‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 42 sur 152 · ANA AVAYAATANATATATANE AAA AAA AAA AAA · texte numérisé non relu

ANA AVAYAATANATATATANE AAA AAA AAA AAA

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19. 37. — Vingt minutes après la dernière dose du mélange des deux apomorphines,

au moment d'une injection de ro centigrammes de chaque sel, (Réduct. 1/3.)

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Fig. 38. — Une heure après le début de l'expérience, 25 minutes après l'injection totale de 40 centigrammes de chaque apomorphine. (Réduct. 1/3.)

DES de médicament, et ne parait pas très influencé. Il est parfaitement calme, ne s’agite pas, ne présente aucune tendance à la convulsion et se montre simplement un peu hyperexcitable.

On le laisse aux appareils pendant vingt-cinq minutes encore, afin de suivre les modifications qui pourraient se produire len tement et on termine l'expérience en prenant la figure 38 qui démontre que, malgré la dose considérable de médicament injecté, le cœur et la pression se soutiennent fort bien.

On libère le sujet et on le met à terre. Son train postérieur est complètement parésié ; il peut à peine se traîner, et ne reste pas debout, il cherche cependant à se déplacer, mais il n’a pas l’effarement, l’affolement des chiens qui ont reçu seulement l’'apomorphine cristallisée,

Cependant, avec le temps, il reprend peu à peu de l'énergie et, une heure après, il tourne en manège en titubant.

Le soir il est très calme et le lendemain on le trouve completement rétabli.

Cette expérience nous parait fort intéressante comme démonstration des effets antagonistes des deux sels d’apomorphine ; nous avons vu ces effets se manifester, surtout après les dernières injections, car les deux premières ont déterminé chacune des modifications contraires, très fugaces, mais évidentes,

Ces résultats, il est vrai, ne s’observent pas toujours avec la même intensité, on va le voir dans l'expérience suivante, faite dans d’excellentes conditions, et dans laquelle la neutralisation des actions propres de chaque sel a été beaucoup plus complète.

EXPERIENCE XLV (12 avril 1897).

Grosse chienne, âgée de trois ans, pesant 25 kilogrammes, méchante et difficile à aborder, Après immobilisation sur la table on se met en mesure d'inscrire sa pression carotidienne, sa respiration et son tracé sphygmographique.

Pendant tous les préliminaires de l'expérience la bête ne bouge pas et n'a pas le moindre mouvement de défense.

On peut, dans des conditions aussi bonnes que possible, inscrire l'état normal des fonctions que l’on compte étudier et noter :

153 millimètres de pression ; 126 pulsations ; 20 mouvements respiratoires.

Dans la jugulaire, on injecte 6 centimètres cubes d'un mélange, à parties égales, de deux solutions à 2 pour 100, l’une d'apomorphine cristallisée, l'autre d'apomorphine amorphe.

Presque immédiatement, après trois soulèvements thoraciques, la respiration s'arrête complètement, la courbe manométrique s'élève et les pulsations cardiaques se renforcent en se ralentissant. Trente secondes après l'injection, on relève :

164 millimètres de pression ; 84 pulsations ; o respiration,

La syncope respiratoire persiste pendant une minute et demie et les mouvements réapparaissent, d'abord très superficiels, mais peu à peu ils reprennent leur énergie première.

Dans tous les cas il n’y a pas eu une hypertension plus accusée que celle que nous avons déjà enregistrée et la courbe n'est pas tombée brusquement comme cela a lieu avec l'apomorphine amorphe.

Cependant le mouvement du manométrographe s'accuse du côté de la chute et, après dix minutes, sa plume à pris un niveau moyen d’où elle ne varie pas.

A ce moment-là nous enregistrons les modifications suivantes :

132 millimètres de pression ; 114 pulsations ;

30 respirations

Les choses étant ainsi, nous injectons une nouvelle dose de

9 centimètres cubes du mélange.

Immédiatement, cette injection ne fait rien de bien notable ; elle a simplement pour résultat de faire osciller légèrement la courbe manométrique et de rendre la respiration plus superticielle ; mais c'est tout et cela nedurepas. Après quarante-sept secondes, la pression se met à descendre brusquement, sans modifications corrélatives apparentes, ni des pulsations sphygmographiques, ni de la respiration, et elle atteint :

98 millimètres, niveau inférieur, qu'elle conserve à peine vingt secondes. En effet, elle reprend rapidement une marche en sens inverse et se trouve, en moins d'une minute au niveau qu'elle occupait avant la deuxième injection.

Afin de laisser les fonctions reprendre leur équilibre, on attend cinq minutes encore et on prend un fragment de tracé qui indique :

126 millimètres de pression ; 150 pusations ;

45 respirations.

