‹ Étude Expérimentale De Quelques Poissons Constitutifs Du Bacille DiphtériqueChapitre 2 sur 28 · A MM. LES DOCTEURS · texte numérisé non relu

A MM. LES DOCTEURS

ANDRIEU (Berck), BABonNEIX, Léon BERNARD, CALvé (Berck), DESMAREST, LARDENNOIS, PISSAVY, A. SCHWARTZ (Agrégés, Chirurgiens, Médecins des hôpitaux).

INTRODUCTION

Nous n'avons pas l'intention de faire un travail d'ensemble, une revue générale sur les plaies de l'abdomen. Nous n’avons pas la prétention d'apporter une idée nouvelle concernant le traitement de ces plaies. Nous voulons simplement tirer parti des observations que nous avons eu l'occasion de recueillir pendant notre internat, pour insister sur la difficulté du diagnostic — et du pronostic — dans beaucoup de cas, en pratique.

Dans le service de notre regretté maître Guinard à l'Hôtel- Dieu, et dans le service de M. Ricard à Saint-Antoine, nous avons observé et opéré 13 blessés d'abdomen :

1 plaie du foie et de l’estomac(doubles perforations) (revolver);

1 plaie du rectum et ligament large (revolver);

1 plaie du côlon transverse (revolver);

3 plaie de l'estomac et de l'intestin (couteau);

2 plaies du foie (couteau et revolver) ;

1 plaie de l’épiploon (revolver);

1 plaie avec hernie épiploïque (couteau) ;

4 plaies simples, pénétrantes ou non (couteau);

1 contusion avec traumatismes multiples.

Sur ces 13 blessés, opérés par nous, 12 ont guéri. Nous avons enfin recueilli d'autres observations (11 obs.) grâce à l'obligeance de nos collègues : tous ces cas ont été observés par nous, les blessés ont été opérés devant nous. — Nous ne parlerons, dans ce modeste travail, que de choses vues el vécues.

10 INTRODUCTION

Il nous eût été bien facile de trouver dans la littérature d'innombrables observations analogues. Nous n'avons pas voulu recourir aux observations d’autrui, pour ne pas nous égarer dans des recherches bibliographiques et pour ne pas nous livrer à un travail de compilation. Ce travail n'est pas autre chose que l'ensemble des réflexions que nous ont inspirées les faits dont nous avons été témoin pendant notre internat.

Tous les blessés dont nous relatons l'observation ont été opérés immédialement, de 30 minutes à 2 ou 3 heures après l'accident. Ce sont des cas de chirurgie de garde. Il s'en dégage l'opinion suivante : il n’est pas possible de faire cliniquement un diagnostic et un pronostic de plaie abdominale, lorsque la gravilé de la plaie ne se manifeste pas d'emblée par des signes évidents et grossiers. — Ou bien le diagnostic s'impose et « crève les yeux » ou bien il n’est pas possible par le seul examen clinique. Par conséquent, que faut-il faire, en présence d'une plaie bénigne, ou paraissant telle ? C'est ce que nous allons étudier.

Nous discuterons la valeur de tous les signes que l'on peut observer — oune pas observer — et nous concluons — comme Chaput l’a fait à la Société de chirurgie — à la faillite de la clinique en matière de diagnostic de plaie de l’abdomen (quand la pénétration n'est pas évidente).

Nous pensons donc que toute plaie bénigne (non pas suspecte, mais seulement bénigne) doit être débridée, agrandie, explorée de visu. |

Nous consacrerons ensuite un court chapitre à la suture des parois au fil métallique après la laparotomie, et nous terminerons par quelques considérations sur le traitement des plaies de l’abdomen en chirurgie de guerre.

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