‹ Étude Expérimentale et Critique sur l'automatisme du cœurChapitre 76 sur 103 · DUT · texte numérisé non relu

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et GÉWIN (1). Pour la grenouille, la réalité de ce phénomène a été indiquée par LOHMANN (2); les conditions de sa production viennent d’être analysées par HABERLANDT (3) (p. 14), qui à vu qu'il est possible, bien que exceptionnellement, de remplacer d’une façon durable le rythme normal du sinus par un rythme atrio-ventriculaire, sur le cœur de grenouille battant spontanément: Non seulement nos expériences personnelles, mais les nombreux documents inédits que possède sur cette question M. le professeur MEYER, nous permettent de confirmer la réalité de ce phénomène sur les modalités duquel nous nous réservons de revenir.

L'établissement d’un rythme atrio-ventriculaire durable est souvent précédé, dans ces conditions, d’un stade de tétanisation, et les phénomènes sont alors absolument superposables à ceux représentés précédemment (pl. IX) pour le cœur arrêté.

La fin du rythme atrio-ventriculaire mérite aussi d’être considérée dans son moment et dans son aspect. Tantôt elle se fait après un ralentissement progressif du rythme d’excitation, tantôt elle se fait brusquement. Tantôt, également, entre la derhière contraction du rythme atrio-ventri- Culaire et la première du rythme sinusal, il y a une diastole prolongée, tantôt ce phénomène ne se produit pas; à ce

(1) L. GEWIN. — Das Flimmern des Herzen. (Arch, f. Anat. u. Physiol., 1906 ; suppl., p. 247 et suivantes).

(2) A. LOHMANN. — Arch, f. Anat. u. Physiol., loc. cit, page 444, cité par HABERLANDT,

(3) HABERLANDT, — Zur Physiologie des Atrioventrikulartrichters des Froschherzens, Zetsch. f. Biologie, LXI, nouvelle série, XLIII, p. 1 à 66 ; spécial, p. 14.

point de vue, il semble que la dernière contraction du rythme atrio-ventriculaire se comporte exactement comme une extra-systole, et que l’existence ou l'absence du repos dépend du moment de sa production par rapport à l’impulsion normale. |

En règle générale, toutes choses égales d’ailleurs, c’est le rythme le plus rapide (qu'il soit provoqué ou spontané) qui l'emporte sur l’autre, dans la conduite du cœur; cependant cette règle n’est pas absolue; en effet :

1° Il arrive, comme nous le verrons, qu’un rythme pius rapide ne puisse pas se substituer au rythme normal; par exemple, dans le cas où le sinus est seul soumis à l’action d’un excitant thermique et le reste du cœur protégé contre l’échauffement, le ventricule, par suite des caractères mêmes de sa contraction normale et actuelle, ne peut pas répondre aux incitations plus nombreuses qui lui viennent du centre stimulateur (MEYER (1), MATHIEU (2).

2° Inversement, dans certaines conditions, il est possible d'imposer au cœur (segment auriculo-ventriculaire) un rythme plus lent que son rythme normal.

Lorsque l’on fait agir sur le cœur des excitations de plus en plus prématurées par rapport à la systole normale précédente, à un certain moment on pénètre dans la phase réfractaire; à ce moment l’excitation est inefficace. Or, il peut arriver que cette excitation inefficace soit néan-

moins suivie d’une diastole prolongée ayant la valeur

(1) E, MEYER. — Congrès des Sociétés savantes, Nancy, 1896. (2) X. MATHIEU. — Réaction du cœur de grenouille sous l'influence de la chaleur. C, R, Soc, Biologie, 1904, I, p. 733.

d’un repos compensateur, de sorte que, pratiquement, le seul résultat de l’excitation est La suppression d’une syslole : en renouvelant les excitations au même moment de chaque révolution cardiaque, on peut imposer au cœur un rythme ralenti.

Avant de mettre ce phénomène au compte de l’excitation des éléments inhibiteurs intra-cardiaques, il est nécessaire de remarquer qu’il peut être observé sur cœur atropinisé.

Y a-t-il seulement sous l'influence de l’excitation un ralentissement des processus de restitution ou une augmentation de durée de la phase réfractaire du ventricule et s'agit-il d’un blocage ayant l’origine décrite par HE- RING ? (1).

Ce n’est pas le lieu de discuter cette question, malgré son importance, mais un fait doit être retenu :

L'absence d’extra-systole n’est que le cas extrême dans la série des extra-Systoles de plus en plus prématurées, de sorte que l’allongement de la diastole paraît indépendant de la production de l’extra-systole et que l’explication d’ENGELMANN est dans ce cas insuffisante, comme d’ailleurs celle de MAREY.

Les expériences graphiques suivantes, réalisées sur cœur atropinisé, sont destinées à montrer la possibilité d'imposer au cœur soit un rythme plus rapide, soit un rythme plus lent que son rythme normal actuel, et à souligner le phénomène ci-dessus décrit.

(1) H. E. HERING. — Ueber den zeitweiligen oder dauernden Ausfall von Ventrikelsystolen bei bestehenden Vorhofsystolen. Centralblatt f. Physiol., 1901, p. 193.

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