‹ Étude expérimentale de quelques symptômes de la rageChapitre 9 sur 33 · TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE

En 1887, M. Di Veslea et Zagari ont remarqué une oscillation fébrile du cinquième au septième jour après < l'inoculation, après quoi la température s'abaisse brus- 4 quement, les phénomènes paralytiques apparaissant. |

Chez les lapins inoculés dans le nerf médian, l'oscilla- k à lion fébrile se continue après l'apparition des phénomènes de paralysie, sans doule parce que l'agent régu- lateur de la chaleur, le bulbe, est pris plus tard, mais la chute de la température est aussi très rapide.

Hôgyes, l'année suivante, explique cette action du virus rabique sur les centres en la comparant à celle de cerlains alcaloïdes toxiques: l'agent infectieux amènerait d'abord de la surexcitation (fièvre), puis un épuisement (abaissement de la température).

«À propos de la température, dit Schaffer, il n'y a pas de type particulier dans la rage humaine. Dans la période de prodromes, il y a une pelite élévation de température, et, à l’époque de l'apparition des phénomènes spinaux, la température reste constamment fébrile ou au moins subfébrile. La marche de la fièvre n'a pas de caractère bien marqué : on peut seulement dire qu'après les exacerbations vespérales survient loujours une rémission matinale plus ou moins marquée jusqu'au moment où une élévation de température, ordinairement excessive, annonce l'approche de la mort. J'ajoute d'autant plus d'importance à cette marche qu'on est souvent très dis posé, à cause de la variété des phénomènes qui précèdent

la mort dans la rage, à croire que celte mort est prochaine,

alors que le malade a encore douze ou vingt-quatre heures à vivre.

3 . Le thermomètre donne, au contraire, une indication rapide et sûre, el quand on le voit indiquer au moins 39°, et plus ordinairement 39°8, 42° et même 428, on peut être assuré de l'approche de la mort.

Chez les animaux, par exemple chez les lapins, le procés est tout à fait opposé — Mr le D' Lüte qui a suivi les températures des lapins inoculés de la rage, a trouvé, comme règle que l'apparition des symptômes qui correspondent à la période spino-bulbaire, se fait précisément au moment où la température diminue. — D'après ses recherches, ces animaux ne présentent rien d'anormal après l’inoculation ; c'est la période d’inoculation latente, dont il peut apprécier la durée au moyen du thermomètre. Vient ensuite la période de fièvre qui pour lui est la période prodromale de la maladie, la fièvre étant elle-même le prodrome. Lorsque les premiers symptômes spino-bulbaires apparaissent, la température baisse et la chüle indique le commencement de la rage manifeste. »

« C'est en cela que la marche de la fièvre chez l'homme malade de la rage se différencie profondément de celle du lapin inoculé. Chez l'homme, la température s'élève continuellement, jusqu'à la mort, chez le lapin elle baisse dès l'apparition de la rage el atleint quelquefois avant la mort celle de l'air ambiant. » Il reconnait donc avec di Vestea et Zagari que la chûte de température du lapin coïncide avec l'apparition de la paralysie.

Chez le chien, toujours d'après Schaffer, les phéno-

mènes scraient intermédiaires. La fièvre apparaît au

moment où se montrent les phénomènes spinaux, et en cela elle ne ressemble pas à celle du lapin : mais la température baisse rapidement ayant la mort, et en cela elle se comporte tout autrement que chez l'homme.

On a même observé chez celui-ci une élévation de température après la mort par la rage : Péler a vu dans un cas la lempérature monter de 1r°,8 après la mort. Des faits analogues sont signalés par Joffroy el Landouzy.

L'élévation de température du début est aussi signalée par Babès dès 1887 chez les lapins inoculés avec la rage des rues.

La température de 39°,9 à 40°,5 se montre ordinairement de quatre à dix jours après l'inoculation du virus et ne saurait par conséquent pas être confondue avec

celle qui suit immédiatement la lrépanation, ni avec celle

qui précède les symptômes nerveux terminaux. Elle dure

très peu de Lemps, un ou deux jours, et ne se reproduit pas dans le cours de la maladie, la température étant redevenue normale.

Finkelstein qui a suivi très exactement la température des animaux inoculés, à aussi constaté que le quatrième ou le cinquième jour après l'inoculation par trépanation, la température augmentait. La même élévation se produisit après des injections sous-cutanées.

\Nocard et Leclainche ont également observé que chez le lapin, la température s'élève pendant les quelques jours qui précèdent l'apparition des symptômes pour tomber au-dessous de la normale dans les dernières périodes.

Létivois, en 1594, ayant inoculé un lapin dans le mé-

dian, nola une élévation de température maxima du

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cinquième au seplième jour. La durée de l'élévation est en rapport avec la durée de la maladie. La température est au moins norimale lorsqu'apparaissent les premiers symptômes de la paralysie : mais à partir de ce moment, elle baisse rapidement. |

Nous avons consulté les classiques de la médecine humaine, mais toutes leurs observations se bornent à indiquer chez l'homme une élévation progressive de la

température, analogue à celle'du tétanos.

CGHAPTFRE : II

Expériences et Etude graphique des Modifications cardio - vasculaires

et respiratoires de la Rage

Ces expériences, du nombre de 19, ont été faites au laboratoire de physiologie de l'école vétérinaire, sur des chiens enragés aux différentes périodes de la maladie.

Grâce à l'extrême obligeance de M. le Professeur Galtier et de M. Rabicaux, M. Guinard a pu faire quelques essais sur des animaux atteints de rage des rues et amenés au service des maladies contagieuses de l'École.

Quelques tracés ont été pris sur des chiens rendus malades par inoculalion intra-oculaire de virus rabique frais obtenu par trituralion du bulbe d'autres chiens morts de la rage des rues.

Les essais ont été assez laborieux el parfois dangereux quand il s'est agit notamment de prendre et d’immobiliser sur la table d'expérience des animaux très furieux et extrêmement agressifs. On y est généralement parvenu en saisissant les sujets dans leur cage au moyen de la pince à collier, dont les branches, d’une longueur suffisante,

permettent de se protéger contre les coups de dents.

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Une fois les animaux saisis avec toutes les précautions possibles, on les immobilisait sur le sol en les couchant et on leur plaçait le mors dans la bouche. Is élaient ensuite fixés sur la table et pour éviter les projections de salive, on recouvrait la tête avec un linge, simplement posé pour ne pas gûner la respiration. Ceci fait on inscrivait les contractions du cœur, au moyen du. cardiographe de Laulanié, la pression, à l'aide du manométrographe de Chauveau, le pouls avec le phygmographe à doigt de gant et la respiration avec le pneumographe à pression de Guinard.

Nous tenons à faire remarquer que les modifications du rythme cardiaque qui ont été inscrites ont toute leur valeur et ne proviennent pas du contact de l'appareil explorateur.

Nombre de fois nous les avons inscrites indépendamment de l'emploi du cardiographe et, quand elles n'exisaient pas, le cardiographe ne les à pas provoquées.

Nous reproduirons complètement douze des expériences les plus typiques qui ont élé failes sur des chiens enragés paralytiques, ou furieux, nous contentant de donner dans un tableau comparatif, les résultats essentiels des sept autres qui n'apprennent rien de plus que les autres et allongeraient trop notre exposé.

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