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INTRODUCTION

La plupart des gaz peuvent être amenés, par un traitement chimique, à ne contenir, comme impuretés, que des corps tels que l’azote, l'hydrogène, ou l’air. On peut les en débarrasser par le traitement physique suivant :

Au moyen de la pompe à mercure P (fig. 1) et du robinet de distribution R, décrits dans lÆtude expérimentale des hydrates de gaz, le gaz à étudier, puisé dans un gazomètre à mercure, est refoulé et liquéfié dans un tube T, en cristal, soudé à la canalisation C. Le liquide obtenu est ensuite soumis à une ébullition prolongée, et les vapeurs, chassées dans atmosphère par R', entraînent

la majeure partie des gaz permanents dissous.

Le liquide purifié est alors distillé dans un second tube T', où l’on se propose d'étudier ses propriétés, et dont la forme dépendra de la nature des expériences à faire. Un petit tube desséchant D est, au besoin, intercalé entre T et T’. Les premières portions de gaz liquéfié servent à laver les parois du tube T’ et sont rejetées; puis le remplissage a lieu, presque complet, suivi d’une longue ébullition qui chasse les dernières traces d'air. L'opération

est arrêtée quand le tube T’ne contient plus que la quantité de liquide que l’on veut conserver.

Fig. 1.

é mercure

Il est souvent utile de donner au tube T', après remplissage, une indépendance complète, et, pour cela, de le sceller. A cet effet, un étranglement extrêmement fin est préparé à l'entrée du tube, en a. Cet étranglement peut être aisément obturé par une très petite quantité de cire que l’on fond au moment voulu. Le tube T' est ensuite séparé des appareils et scellé au chalumeau.

J'ai ainsi obtenu du protoxyde d’azote, de l'anhydride carbonique et de l’éthylène très purs. Beaucoup d’autres gaz peuvent être traités de même.

Protoxyde d'azote. — Le gazomètre à mercure était remplacé par une bouteille en fer contenant le protoxyde liquéfié commercial (!). Avant d'arriver aux tubes T et T’

(*) Le protoxyde d’azote liquide employé a été préparé pour ces recherches par M. Duflos, pharmacien à Paris. Il était exempt de vapeurs acides.

le gaz traversait, sous pression, de longues colonnes de potasse, de ponce sulfurique, de potasse fondue,

Anhydride carbonique. — L’anhydride carbonique, puisé à l’état de vapeur dans les récipients industriels, traversait, avant d’arriver aux tubes T et T’, de l’acide chromique mouillé d’acide sulfurique, du bicarbonate de sodium mouillé, de la ponce sulfurique. Dans quelques expériences, le premier tube T contenait du bicarbonate de sodium.

É'thylène. — L'éthylène préparé par l’action de l’acide sulfurique sur l'alcool ou l’éther contient, en petite quantité, un produit facilement condensable que le traitement physique précédent permet de mettre en évidence. En effet, l’éthylène ainsi préparé, liquéfié, puis évaporé vers — 80°, bout vers la fin de l’opération comme un liquide visqueux, et laisse un faible résidu liquide, sirupeux à — 80°, assez volatil à la température ordinaire, On voit ainsi que le traitement physique permet de purifier l’éthylène par une véritable distillation fractionnée.

Mais on peut obtenir de l’éthylène exempt de produits facilement condensables en traitant l'alcool par l’anhydride borique (Ebelmen). C’est le mode de préparation que j’ai constamment employé.

Les gaz liquéfiés, ainsi purifiés, ne contiennent pas d’eau ni de matières grasses, l'appareil de compression ne comportant ni raccords, ni cuirs gras. On vient de voir, à propos de l’éthylène, que la présence de produits facilement condensables serait aisée à constater. Quant aux gaz difficilement liquéfiables, air, azote, hydrogène, formène, ils ont été éliminés presque complètement ‘et les liquides obtenus sont comparables comme pureté à de l’eau bouillie.

. Ilserait évidemment illusoire de chercher à analyser les gaz soumis au traitement précédent. Un essai d'absorption par la potasse, fait sur l’anhydride carbonique sortant du

premier tube T, a laissé sur 140°° de gaz un résidu d’environ 1€, En considérant ce résultat comme rigoureux, le volume d'air dissous dans le gaz liquéfié serait environ 35% du volume du liquide.

L’anhydride carbonique liquide purifié peut être amené à la pression ordinaire à o°, dans un tube de 8"" de diamètre, sans entrer en ébullition. A l’état de vapeur, il se liquéfie en totalité, si la pression dépasse de quelques centimètres de mercure la force élastique maxima de vapeur. Le même fait a été vérifié avec le protoxyde d’azote.

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