PREMIÈRE SECTION MORPHINE
L'action principale de la morphine n’est pasla même chez tous les animaux.— Après avoir étudié les principaux alcaloïdes de l’opium sur un grand nombre d'animaux, Claude Bernard en a donné une triple classification, les rangeant, d'une part, par ordre décroissant d’activité soporifique ; d'autre part, par ordre décroissant d'activité convulsivante et de pouvoir excitant ; troisièmement enfin, par ordre décroissant de toxicité.
Prenant l'animal comme terme de comparaison, il avait basé l'édification de ces groupements, sur les manifestations physiologiques obtenues avec chacune des substances, qu'il administrait dans des conditions variées.
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LR y Dee Par ordre d'activité soporifique, il avait :
1° Narcéine:
20 Morphine; 3° Codéine.
Par ordre d'activité convulsivante :
1° Thébaïne ; 29 Papavérine ; 3° Narcotine; 4 Codéine; 59 Morphine; 6° Narcéine.
Par ordre de toxicité :
1° Thébaïne ; 20 Codéine ; 3° Papavérine :
4° Narcéine ; 5° Morphine ; 6° Narcotine.
Au cours de ses essais avec ces six alcaloïdes, Claude Bernard avait aussi constaté que tous les animaux ne sont pas également sensibles à l’action de chacun d'eux et que, pour la morphine en particulier, il y avait des différences très notables entre le chien, par exemple, qui est plus impressionnable que le lapin, entre ces animaux et la grenouille, chez laquelle les effets convulsivanis sont seuls dominants.
in prenant chaque alcaloïde et l’administrant à des sujets d'espèces très différentes, Claude Bernard aurait donc pu classer définitivement aussi ces espèces d’après les principaux effets produits et d'après l'intensité de ces effets.
ER TE Comme on va le voir pour la morphine, cette étude comparée est pleine d'intérêt et d'enseignements utiles. On a dit souvent, en effet, et avec beaucoup de rai. sons, que l’action du principal alcaloïde de l’opium varie non seulement de l'animal à l'homme, mais aussi
d'homme à homme: on aurait pu ajouter et poser
comme un principe absolu, mais ce n’a pas encore été fait, que les manifestations du morphinisme varient aussi considérablement, quant à leur nature, d’une espèce animale à une autre.
Claude Bernard, qui a reconnu ses propriétés convulsivantes elle pouvoir qu'elle a d’exagérer l'excitabilité, même chez les animaux qu'elle narcotise, paraît n’avoir fait ses expériences que sur le chien, le lapin, le cobaye, le rat blanc, le moineau et la grenouille ; aussi n’a-t-l pas eu l’occasion de voir des animaux pour lesquels la morphine est toujours un excitant et un convulsivant.
Il a vu dominer parfois la convulsion, mais il a toujours réussi à obtenir la prostration narcotique, même chez les animaux extrêmement réfractaires à la morphine, comme les grenouilles par exemple.
Pourtant, comme nous le disions plus haut, les différences qui existent dans l’impressionnabilité de chaque espèce ne lui ont pas échappé.
C’est ainsi que le chien est celui qui s’est montré le plus sensible ; que les lapins et les cobayes ont dû recevoir des doses plus fortes pour être endormis ; que les rats blancs, après avoir présenté de la narcose, ont eu des convulsions ; que, pour endormir le pigeon, la quantité de morphine a dû être beaucoup plus considérable et qu'enfin les grenouilles se sont montrées excessive-
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ment résistantes à l’action hypnotique de la morphine, qui, chez elles, ne commence qu’au bout de plusieurs heures el après une phase d’exagération considérable de l’excitabilité.
Mais, jusque-là, on était toujours en droit de conclure qu'à part les variations dans la sensibilité, qui sont constatées lorsqu'on envisage telle ou telle classe d’an1maux, la morphine peut toujours arriver à produire des effets calmants, hypnotiques et narcotiques, et qu'en somme les symptômes de son empoisonnement sont fondamentalement les mêmes chez toutes les espèces.
Or, ceci n’est pas exact; la généralisation de l’expérience à d'autres espèces que celles dont il vient d'être question démontre que la morphine n'est pas un narcotique et un hypnotique pour {ous les animaux.
Bien plus, nous avons nous-même obtenu des résultats qui nous font dire encore que, contrairement à ce que l’on était en droit d'admettre jusqu'à présent, la morphine n’est pas toujours et avant tout un poison du cerveau. C'est là une notion nouvelle dont la preuve sera fournie plus loin, particulièrement lorsque nous décrirons les effets du morphinisme chez les caprins.
Classification des espèces animales, d’après les manifestations du morphinisme. — Immédiatement, nous pouvons, en nous basant sur les résultats expérimentaux que nous avons obtenus, en étudiant l'action de la morphine sur un grand nombre d'espèces, établir une classification de celles-ci, d’après la nature et l'intensité des symptômes qu'elles présentent.
RES Lo
Dans un premier groupe, nous classerons les espèces que la morphine narcotise nettement :
Dans un deuxième groupe, les animaux pour lesquels elle n’est jamais hypnotique et soporifique.
Dans le premier groupe, on a déjà classé, par ordre de susceptibilité décroissante : le chien, le lapin, le cobaye, le ral blanc, la souris et le moineau.
Dans le deuxième groupe, se trouve la série des animaux auxquels on pourrait appliquer absolument le non sedat de Brown.
Nos expériences nous y font classer, toujours par ordre de susceptibilité décroissante : le cheval, le bœuf, le chat, le mouton, le porc et la chèvre.
Cette dernière catégorie peut encore comprendre une subdivision établie d’après l'influence de la morphine sur les fonctions du cerveau, qui, chez la chèvre, le mouton etle porc, ne sont pas ou peu influencées.
De telle sorte que, nous pouvons établir le tableau synthétique suivant : k
MCE MEME
Espèces narcotisées\ Lapin
jar la MCODAVC. ee. , par la 29 Animaux chez lesquels rphine. Ratbhlancr. 4 :
morpl ne la morphine trouble SOURIS NT ; :
À les fonctions du cer- Bheval..:
é veau.
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hévre. use à ; C fonctions du cerveau.