‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 89 sur 152 · HET · texte numérisé non relu

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commencée et que l'injection hypodermique de morphine a été faite, lorsque nous détachons le fragment de tracé de la figure 119, qui correspond à la narcose complète avec toutes les modifications fonctionnelles qui l'accompagnent,.

À part quelques accidents sans importance, les mouvements respiratoires sont généralement lents et profonds ; on en compte dix-huit à vingt par minute.

La courbe manométrique oscille entre 128 et 152 millimètres et, sur le tracé sphygmographique, les intermittences cardiaques sont indiquées, quoiqu'elles eussent été plus nettes avec une vitesse plus grande. Par moment aussi on a un pouls bigéminé et, par minute, on ne compte que 66 pulsations.

Nous ferons remarquer que dans cette expérience la tension artérielle n’est jamais descendue bien bas ; après sa légère ascension du début, elle n’a pas eu de grandes oscillations, comme chezla plupart desanimaux, mais il est bon de noter que la pression initiale, normale pour le sujet, était déjà faible et inférieure, d’au moins 22 millimètres aux tensions moyennes habituelles chez le chien.

Il arrive parfois que, même à la suite d’une injection hypodermique, la légère hypertension primitive fait défaut et se trouve remplacée au contraire par une baisse immédiate, notable, de la courbe manométrique, avec affaiblissement et accélération considérable des pulsations cardiaques.

C’est ce que l’on peut voir en comparant les tracés I et IT de la figure 120, qui représentent : l’un, E, l'état normal d’un chien, avant morphinisation; l’autre, I], les premiers effets d’une injection hypodermique de 25 centigrammes de médicament (expérience du 21 février 1893).

Le G. 26

Comme ces premiers effets ont été suivis de troubles respiratoires et de modifications de la pression et du pouls, ayant des caractères identiques à ceux que nous avons vus précéder et accompagner le vomissement, nous croyons pouvoir les rattacher à une action nauséeuse de la morphine qui, dans ce cas-là, du reste, n’a pas été plus loin.

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Fig. 120. — Premiers effets d’une injection hypodermique de 25 centigrammes de morphine. — I. État normal : M, pression, 162 millimètres ; — P, pouls, 90. — R, respiration, 17. — Les accidents de la courbe R proviennent de ce que l’animal tremblait. — II. Après morphinisation; premiers effets: Pression, 150, — Pouls, 152, — Respiration, 17. (Réduct. 1/4.)

D'ailleurs, très rapidement, lorsque ces accidents initiaux eurent disparu, la pression est remontée à un niveau un peu supérieur à son niveau normal, puisqu'elle a atteint 170 millimètres aû lieu de 162. A partir de ce moment, les choses se sont passées comme

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D A ER chez les autres chiens ; l’action narcotique s’est prononcée, pendant que la plume du manométrographe enregistrait les variations de pression ci-devant décrites. Cinquante minutes après, nous avons détaché le tracé 121, pendant une excellente phase de sommeil, avec hypotension et des intermittences cardiaques, qui semblent liées à des influences respiratoires.

Fig. 121. — Cinquante minutes après une injection hypodermique de 25 centigrammes de morphine : M, pression, 146; — P, pouls, 54; — R, respiration, 15. — Les tremblements commencent à disparaître, (Réduct. 1/4.)

En résumé, les précédentes expériences arrivent bien à l'appui de ce que nous annoncions plus haut, relativement aux influences de la morphine sur la tension sanguine intra-vasculaire des animaux qu’elle narcotise ; mais, à part des causes de variabilité d’une autre nature et toujours possibles, nous insistons sur

Ro l'importance de la voie d'introduction et allons démontrer maintenant que, par injection veineuse, on peut enregistrer des effets différents des précédents.

Après l'injection veineuse on constale très généralement une chute de la courbe manométrique, tandis qu'on a vu plus haut que les premiers effets de l’injection hypodermique débutent par une élévation de la tension artérielle. C’est une particularité déjà observée et signalée, notamment par Kaufmann', mais que nous avons tenu à vérifier encore, pour apporter ici la

preuve expérimentale de son exactitude.

EXPÉRIENCE CXXI (19 mars 1897).

Chien, 14 kilogrammes; inscription de la pression, du pouls et de la respiration.

Au point indiqué, sur le tracé 122, on injecte, dans la veine, 4 centigrammes de chlorhydrate de morphine, L'animal a quelques mouvements de défense et sa respiration se trouble, mais, pendant les vingt-cinq premières secondes, la courbe manométrique s'élève, pour retomber ensuite assez brusquement à un niveau inférieur.

L'examen du tracé 122 renseigne sur ces différentes phases, et lon voit que, sous l'influence de l'injection morphinique, la pression est montée de 146 millimètres à 196, pour retomber à 94 millimètres.

Après quelques oscillations, la tension artérielle à pris un niveau moyen très inférieur à l’état normal, et, alors même que l'animal paraissait manifestement narcotisé, après vingt-cinq minutes, elle ne dépassait pas 98 millimètres.

‘ Traité de thérapeutique, p. 432, Paris, 1892.

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