‹ Étude expérimentale de quelques symptômes de la rageChapitre 25 sur 33 · QT — MODIFICATIONS DU RYTHME DU CŒUR · texte numérisé non relu

QT — MODIFICATIONS DU RYTHME DU CŒUR

Le rythme cardiaque peut être modifié à l'état pathologique dans son intensité, dans son nombre el dans sa forme.

Occupons-nous d'abord de l'intensité : Si on veut se

reporter aux différentes expériences que nous publions,

on voit que dans la rage, le cœur conserve une énergie au moins normale.

Au cours de l'expérience V, en plaçant le cardiographe à aiguille de Laulanié sur un chien arrivé à la dernière période de la rage paralytique, on constate des contractions cardiaques encore assez énergiques. La systole est assez brusque et bien soutenue.

Les indications fournies pour le nombre sont assez variables. Ce qui domine c'est le ralentissement du cœur avec arythmie et de légères intermiltences. Nous notons ces faits dans 11 expériences, 5 portant sur la rage furieuse (3 au début, 2 à la fin) et 6 portant sur la rage paralytique.

Dans 4 cas, le cœur a été accéléré, soit 3 observations dans la rage furieuse à la période d'état, une dans la rage paralvtique.

Enfin le rythme s'est montré à peu près normal comme nombre dans quatre autres cas de rage furieuse à la période d'état.

Mais on sait que le nombre des battements cardiaques est en rapport avec l'état de la pression artérielle de telle sorte qu'il bat d'autant plus vite que la pression qu'il rencontre dans les artères est plus faible. « Le cœur bat d'autant plus vite qu'il éprouve moins de peine à vider », à dit Marew.

Or, dans les quatre cas dont nous parlons, la pression artérielle était considérablement modifiée, Dans lun il y avait hypotension, dans les trois autres hypertension. c'est-à-dire que dans ces quatre cas, l’état physiologique n'était qu'apparent.

Les modifications de la forme des contractions car-

te = &

diaques sont à peu près aussi fréquentes que celles du nombre. Elles s'associent par groupes de deux, quelquelois par trois ou quatre. Cet accouplement des contractions coïncidait dans deux cas avec un rythme normal comme nombre, mais avee de l'hypertension artérielle. Dans les autres cas, la pression était à peu près normale, mais il y avait soit accélération, soit plus souvent ralenlissement du rythme.

M. Guinard s'est demandé si ces modifications cardiaques provenaient de troubles produits par le poison rabique sur les centres bulbaires ou si ce n'élait pas l'innervalion périphériques qui élait lésée.

On sait que le pneumogastrique à une action modératrice sur le cœur et que, par conséquent, une faible exeilalion de ce nerf suflit pour produire un ralentissement des contractions cardiaques tandis que la section des deux vagues produit une accélération de l'organe.

Or, au cours de l'expérimentalion (expériences I\ el V), on constata qu'une excitation modérée du pneumogastrique droit provoque comme à l'état physiologique le ralentissement du cœur, tandis que la vagotomie double ne s'accompagne pas de son accélération.

Si donc, ‘au lieu d'avoir un cœur lent et arythmique dans la rage, on a un cœur accéléré, cela n'est pas dû à une insuffisance de l'action frénatrice, à un défaut de fonctionnement des pneumogastriques, mais à des 1ésions ou tout au moins à une intoxication des centres bul-

baires.

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