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Cette phase avait été précédée d’une légère accélération du cœur, dont nous n’avons pas à tenir compte ici.
Mais les courbes du tracé A, comparées aux premières, ont notablement plus de force, plus d'amplitude, comme du reste celles de la ligne B, correspondant à une phase un peu plus avancée du sommeil et à un ralentissement plus important du nombre des pulsalions.
En effet on peut, en passant, constater que non seulement le cœur du chien se renforce, mais que, pendant la narcose, il se ralentit. Dans les phases représentées par la figure 88, nous passons de 160 à 110 pulsations et de 110 à 80.
Comme nous le verrons, ces modifications du rythme cardiaque peuvent être plus accusées encore et prendre d’autres caractères que nous avons évités intentionnellement ici, en détachant nos tracés avant d’être arrivé à une narcotisation plus profonde.
Les renseignements fournis par le cardiographe à aiguille de M. Laulanié sont très démonstratifs; nous avons cherché cependant à les compléter au moyen d’un instrument. explorant directement les pressions intérieures du cœur.
N'ayant pas très bien réussi avec la sonde cardiographique pour chien, construite sur les indications de M. le professeur agrégé Gley, nous avons fait établir un appareil beaucoup plus simple, à ampoule unique ventriculaire, qui, pour ce que nous cherchions, nous a donné des résultats suffisants.
En effet, il nous a semblé que, pour la plus grande
partie des essais de pharmacodynamie qu'on peut avoir à poursuivre sur le chien, comme sujet d'expérience, l'exploration du cœur étant la plupart du temps comparative d’un état modifié à l’état normal, on peut se contenter de la pression intraventriculaire et négliger souvent la pression auriculaire ; libre, si besoin est, d’avoir recours aux instruments qui la donnent. N'ayant qu'une seule ampoule exploratrice, la construction de l'instrument n’est pas compliquée ; on peut employer des tubes dont le diamètre intérieur est assez large, et donner à l’ampoule même une disposition qui la rende beaucoup plus sensible.
C'est ce que nous avons réalisé, dans la construction de notre explorateur cardiographique du ventricule droit, pour le chien.
Le dessin ci-contre (fig. 89) montre qu'ilse compose d’un simple tube droit, terminé par un anneau, à rainure qui supporte quatre petits ressorts, maintenus écartés et indépendants les uns des autres.
Fig. 89.— Sonde cardiographique pour le ventricule droit du chien : A, sonde nue dontlesressortssontlibres; — B, ampoule montée, pourvue du doigt de gant:
prêle à être introduite dans le cœur.
Ces quatre ressorts servent de charpente élastique à notre ampoule exploratrice, qu’un 1!
doigt de gant en caoutchouc, souple et de calibre approprié, complète très simplement et transforme en réservoir d'air clos, après ligature hermétique dans la rainure.
L'introduction de cette sonde dans le cœur se fait aisément, même dans la jugulaire de chien ne pesant pas plus de 15 à 19 kilogrammes, et les résultats que l’on obtient sont géné ralement bons. On peut d’ailleurs, et c'est ce que nous sommes en train de réaliser, avoir un jeu de sondes de calibres variables et adaptés aux dimensions des jugulaires de chiens de tailles très différentes.
La disposition donnée à la charpente de l’ampoule exploratrice per -
libres. (Grandeur naturelle, exactement.)
met, en effet, de réduire son diamètre en lui conservant assez de sensibilité.
Avant d'appliquer notre instrument à une expérience relative au sujet que nous étudions, nous nous
— Spécimen d'un tracé du ventricule droit du chien, obtenu avec notre sonde à ressorts
sommes renseignés sur la nature et les caractères des courbes qu'il four-
Fig. 90.
nit; sur la figure go, qui est une reproduction, en grandeur naturelle, d'un tracé obtenu par introduction de l’ampoule dans le ventricule droit
ot d’un chien de 17 kilogrammes, on voit que, si toutes les courbes ne sont pas également bonnes, la plupart des accidents des cardiogrammes peuvent se retrouver; le remplissage du cœur, les vibrations aurieulo-ventriculaires, la clôture des sigmoïdes, etc.
EXPÉRIENCE CXVII (8 mai 1897).
Chien terre-neuve, jeune et vigoureux. — Introduction de l'explorateur cardiographique du ventricule droit.
Pour une raison qui nous échappe, le tracé obtenu manque d'amplitude (fig. 91); les accidents sont peu accusés bien que distincts, ;
On injecte, sous la peau, une solution de chlorhydrate de morphine (2 cenligrammes par kilogramme).
Les premiers effets produits sur le cœur, indiqués sur le tracé 92, sont des effets d'accélération, sans renforcement encore bien apparent; mais entre les courbes classiques nous voyons, de plus, des accidents, des soulèvements avortés qui correspondent probablement à des systoles incomplètes, Nous les retrouverons plus loin accolés aux contractions.
Nous laissons l'animal s'endormir complètement et, une heure après la médicamentation, nous détachons le tracé 93, dans lequel l’action de renforcement est fort apparente, bien que proportionnellement moins nette que celle que nous avons enregistrée avec le cardiographe à aiguille de Laulanié. Néanmoins, la comparaison avec le tracé normal ne laisse pas de doute sur la vérification de l’effet que nous étudions.
in passant, nous attirons l'attention sur les accidents qui suivent certaines systoles, et sur les irrégularités de rythme du cœur, qui se voient sur le même tracé et que nous rencontrerons encore plus loin.
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