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Fig. 123. — Effets d’une injection veineuse de 8 centigrammes de chlorhydrate de morphine. — La flèche de la ligne S, tracé A, indique le moment de l'injection. — Les trois tracés A, B, C, se succèdent sans interruption; l'un est la suite immédiate de l’autre; on a simplement coupé la bande pour permettre la superposition et faciliter la reproduction. (Réduct. 1/3.)
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Au début du tracé A (fig. 123), on injecte, dans la veine, 8 centigrammes de chlorhydrate de morphine. Presque aussitôt après l'animal s’est mis à crier et à se défendre vivement: en même temps la courbe s'est élevée, ce qui peut provenir en partie de l'agitation du sujet; mais le mouvement de chute ne s’est pas fait attendre et nous le voyons s’accuser sur les tracés Bet C (fig. 123).
À la suite de cette injection, la pression ne s’est pas relevée: on a eu, momentanément, un peu d'accélération respiratoire, mais l'animal s'est endormi profondément et c'est quinze minutes après l'administration du médicament que nous détachons le tracé 124,
Fig. 124. — Tracé détaché 15 minutes après l'injection veineuse de chlorhydrate de morphine. (Réduct. 1/3.)
A ce moment, la plume manométrique n'est pas à plus de 80 millimètres, ce qui représente un écart de 70 millimètres avec l’état normal.
Une nouvelle injection veineuse de 8 centigrammes n'a aucune influence sur la tension, qu'elle ne modifie pas. Seul le pouls s’est notablement affaibli à la suite de ces 16 centigrammes, comme on peut le constater sur la figure 125, détachée trente minutes. après le début de l'expérience.
Tant qu’on s’en tient là, et si on ne renforce pas les doses de médicament, l'hypotension persiste pendant toute la durée du sommeil, qui est d’ailleurs plus profond, plus lourd qu’à la suite de la simple injection hypodermique,
20 ee Par conséquent, conformément à ce que nous avons avancé plus haut, il faut, dans l'étude des influences cardio-vasculaires de la morphine, et notamment dans l'étude des modifications qu'elle produit sur la tension artérielle, tenir compte de la voie d'introduction.
Fig. 125. — Tracé détaché 30 minutes après le début de l’expérience, immédiatement après une deuxième injection de 8 centigrammes de morphine. (Réduct, 1/3.)
A part une légère et très fugace hypertension de début, qui coïncide souvent avec des mouvements de défense énergiques, la dominante, à la suite de l’injection veineuse de morphine, est l’hypotension; hypotension exagérée, fixe, soutenue, sans aucune tendance au relèvement et aux grandes oscillations que nous avons vus après les injections hypodermiques. Le plus souvent aussi, après l’administration veineuse, les modifications cardiaques notamment, le renforcement et les irrégularités de rythme, que nous avons décrits plus haut, font complètement défaut.
Pour se placer dans les conditions de l’hypodermie, il faut introduire le médicament dans la veine, très lentement, à doses faibles, très progressivement renforcées. Chez les gros chiens, on obtient facilement ces
— où — résultats, en choisissant une veine éloignée du cœur, telle que la fémorale, par exemple. Dans ces conditions, nous avons souvent réussi à éviter l’hypotension dont nous avons parlé.
Dans ce que nous venons d’exposer, avec preuves à l’appui, se trouve certainement une des causes importantes des divergences qui ont séparé les auteurs, dans leur interprétation des effets cardio-vasculaires de la morphine, et si Calvet, Picard, de Boeck et Verhoogen ont donné, de ces effets, la description résumée plus haut, c'est parce qu’ils ont choisi la vole veineuse pour administrer le médicament.
Lorsque la morphine est injectée à doses toxiques, même dans une veine, l'hypotension que nous avons décrite, et qui est la caractéristique de sa phase d'état, ne persisle pas jusqu’à la mort; ceci ne s’observe que dans les cas, exceptionnels il est vrai, où l’animal meurt en pleine narcose, plongé dans un sommeil profond et comateux, dont il ne sort pas un seul instant.
Lorsqu'on atteint les doses fortes, et que celles-ci arrivent à provoquer les manifestations convulsivantes qui leur sont habituelles, la tension artérielle se relève peu à peu et suit presque, dans sa marche ascensionnelle, l’aggravation et l’exagération des accès convulsifs. Elle se maintient ainsi élevée, avec renforcement périodique, tant que l’animal a des crises et ne tombe définitivement qu’au moment de la mort.
C'est ce que nous voyons dans la série de tracés pris sur un chien soumis à des injections veineuses, répétées,
de chlorhydrate de morphine.
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Une première injection de 12 centigrammes, dans la veine sous-maxillaire avait produit les effets ci-devant décrits et fait tomber la pression de 162 à 86 millimètres ; ce niveau avait été, à peu de chose près, conservé pendant la suite de l'expérience et pendant l’augmenta-
tion progressive des doses.
Fig. 126. — Après une injection veineuse de 1 gr. 6 de morphine. (Réduct. 1/3.)
On est arrivé ainsi jusqu'à 1 gr. 6 de morphine, et c’est après cela qu'on a vu apparaître, sous la forme de mouvements brusques, isolés, les premières manifestations convulsives. Elles sont visibles sur la figure 126 où elles sont représentées par des accidents de la courbe pneumographique R. — A ce moment, la pression est encore à 86 millimètres.
Continuant les injections veineuses de solution morphinique, on arrive Jusqu'à 1 gr. 96, et, par les irrégularités respiratoires (fig. 127), on suit facilement l’aggravation de l’état convulsif; mais on voit, en même temps, la courbe manométrique remonter assez rapidement et atteindre 126 millimètres (fig. 127), puis 135 (fig. 128). À ce moment, l'animal est dans un état de
DE? ;7 4 as convulsion permanent ; 1l a des crises épileptiformes et des accès tétaniques violents, conséquences de l’injection de 3 gr. 16 de poison.
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