‹ Étude Expérimentale et Comparative de l'Absorption VésicaleChapitre 16 sur 42 · SE TN · texte numérisé non relu

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rons bien forcés d'admettre que ces médicaments ou ces poisons ont été absorbés.

Dans des expériences du genre de celles que nous avons tentées, le volume de l’animal doit entrer en ligne de compte. Chapuis dans son traité de toxicologie nous dit qu'il attache une certaine importance à ce point de détail. À l’appui de son assertion, il raconte qu'en 1821 à Genève, le propriétaire d'un éléphant voulant se débarrasser de cet animal, lui fit prendre 3 onces d'acide cyanhydrique dans 10 onces d’eau-devie, sans aucun résultat. Avec 3 onces d'acide arsénique, on ne fut pas plus heureux, et l’animal semblant inaccessible aux poisons, il fallut recourir au canon.

Nous avons dû nous rappeler aussi que, comme le dit également Chapuis, la toxicité d’une substance n’est pas un fait constant pour toutes les espèces animales. Ainsi parmi des substances qui sont très vénéneuses pour l’homme, on trouve les cantharides que les poules mangent souvent en quantité très considérable et sans inconvénients. Le cheval ingère très bien, sans malaise, le tabac en pied ou en préparation pourvu que l'épreuve ne se répète pas. Les vaches avalent le colchique d'automne sans autre inconvénient qu'une diminution dans la quantité du lait. Les porcs mangent, sans en mourir, des champignons vénéneux de la section des amanides. Claude Bernard a pu injecter impunément ? centigrammes de chlorhydrate de morphine dons la vessie d’un chien de 7 à 8 kilogrammes sans le tuer. Les rongeurs, les cochons dinde, les lapins, les rats mangent de la belladone. Les chameaux mangent

avec délices des euphorbes: La chèvre supporte des quantités considérables de noix vomique. Maïs toutes ces exceptions semblent disparaître, quand il s’agit de poisons minéraux.

En présence de faits aussi bizarres, conclut Chapuis, la science se trouve momentanément désarmée et ne peut en donner une explication satisfaisante. Mais comme tous ces faits sont absolument démontrés, nous avons cru indispensable de les rappeler avant d’exposer nos expériences.

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