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du poids des individus. Et la formule en sera concise, Ricuer l’ayant exprimée en ces mots : La taille détermine la durée de la vie chez les animaux à linanition. Et d’ailleurs nous ne faisons que retrouver une application particulière de la grande loi physiologique : toutesles fonctions dans leur activité et leur intensité sont déterminées par la taille de lanimal.
Dans le premier chapitre nous avons déjà vu pourquoi un moineau, par exemple, se refroidissant bien plus qu'un chien, devait produire une quantité de chaleur supérieure, et conséquemment se déshydrater parallèlement à lactivité respiratoire.
Or, chez les animaux à sang chaud soumis à l’inanition (il n'ya que des déperditions négligeables de chaleur extérieure chez les animaux à sang froid), l'application de la loi est rigoureuse.
La durée moyenne de la survie à l'inanition est de trente à quarante jours pour un chien, vingt pour un cheval, douze pour un lapin, six pour un petit cobaye. Les rats, les souris, les taupes, vivent deux ou trois jours au plus.
Si, dit RiCHET, nous examinons chez un animal à jeun les phases de la perte de poids, nous voyons que Îles premiers jours l'animal perd beaucoup ; puis il s'établit un taux uniforme de perte modérée. Enfin au dernier jour l'animal perd beaucoup de son poids.
CEA DOI
La marche de la perte horaire des poids est la sui-
vanie.
Chien : du premier au deuxième JOUR IN OT 20
du deuxième au troisième — o gr. 98
du troisième au quatrième — o gr. 86
du quatrième au trente-cinquième — o gr. 82 (Lucrani)
Lapin : du premier au deuxième jour. 2 gr. 5 du deuxième au huitième — 1 gr. 5 (RuBxer)
Canard : du premier au troisième jour. 3 gr. 13 du troisième au sepüième — ogr. 85 (Ricuer)
Le graphique obtenu par ces pertes de poids est presque parallèle à la couche thermique de lanimal en expérience. Supposons que 40° soit la température normale. Le second jour la température est de 39e ; puis elle descend très lentement jusqu’à 38°, Enfin au moment de la mort elle descend en quelques heures jusqu'à 34e.
En laissant de côté la période finale nous constatons qu'il y a une première période qui est une période de luxe, période pendant laquelle il y a une alimentation de luxe, une chaleur de luxe, une respiration de luxe.
Et, conclut Ricner, c’est l’activité nerveuse qui détermine la période plus ou moins longue de l'ina-
nition chez les animaux.
Toutes les fois qu'il y a grande activité nerveuse, la perte de poids est considérable dans l'unité de temps. Il en est ainsi dans la fièvre.
Coin a montré que la survie chez le cheval à linanition bien portant était de 30 jours; elle n’est que de cinq jours chez le cheval malade.
Ricuer a déterminé la durée de l’inanition chez le lapin bien portant et chez le lapin malade ; elle est de dix jours dans le premier cas; de quatre jours dans le second.
La dénutrition chez l'animal fébricitantest en effet très rapide.
Elle se peut élever chez le lapin à 5 grammes par kilogramme et par heure.
Si nous nous transportons du domaine expérimental dans le domaine pathologique, nous trouvons de nombreuses recherches sur les pertes de poids dans la fièvre. |
J.-P. LanGLois (1900) les a consignées dans l'article si documenté qu'il a consacré à la fièvre dans le Dictionnaire de Physiologie.
Le fébricitant, dit-il, est presque toujours en état d’inanition, tout au moins d’hypoalimentation,
LEYDEN (1870) a évalué la perte de poids chez l’homme durant la période de consomption fébrile à environ 6 gr. 67 par kilogramme et par jour, soit une augmentation de 14 o/o environ par rapport au sujet sain.
Les observations de Borkin, de THAoN, concordent pour démontrer que la perte de poids est surtout
exagérée pendant la défervescence, et elle s'explique par la déshydratation des tissus.
Les recherches de KreuL et Marrmes (1898), de NEBELTHAU (1893), ont eu pour but de savoir quelle était la part prise par le poumon et par la peau dans l’'évaporation aqueuse chezles malades atteints de fièvre. Ils ont rendu pour ce, des animaux fébricitants, et leurs conclusions tendent à montrer que la perte par les poumons et la peau présente une augmentaton absolue, mais que le rapport entre les différentes causes de déperdition reste constant. Il est juste d'ajouter que PEIFER est arrivé à des conclusions opposées : il y aurait d’après lui une diminution relaüve de l’évaporation.
Nos recherches n’ont point eu pour but de trancher de différend.
