‹ Étude Expérimentale et Critique sur l'automatisme du cœurChapitre 58 sur 103 · H20EZ · texte numérisé non relu

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tation varie dans certaines limites comme l'intensité relative de l'excitation, c’est-à-dire comme l'excitation rapportée à l’excitabilité habituelle de l'endroit excité.

Cette relation entre l’excitabilité et la facilité d’actualisation de la propriété rythmique paraît encore plus étroite lorsqu'on se place dans des conditions qui modifient dans un sens déterminé l’excitabilité des diverses régions du cœur.

Si l’on SUR à un myocarde fatigué ou anémié, ou qui commence à se dessécher, on observe une diminution de l’excitabilité. Or, il arrive un moment où ce même cœur soumis à l’action de courants continus ne présente plus qu’une contraction de fermeture et une de rupture, et se comporte comme un muscle strié ordinaire. Souvent il suffira de perfuser sur ce cœur un peu de solution de RINGER pour lui restituer et sa faculté de répondre rythmiquement au Courant continu, et son excitabilité.

Nous avons dit que lorsque l’excitation électrique par chocs isolés est inefficace, une excitation mécanique de la région atrio-ventriculaire est souvent encore capable de produire des contractions rythmiques; plus tard, cette excitation elle-même ne produira plus qu’une seule contraction, puis il faudra des excitations de plus en plus fortes pour obtenir une réponse.

Inversement, on sait que des excitations répétées sont capables d’augmenter l’excitabilité du cœur; en effet, fréquemment dans ces conditions, le seuil s’abaisse. Or on sait depuis GASKELL (1) qu’à la suite de ces excitations on

(1) L'expérience peut être faite comme l’a fait GASKELL, sur

un lambeau de muscle ventriculaire d’'Emys Europea, placé dans une chambre humide, l'inscription du phénomène se

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peut voir apparaître des contractions rythmiques indépendantes, dans des segments du cœur où ces mêmes excitations étaient au début de l’expérience tout à fait incapables de développer des-contractions rythmiques.

De même nous avons vu que la pointe du cœur de grenouille, séparée, ne donne de contractions rythmiques, n1 spontanément, ni sous l’influence d’une excitation isolée, ou même de la ligature ou de la section. Or, cette même pointe, soumise à l’action de certaines substances, présente souvent, à la suite de la section ou de l’écrasement à la BERNSTEIN, une série de contractions ; nous avons indiqué que le chlorhydrate de cocaïne pouvait développer au même titre cette propriété rythmique (1).

Si l’on fait une injection préalable de Bac! la pointe excisée présente toujours des contractions rythmiques per-

faisant par la méthode de suspension. Ce fragment de muscle est intercalé dans deux circuits conducteurs fermés sur deux chariots de DugBois-REYMOND. L’expérience consiste à provoquer des contractions rythmiques du muscle cardiaque chaque dix secondes au moyen de chocs d’induction isolés appliqués à une extrémité du lambeau, et à observer l'effet d’un courant interrompu subliminaire envoyé de temps à autre à travers le muscle.

Dans ces conditions, très rapidement, les chocs isolés ne demandent plus à être aussi forts pour provoquer des contractions ; le courant interrompu précédemment insuffisant doit être diminué pour qu’il ne provoque pas lui-même de contractions, En prolongeant l’expérience, l’abaissement du seuil s'accroît encore, et l'on voit parallèlement des contractions rythmiques indépendantes se développer ; ces contractions rythmiques persistent après la suppression des excitations artificielles pendant un temps fort long jusqu’à 20 ou 24 heures après que toute excitation a cessé.

(1) P. MATHIEU. — A propos des réflexes intracardiaques. (C. R. Société de Biologie, 16 mars 1914, LXXVI, p. 598),

sistantes, à la suite de la section, comme l’ont montré WERTHEIMER et BOULET. Une pointe isolée et immobile au contact de quantités même faibles de cette substance entre également en activité rythmique. Or, dans ces divers cas, on note une augmentation parallèle de l’excitabilité. Ce phénomène est particulièrement bien évident lorsque la dose de Bacl” étant insuffisante, il n’y a pas contractions rythmiques, mais seulement augmentation de l’excitabilité, ainsi que nous l’avons observé quelquefois.

Donc, non seulement les endroits où l’excitation isolée est capable d’actualiser la propriété rythmique, sont en même temps les plus excitables, non seulement la durée des séries de contractions provoquées par une excitation varie dans certaines limites comme l’intensité relative de l’excitation, mais, en outre, les conditions qui augmenteni l’excitabilité facilitent la production des contractions rythmiques et peuvent, dans une certaine mesure, étetre à tout le cœur les propriétés spéciales des régions bulbaire et atrio-ventriculaire, telles que nous les avons précédemment décrites.

Y a-t-il entre l’augmentation de l’excitabilité et la facilité d'actualisation de la propriété rythmique une relation de causalité; sont-ce deux modalités ou deux degrés d’un même processus ?

En d’autres termes, l’actualisation de la propriété rythmique est-elle la conséquence de cette augmentation de l’excitabilité, ou bien en même temps qu’il y a augmentation de l’excitabilité, y a-t-il excitation proprement dite. Ces seules expériences ne permettent pas de le dire, mais ce que l’on peut affirmer avec certitude, c’est que certaines conditions favorisent l’actualisation de la propriété ryth-

mique, que d’autres conditions apportent un obstacle à cette actualisation et que l’on observe des variations concommittantes de l’excitabilité.

Dans les cas où l’action directe ou indirecte ne peut être affirmée, ou lorsqu'elle échappe à notre investigation, la propriété rythmique paraît s’actualiser spontanément. Certains auteurs désignent ces phénomènes sous le nom d’automatisme; on décrit ainsi des automatismes ventriculaire, auriculo-ventriculaire, auriculaire, bulbaire, apexien, Etant donnée d’une part l’absence d’automatisme de ces régions dans les conditions normales, étant donnés, d’autre part, le nombre et la variété des conditions qui peuvent, comme nous venons de le voir, provoquer cette actualisation, il nous paraîtrait plus légitime de qualifier cette activité du nom de « néo-automatisme ». Cette expression indique le changement de conditions mais sans rien préjuger relativement à la signification de cette propriété, la question restant entière de savoir s’il s’agit d’une propriété acquise où du réveil d’une propriété récessive, reliquat d’un automatisme embryonnaire ou ancestral, question qui ne sera pas envisagée dans cet ouvrage, mais ultérieurement.

C’est sous cette dénomina‘ion que nous croyons devoir ranger les processus d’activité rythmique qui se manifestent en dehcrs de toute excitation extrinsèque, dans des segments de cœurs soustraits à l’impulsion normale sinusale. Nous allons en donner les raisons en étudiant les caractères et le centre de production de ces contractions rythmiques qui apparaissent secondairement dans des cœurs soumis à la première ou à la septième ligature de STANNIUS.

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