CHAPITRE IV
MODIFICATIONS DES PROPRIÉTÉS DES SELS D'APOMORPHINE PAR LEUR MÉLANGE EN DIVERSES PROPORTIONS.
Les essais précédents, dans lesquels nous avons étudié les deux sels d’apomorphine, en les opposant successivement les uns aux autres, ont rendu intéressante la question de savoir quel pourrait être le résultat de leur introduction simultanée dans la veine d’un chien. Nous en avons fait l'expérience, et voici ce que nous avons constaté.
EXPÉRIENCE XLIIL (11 mars 1897).
Petite chienne loulou, pesant 11 kilogrammes, très grasse. Dans la jugulaire on lui injecte 10 centimètres cubes d'un . mélange à parties égales de solution à 2 pour 100 d'apomorphine cristallisée et d'apomorphine amorphe, soit 10 centigrammes de chaque sel.
Immédiatement le sujet paraît très faible du train postérieur; il reste couché, immobile et ne cherche pas à courir : cependant il a les effarements, l'hyperexcitabilité du chien qui a reçu de l'apomorphine cristallisée et sursaute au contact ou au bruit.
Peu à peu, l'effet s'accuse du côté de l'excitation, la petite bête devient plus excitable, s'agite vivement, mais elle est con-
sidérablement gênée dans ses mouvements par la parésie du train postérieur qui est très accusée.
En somme, si, aussitôt après l'injection, les manifestations d’'excitation ne se sont pas montrées comme lorsqu'il s'agit de l'apomorphine cristallisée pure, la dominante de l’action, dans
les effets généraux observés, est certainement l'excitation. EXPÉRIENCE XLIV (9 mars 1897).
Chien, pesant 15 kilogrammes, fixé sur la table et disposé
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ig. 33. — Injection veineuse d'un mélange à parties égales d'apomorphine cristallisée et d’apomorphine amorphe. — Premiers effets : — M, pression carotidienne ; — P, sphyg- AE A de mographe ; — R, respiration ; — S, secondes. (Réduct. 1/3.)
pour inscrire les mouvements respiratoires, la pression caroti-
dienne et le tracé sphygmographique. On lui injecte, dans la jugulaire, un mélange comprenant 10 centigrammes d'apomorphine cristallisée et 10 centigrammes d'apomorphine amorphe.
Sur la figure 33, qui contient un petit fragment de l’état norinal, on voit que le premier résultat de cette injection est une chute brusque, a, de la courbe manométrique, qui se relève aussitôt pour atteindre un niveau très élevé, b, et prendre ensuite un état moyen qu'elle doit conserver un certain temps.
Le pouls est renforcé, la respiration est momentanément accélérée, mais pas la moindré tendance à la syncope.
Evidemment, ces premiers effets rappellent ceux de l'apomorphine cristallisée; mais, pendant les instants suivants, la pression descend graduellement et insensiblement, sans dépasser 146 millimètres,
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