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opinion : « C'est aussi surtout par les veines de l'intestin et presque à l’exclusion des lymphatiques correspondants que les poisons, certains sels solubles, autres que ceux de l'alimentation, les matières colorantes sont réputés d'introduire dans le sang. Bien évidemment ce sont aussi les veines qui absorbent ces poisons qui tuent en quelques secondes, presque aussitôt leur application sur les surfaces absorbantes. Le passage dans le sang est si rapide que personne ne pourrait songer à l’expliquer par le cours de la lymphe ou l'intervention des lymphatiques. »
A l'appui de cette théorie, on peut encore citer Îles expériences de Chatin. Chatin empoisonnait des chiens avec de l'acide arsénieux ou de l’émétique et retrouvait facilement de l’arsenic ou de l'antimoine dans le sang extrait du cœur ou des gros vaisseaux, tandisque malgré les plus minutieuses recherches faites avec le plus grand soin, il ne pouvait parvenir à trouver la moindre trace de ces métaux dans le chyle retiré du canal thoracique.
Telle est du reste l'opinion de M. le professeur Mathias Duval : «La plupart des substances toxiques sont absorbées par la voie des veines, l'intoxication étant très rapide, les poisons ne peuvent avoir passé par la voie des lymphatiques. »
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IT. — Pour l'absorption par la vessie.
La question de savoir comment les poisons absorbés par la vessie peuvent être introduits dans le sang à été fort peu étudiée, ce qui se comprend sans peine puis” qu'on refusait tout pouvoir absorbant à la membrane vésicale. Du reste les anatomistes n’ont pas toujours admis et n’admettent pas encore tous l'existence des vaisseaux lymphatiques dans la vessie. A côté de Cruveilher qui affirme avoir vu les lymphatiques de la vessie, Sappey déclare que malgré toutes les recherches, il n'a pas pu les découvrir. Pourtant M. Albaran d'accord en cela avec la plupart des anatomistes anglais et allemands assure leur existence, nous devons examiner s'ils ne jouent pas un rôle dans l'introduction dans le sang des médicaments et des poisons déposés dans la vessie.
Si nous en croyons des travaux faits par Schreger, les Iÿmphatiques absorberaient très bien certaines sub- Slances introduites dans la vessie, le lait par exemple. Schreger emplissait de lait la vessie d’un chien etilretrouvait ce liquide dans les vaisseaux lymphatiques du réservoir urinaire de l'animal, tandis qu’il n'en trouvait aucune trace dans les vessies.
Que pour le lait, il en soit ainsi, c’est possible, mais il nous semble que les idées de Longet, du Professeur Mathias Duval que nous avons rapportées précédemment, pourraient {rès bien convenir à l'absorption vési-
cale. Comment admettre que ce sont les lymphatiques qui entraînent dans la masse du sang des poisons qui tuent en quelques minutes ? L'intoxication étant très rapide, les poisons ne peuvent passer par la voie des lymphatiques.
Nous avons voulu tenter quelques expériences à ce sujet.
Prenant du sulfoindigotate de soude que M. Berthaud pharmacien en chef de l'hospice de Bicêtre avait neutralisé, nous en avons injecté deux centimètres cubes dans la vessie de plusieurs lapins, et nous avons sacrifié ces animaux une demi heure après. Dans ces cas nous avons toujours été frappés par la couleur bleue très prononcée que prenaient les veines et par la couleur très foncée du sang qui avait un éclat brillant, métallique tout particulier.
Nous avons tenté la même expérience sur deux chiens. Dans les deux expériences, nous avons vu, de même que chez les lapins, les veines très fortement teintées en bleu, le sang avait la même couleur, le même éclat. Mais jamais nous n'avons trouvé le canal thoracique coloré en bleu.