DORE
sidérer comme de simples saprophytes sans actioneffec tive sur l’évolution de la lésion et ce pour plusieurs raisons. D'abord parce que leur présence n’est pas constante et quil existe des bourbillons amicrobiens. Ensuite, parce que leur valeur pathogène propre est très minime. Enfin parce que leur présence qui vaudrait s'il s'agissait de cas isolés, ne vaut plus à cause de son extrême fréquence. \
Il existe d'ailleurs des lésions relevant d'infections . secondaires. Elles sont très aisées à reconnaître. Tantôt en effet, il s’agit de pus vrai, bien hé, jaune, pus chaud, typique. Tantôt, après l'injection, apparait un ædème énorme, chaud, épais, envahissant toute la paroi abdominale, dépressible avec parfois crépitation fine. La mort est rapide, et l’autopsie montre un décollement cutané très étendu, contenant un pus séro-sanguinolent d'odeur infecte, dans lequel on trouve le plus souvent du B. perfringens.
Les infections secondaires sont complètement indé-
ependantes de l'opérateur. Elles apparaissent en effet en dépit des plus grands soins d’asepsie et d’antisepsie (stérilisation de la peau à la teinture d’iode après épilation, injection dorsale, substances rigoureusement stérilisées à Palcool ou l’éther.
C'est d’ailleurs un fait bien connu que cette propension des injections toxiniques à l'infection secondaire et au saprophylüisme. Il est en tout cas bien en rapport avec le polymicrobisme des lésions diphtériques où qu'elles siègent (fausses membranes, broncho-pneumonie).
LIQS Pre
Déterminisme des lésions. — L'étendue des lésions est absolument indépendante de la quantité du véhicule qui fut généralement de 1 centimètre cube.
Par contre, elle est en rapport direct avec le poids de toxine employée. Quelle que soit cette quantité, la lésion, au moins la lésion histologique est toujours la même, appréciable macroscopiquement quand lä proportion de toxine est suffisante, minime d'’étendue et seulement constalable microscopiquement dans le cas contraire.
Le véhicule employé (eau carbonatée) ne saurait être rendu responsable du moindre accident local. L'expérience suivante le démontre bien. Trois cobayes reçoivent d’un côté 5 centigrammes d'extrait en suspension dans 6 1/10 de centimètre cube d’eau carbonatée; de l’autre 6 1/10 de centimètre cube d’eau carbonatée simple sans toxine. A la suite, on n’observe aucune lésion de ce dernier côté; de l’autre se développe la lésion habituelle:
La toxine soluble enfin ne peut nullement entrer en ligne de compte. Les bacilles employés furent en effet passés successivement à 115°, 110°, 100°, une demi-heure à chaque degré et de la toxine soluble très active ayant subi le même traitement s’est montrée absolument inoffensive localement.
Nous avons dit que les lésions déterminées par les lipoïdes du B. diphtérique sont constantes. Deux fois seulement l'injection ne fut suivie d'aucun trouble local apparent. Mais il s'agissait de cobayes mal maintenus et l’injection avait été poussée dans le péritoine : l'un d'eux en effet mourut 9 jours après, et à l’autopsie, on trouva une péritonite pariétale pseudo-membraneuse;