CHAPITRE IV
SUR LA DISSYMÉTRIE DES PHÉNOMÈNES D’ABSORPTION DANS LES CRISTAUX MONO ET TRICLINIQUES.
Comme deux directions symétriques au point de vue cristallographique sont aussi équivalentes au point de vue physique, la coïncidence des axes d’élasticité optique et des axes de symétrie des phénomènes d'absorption est évidente pour les cristaux uniaxes et pour les cristaux orthorhombiques parmi les biaxes. C’est ce que lexpérience a constamment vérifié,
On a admis longtemps que la même coïncidence existait pour les cristaux monosymétriques et asymétriques, et les divers physiciens qui ont fait des mesures d’absorption se sont contentés généralement de déterminer les absorptions dans les trois directions principales d’élasticité optique (Haïdinger, Hagen, Beer, Grailich, Pulfrich, etc.).
M. Laspeyres (!), en 1880, et M. Ramsay (?), en 1887,
ont montré que cette hypothèse n’est pas rigoureuse.
MÉTHODE DE M. LASPEYRES.
Il opère sur l’épidote. À l’une des extrémités du cristal, il taille un cylindre dont les génératrices sont parallèles
(DR Zoceci.
CHRPoCnCrL:
16 C. CAMICHEL.
à l’axe binaire; à l’autre extrémité, les faces naturelles du cristal permettent de rapporter les directions du cylindre aux directions cristallographiques et, par conséquent, aux directions principales de l’ellipsoïde d’élasticité optique. Le cristal est installé dans la pince d’un goniomètre à réflexion dont l’axe de rotation coïncide avec l'axe du cylindre. Une lampe éclaire le cristal; entre la lampe et le cristal se trouve un nicol, qui polarise la lumière perpendiculairement au plan de symétrie du cristal. Deux écrans percés de fentes étroites, parallèles aux génératrices du cylindre, limitent le faisceau lumineux qui traverse le cristal.
Dans ces conditions, lorsqu'on tourne Je cristal, sa coloration vue à travers les fentes varie, puisque la vibration lumineuse traverse la même épaisseur du cristal dans les diverses directions du plan de symétrie.
M. Laspeyres a trouvé, par ce procédé, que les directions d'absorption maxima et minima pour une couleur déterminée ne coïncident pas avec les axes d’élasticité optique correspondants et, de plus, que ces directions ne sont pas rectangulaires.
Cette méthode peut certainement montrer la noncoïncidence avec les axes principaux d’élasticité optique des directions d'absorption maxima et minima, mais elle esl trop peu précise pour prouver l’obliquité de ces directions.
D'ailleurs, les erreurs de taille du cylindre peuvent altérer les couleurs observées et introduire des erreurs considérables.