En somme, il est évident que le mélange des 15 centigrammes de sel cristallisé et des 15 centigrammes de sel amorphe a eu pour résultat de déterminer une hypotension artérielle avec accélération du cœur et de la respiration. Mais si l'on veut bien se reporter à la chute manométrique que produit seule l’apomorphine amorphe on verra que l’hypotension obtenue ici est relativement peu importante.

Voulant pousser l'expérience encore plus loin, pour la troisième fois, nous faisons une injection que nous portons à 10 centimètres cubes soit 10 centigrammes de chaque alcaloïde. Comme nous l'avons vu dans la précédente expérience, cette injection ne détermine qu'une simple oscillation de la courbe manométrique et ne modifie ni les pulsations sphygmographiques, ni la respiration.

La pression a de grandes oscillations, s'élève et s'abaisse périodiquement, mais n'a pas les grands mouvements de descente que nous avons obtenus précédemment. Elle finit par prendre

un niveau moyen qu'elle conserve, de telle sorte que, après quinze minutes, on peut noter les renseignements suivants :

128 millimètres de pression :

147 pulsations ; 24 respirations.

On prolonge l'expérience pendant dix minutes encore,et lorsqu'on a acquis la certitude que rien ne change dans l’état /précédent, qui correspond aux effets produits par 25 centigrammes de chaque apomorphine, on cherche à savoir si l'apomorphine amorphe, injectée seule produirait ses effets habituels.

On en injecte 16 centigrammes dans la jugulaire.

Dés le début, cette injection passe inaperçue; elle détermine simplement les grandes oscillations des injections précédentes et finalement une descente de la courbe à 96 millimètres. On injecte encore 10 centigrammes d’apomorphine amorphe qui produisent encore quelques oscillations, mais aboutissent à une chute plus considérable que les précédentes.

Dix minutes après, on termine l'expérience et on enregistre les résultats suivants :

86 millimètres de pression ;

117 pulsations ;

30 mouvements respiraloires

Cette expérience est aussi concluante que celle qui précéde, relativement à une neutralisation partielle des effets de chaque sel d'apomorphine par leur mélange et leur injection simultanée dans une veine.

Du côté de la pression, on voit nettement une tendance à la chute, mais qui n'est jamais accusée comme lorsqu'il s'agit du sel amorphe tout pur.

De plus, on a pu voir aussi par les dernières injections de cette apomorphine amorphe, qui ont été faites apres les 50 centigrammes de mélange, que les éléments vaso-moteurs étaient

dans des conditions de résistance plus grande, puisqu'il a fallu

faire deux injections, l'une de :16, l'autre de ro centigrammes, pour déterminer une descente bien franche de la pression.

Du côté des autres fonctions nous avons noté un peu d’hypersécrétion salivaire et surtout un calme complet qui a persisté pendant toute la durée de l'expérience.

Pas la moindre agitation, pas d’hyperexcitabilité ; de ce côté, la dominante appartient au sel amorphe.

D'ailleurs lorsqu'on eut libéré le sujet des appareils et qu'on l'eut mis à terre, on vit qu'il était très déprimé, presque en résolution musculaire et incapable de se tenir debout.

En somme, comme la précédente, cette expérience nous paraîl très démonstrative des effets antagonistes des deux sels d’apomorphine, quand on les introduit dans une veine ; elle confirme ce que les essais 1s0lés nous ont appris, relativement aux effets opposés que l’on peut développer, d'une part, avec le chlorhydrate d’apomorphine cristallisée, d'autre part, avec le chlorhydrate d’apomorphine amorphe.

Il est enfin quelques détails que nous croyons devoir souligner : c’est d’abord la lenteur avec laquelle s’accusent les quelques modifications produites : le peu de brusquerie et d'intensité de ces modifications et, enfin, cette sorte d’accoutumance qu’acquièrent ou semblent acquérir les éléments réactionnels à la suite des premières injections de mélange.

En effet, pour nous en Lenir réellement à la pression, dans chaque expérience que voyons-nous ?

La première injection détermine une hypertension immédiate, plus ou moins accusée,’ qui persiste un peu, mais s’atténue au point que la courbe redescend à son niveau normal ou même un peu en dessous.

Prédominance des effets dépressifs.

La deuxième injection, au contraire, après quelques oscillations sans importance mais prolongées, est suivie d’une chute notable mais assez courte du niveau manométrique qui, peu à peu, remonte et reprend sa hauteur normale ou voisine de la normale.

Après cela, plus rien ou peu de chose; les éléments paraissent accoutumés au contact étranger, de telle sorte que les injections ultérieures ne produisent que de faibles oscillations et modifient très peu la pression, la respiration et le tracé sphygmographique ; du moins dans les limites où nous avons opéré, car de cette neutralisation physiologique apparente on ne saurait conclure à l’innocuité du mélange. C’est ce que nous apprendront nos essais de détermination de sa toxicité

exacte.

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