et le pigeon; ces animaux, on le sait, sont parfaitement narcotisés et CL Bernard, dans ses leçons sur les anesthésiques, a indiqué les manifestations qu'ils présentent et leur résistance assez grande au poison. Cependant, à propos de cette résistance même, iknous a semblé que l'illustre physiologiste avait un peu exagéré les choses. Les doses de chlorhydrate de morphine qu'il à employées sont

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