C. — Conclusions
La brièveté de l'intervalle As Vs permet de penser que sous l'influence du chlorure de baryum un point situé dans la région atrio-ventriculaire vers l'oreillette a pris la direction du rythme à la place du sinus.
Enfin, ces conditions sont éminemment favorables au développement simultané de plusieurs centres secondaires d’automatisme. Ce développement simultané s’observe d’ailleurs dans d’autres circonstances et nous y reviendrons.
A s’en tenir aux résultats généraux de ces expériences, on peut compléter nos conclusions précédentes en disant que :
Non seulement, les séries de contractions « spontanées » consécutives à l'a ligature, ont les mêmes points de départ que celles qui sont « provoquées » par excitation directe, non seulement la facilité de production des séries et leur durée paraissent superposables dans les deux cas, mais, les conditions (1) qui facilitent l’actualisation de la propriété rythmique dans le temps et dans l’espace, favorisent dans une large mesure la reprise après ligature sino-auriculaire.
En un mot, les reprises de contractions rythmiques après ligature se présentent dans les mêmes conditions et sont soumises aux mêmes règles de production que les reprises provoquées directement.
Ces reprises après ligature apparaissent alors comme un cas particulier d'actualisation de la propriété rythmique
(1) Sans entrer ici dans l’étude des conditions thermiques du fonctionnement du cœur, nous devons ajouter que l’élévation de température, dans de certaines limites, doit être comptée au nombre de ces conditions favorisantes, comme l’a récemment indiqué BORNSTEIN (‘).
(*) A. BOoRNSTEIN. — Die grundeigenschaften des Herzmuskels und ïihre Beeinflussung durch verschiedene Agentien. 1e Partie. Optimaler Rhythmus und Herztetanus, Arch, [. Anat, uw, Phys., 1906, supplt. p. 342-343,
consécutive à des modifications des conditions normales ou à l’apparition de conditions nouvelles.
On a cherché, et certains auteurs ont pensé avoir trouvé, dans les caractères mêmes du rythme, des reprises dites spontanées, la preuve que ces reprises ont une individualité propre, qu’elles correspondent à un véritable automatisme segmentaire.
Le rythme des contractions « spontanées » présente un premier caractère : d’une façon générale, la vitesse maimale à laquelle il atteint est inférieure au rythme habituel du sinus; inférieure à celle qu’il est possible d’atteindre pour des séries provoquées par excitation directe de Ia région atrio-ventriculaire.
On a alors été amené à considérer le rythme de ces reprises comme caractérisant l’activité propre du ventricule lorsque l’impulsion sinusale ne lui parvient pas, et l’on a désigné de telles contractions comme homogènes, les opposant aux contractions provoquées, hétérogènes (1).
La même distinction pouvant être faite d’ailleurs pour d’autres segments que le ventricule.
Jusque-là, il ne s’agit que d’une classification commode en physiologie et en pathologie cardiaques.
Mais on a été plus loin; on a vu, dans ces contractions spontanées, la manifestation d’un automatisme ventriculaire, ou auriculo-ventriculaire, empêché de se manifester dans les conditions habituelles parce que l’impulsion sinusale, plus rapide, provoque constamment l’explosion pré-
(1) Cf. Pour l’application de ces vues au cœur du mammifère, Th. Lewis : The mechanism of the heart, 1911, p. 120 ; on y trouvera les références bibliographiques et notamment celles relatives à la classification différente de HERING,
maturée avant que soient terminés dans ces régions les processus dont le terme ultime est la contraction spontanée.
Pour si opposées qu’elles soient à nos conclusions précédentes tirées des faits expérimentaux, nous allons nous y arrêter un instant.
Cette conception repose sur trois faits :
4° La constance relative;
2° La lenteur du rythme de ces reprises;
3° La réalité de l’explosion prématurée dans d’actres circonstances : chaque excitation artificielle où sinusale efficace parvenant à un ventricule (se contractant suivant son rythme propre) est suivie d’un retard du développement de la contraction suivante.
A vrai dire, 1l importe de remarquer que ces faits, que nous aurons l’occasion de développer, concernent les caractères des reprises « spontanées » et les modalités du conflit de plusieurs centres de pulsations développés simultanément.
Ils ne permettent absolument pas de dire que le ventricule est normalement automatique, et nos conclusions précédentes restent entières.
La lenteur même du rythme de ces reprises spontanées n’est pas un caractère absolu; il suffit de se reporter à nos graphiques précédents pour voir que, sous l'influence du chlorure de baryum, par exemple, des contractions peuvent se développer dans le segment auriculo-vèntriculaire suivant un rythme extrêmement variable, qui peut être très voisin de celui du sinus, et que tous les cas intermédiaires peuvent être observés. |