AVANT-PROPOS
Il est certain que la première impression, que va produire notre travail, trouvera son élément principal dans les dimensions mêmes du volume; aussi éprouvonsnous, dès le début, un désir bien naturel de nous justifier et d’aller au-devant de l'accusation, qu’on pourrait nous adresser, d’avoir cherché à agrandir le « monument ».
Nous ferons remarquer, d’abord, que la plus large place est prise par un exposé détaillé de faits expérimentaux assez nombreux, qui, pour une même démonstration, sont, parfois, répétés el multiphiés, de telle sorte que, de ce chef, on pourra probablement nous objecter encore qu'il eût été plus simple d'en réduire le nombre et de condenser les détails.
Assurément, et peut-être eussions-nous ainsi fat, si nous n'avions pas obéi à un sentiment que tous ceux qui cherchent éprouvent instinctivement, quand ils se trouvent en présence de faits nouveaux ou d’un travail de mise au point et de vérification, se rapportant à des questions controversées et mal connues.
Combien on est heureux et quel temps précieux l’on gagne quand, se reportant à la source, on voit, très
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exactement, dans quelles conditions ces faits ont été observés; quelles sont les particularités qui ont accompagné les expériences; sur quoi l’auteur s’est basé pour affirmer sa découverte et ses conclusions.
Un détail peut renfermer, en lui, toute une explicaon ; il peut éclaircir un point obscur, répondre à une objection et éviter des recherches de contrôles stériles ou inutiles, si ellesne sont pas faites dans des conditions en tous points identiques.
D'ailleurs, ces recherches de contrôle elles-mêmes, se trouvant dans la répétition de l'expérience, nous n'avons pas reculé, quand la chose nous a paru opportune, devant la nécessité et l'utilité d'affirmer par le nombre.
Songeant seulement à ceux que le sujet d'étude que nous avons abordé peut intéresser, nous avons voulu les faire profiter du long travail que nous avons entrepris, en leur mettant tous documents en main, pour leur permettre de se renseigner, comme nous nous sommes instruit et renseigné nous-même, en demandant, à l’expérimentation, de nombreuses réponses aux questions que nous voulions résoudre.
Voilà surtout pourquoi notre travail est un peu volumineux.
Nous avons cependant compris qu'il serait fâcheux de rendre obligatoire la lecture de séries d'expériences, en ne faisant pas connaître, très explicitement, le ou les faits qu’elles expriment; aussi, avons-nous presque toujours placé, à la suite de chaque série, des résumés sommaires et des interprétations pouvant aider à l’isolement des conclusions,
Assurément, dans nos interprétations, nous n’avons pas la prétention d’être en communauté d'idées avec tout le monde, mais ce que nous pouvons garantir, cependant, c’est l'exactitude scrupuleuse, au moins dans les conditions où nous les avons obtenus, des résultats expérimentaux qui ont servi de base aux opinions et conclusions que nous avons émises.
Nous nous sommes efforcé, autant que possible, de rendre à chacun ce qui lui appartient, et si la place ne nous a pas permis de citer, à propos de chaque problème soulevé, tous les travaux qui ont été faits, nous avons parlé des principaux et classé les autres dans un index bibliographique final.
Nous nous hâtons, du reste, de reconnaître, immédiatement, que nos recherches sur l’apomorphine étaient considérablement simplifiées, par la collaboration qu'a bien voulu nous accorder notre excellent ami, M. le professeur agrégé J. Boyer, avec lequel nous avons publié, en 1894, un mémoire préliminaire sur ce médicament. De plus, pour la traduction des ouvrages étrangers et l'établissement de notre bibliographie, nous avons trouvé en notre cousin, Elie Cartan, ancien élève de l’École normale supérieure et Maître de conférences à la Faculté des sciences, un très précieux et dévoué collaborateur. |
Il se peut, cependant, qu’au milieu de la quantité vraiment énorme de iravaux publiés sur la morphine, quelques notes ou mémoires, se rapportant aux suJels que nous avons traités, nous aient échappé; nous avons tout fait pour éviter cela etnous nous défendons de toute partialité ou parti pris, dans le choix de nos citations.