Elles avaient été commencées, nous le devons dire, afin de connaître les modalités différentes dont se comportaient les animaux alimentés ou inanitiés en milieu hyperthermique sec ou humide.
CI. BERNARD (1856), reprenant les expériences de DrecarocnE (1806), avait conclu que la chaleur humide est beaucoup plus rapidement mortelle que la chaleur sèche. C’est un fait que BonxaL (1885) et nombre d'auteurs ont vérifié par la suite. GRANDIS et Manit (1902) en particulier ont étudié expérimentalement les modifications qu'un milieu chaud et humide détermine dansles échanges respiratoires. Ils avaient été conduits à ces recherches à la suite d’un grand nombre de morts qui s'étaient produites à Buenos-
Gautrelet 3
Ayres, la température étant de 39°8, et l’état hygrométrique si élevé, disent-ils, que fondait le sel de cuisine.
L'acide carbonique exhalé diminue beaucoup, coneluent-ils, en milieu hyperthermique saturéd'eau.
Quellesmodifications venait provoquer l'inanition ?
Comme vale prouver le protocole de nos expériences, nous n’arrivons qu'à des conclusions fort timides de ce côté.
Les tracés des animaux XV et XVI n'indiquent aucune modification de la part de l’état hygrométrique.
Faisons remarquer toutefois, et pour être à l'abri de la critique, que nous expérimentons sur des lapins, animaux essentiellement polypnéiques, et que la polypnée est capable de modifier complétement la loi du débit calorique (J. LEFÈVRE, 1903).
Et c’est précisément relativement à l'apparition de cette polypnée que nous püûmes dégager de nos recherches des faits intéressants, nous semble-t-il, qui viennent confirmer les notions que nous avonsexposées au début sur les procédés de défense de l’organisme.
Du reste nous allons simplement tout d’abord exposer ces expériences en détail, etaprès quoi nous grouperons les résultats et tirerons les conclusions intéressantes.
Le mode le plus aisé d'établir les protocoles consiste à prendre chaque animal, chaque lapin en particulier, et en écrire la biographie, pour ainsi dire.
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LAPINS Nes I ET II
Ces deux animaux sontmis au jeûne absolu à la même date le 10 décembre: -
Pèsent : le ne [ : 2070 grammes.
— le no IT: 22/0 grammes.
Le 11 déc. poids du I : 1860 grammes.
poids du IT: 2200 grammes.
Le 11 déc. poids du TL: 1800 grammes.
— poids du IT : 2050 grammes.
Le 13 décembre. P. I, r kgr. 755.
PIE TKer70}
Ce jour-là les deux animaux (ayant perdu le premier 15 0/0 de son poids initial, e second 12 o/o) sont introduits ensemble sous la cloche d'une capacité de 38 litres.
La cloche est chauffée par des réflecteurs et bientôt sa températureest de 45° (à 11 heures).
À xx h, 15 température de la cloche 5o°.
À 11 h. 50 température de la cloche 53°.
À 11h 45 température de la cloche 52.
À 11 h. 55 température de la cloche 50°.
Une demi-heure seulement après l'introduction dansl'atmosphère à température si élevée, les lapins font de la polypnée.
Le rythme respiratoire est de 240.
La salivation est des plus abondantes,
Ajoutons que nous opérons en atmosphère absolument confinée.
* Après 1 heure de chauffe, les deux lapins sont retirés et.
I, a une température de 42° et un poids: 1719.
If, a une température 42°5 etun poids: 1950.
Ils ont donc perdu chacun 20 grammes.
Quant à l'état hygrométrique il n'était point indiqué, mais certainement devait être élevé à 70 étant donné les conditions de l’expérience.
Le 15 décembre, — Nouvelle expérience dans les mêmes conditions.
Le I pèse 1 kgr. 460.
Le IT pèse r kgr. 950.
Durant l'heure de chaufle la température reste constante :
À la sorte de la cloche :
I, a une température de 4o°3 et pèse 1450 grammes.
IT, a une température de 4r°5 et pèse 1950 grammes à peine.
Ils ne sont presque pas humides.
Leur poids n'a donc varié, on le voit, que de 10 grammes pour le premier; aucunement pour le second.
Le 16 décembre. — Poids du [: 1350.
Poids du Il: 1860.
Le 17 décembre, n° [, meurt, il pèse r kgr. 190, a donc
perdu 41 o/o de son poids initial.
Quant au IE, il survit et meurt le 18 pesant 1 kgr. 49o et -
ayant perdu 34 0/0 de son poids.