EVIL AID
tions, destinées à purger l’appareil, sont rejetées. Il suffit pour cela de fermer R et d'ouvrir V pendant quelques instants. On laisse ensuite la distillation s'effectuer pendant un certain temps de À en T : la pression, sous laquelle la condensation se produit, augmente peu à peu, ce qui indique que l'azote et l'air s'accumulent dans l'atmosphère qui surmonte le liquide condensé. Il convient de chasser de temps en temps ce mélange gazeux en desserrant la vis V et de laisser chaque fois le protoxyde liquéfié bouillir pendant un instant, après quoi l’on continue l’opération. Quand le tube T est presque rempli de liquide, on arrête la disullation et l’on ouvre le tube de dégagement : le contenu du tube T entre en ébullition; l'azote et l’air, qui sont simplementdissous parle protoxyde liquéfié, sont entraînés peu à peu, surtout si l’on a soin que l’ébullition ait lieu à partir de l'extrémité inférieure du tube T.
L'expérience montre qu’il suffit de perdre ainsi un peu plus du tiers de la quantité totale du liquide obtenu pour que ce qui reste soit suffisamment pur.
On peut recommencer l'opération précédente et distiller à nouveau, dans un second tube T’, le liquide déjà très pur que l’on vient de préparer.
L'expérience montre que cette deuxième opération est inutile si l’on se propose uniquement d’avoir une source de gaz pur. Il n’y a lieu de l’effectuer que si le produit distillé est dirigé directement dans le tube définitif où l’on doit étudier ses propriétés. Ce tube devra être soigneusement lavé avec du gaz liquéfié avant d’être rempli et le liquide distillé sera, comme la première fois, soumis à une longue ébullition.
Il est souvent utile de pouvoir sceller au chalumeau les tubes remplis de gaz liquéfié pur. Pour que la fermeture puisse se faire malgré la pression qui règne dans le tube, celui-ci présente à l'entrée un étranglement extrêmement
capillaire (moins de - de millimètre de diamètre) qu’un fragment de cire d’un demi à un quart de milligramme, fondu au moment voulu, peut venir obturer. Cette fermeture provisoire très hermétique permet d’abaisser la pression dans la canalisation et de sceller le tube au chalumeau.
L'examen des propriétés physiques du protoxyde d’azote rectifié par le procédé que je viens de décrire permet de constater qu’on est en présence d’un produit très pur : la force élastique maxima est indépendante du volume offert à la vapeur, et une élévation de pression de quelques centimètres de mercure provoque la liquéfaction totale sans résidu; le phénomène n’est pas rapide, il est vrai, et cela se conçoit aisément; mais si, au moment où il ne reste plus qu’une très petite bulle de vapeur, on promène celle-ci dans la masse liquide, sa disparition n’est pas pour cela sensiblement accélérée, comme cela aurait lieu si cette bulle était formée par un gaz étranger, dont la dissolution serait évidemment favorisée par l’agitation.
L'expérience se fait facilement dans un tube en U contenant du mercure et une certaine quantité de protoxyde d’azote liquéfié réparti dans les deux branches. Les pressions en À et B (/ig. 9) sont égales toutes deux à la ten-
sion maxima du protoxyde liquide et le mercure tend par suite à se mettre au même niveau dans les deux branches, résultat qui s’obtient en effet. Mais si les choses sont disposées comme l'indique la figure, on voit que, même s’il n’y avait plus de vapeur en À, la dénivellation #m/ subsisterait encore. Sous l'influence de l’excès de pression qui en résulte pour la branche A, la liquéfaction totale y a lieu invariablement.
Une fois le liquide condensé totalement en À, si on le chauffe légèrement avec la main, on le voit se dilater notablement sous pression constante sans bouillir, présentant ainsi le phénomène du retard à l’ébullition.
Ces expériences ne réussissent bien que dans des tubes parfaitement lavés et le mercure doit être bouilli dans le vide avant l’introduction du gaz liquéfié.
Le seul fait qu’il est nécessaire de prendre de semblables précautions montre qu'il serait illusoire de chercher à constater par une analyse la pureté du gaz ainsi préparé.
J’indiquerai plus loin un deuxième procédé de préparation du protoxyde d’azote pur, fondé sur les propriétés de l’hydrate de ce gaz. Suivant les circonstances j'ai employé l’une ou l’autre méthode.
J’ai mesuré les forces élastiques maxima du protoxyde d’azote pur et obtenu les résultats suivants :
Températures. Pressions (0 = vide).
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