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L’attention était portée en France, sur la méthode graphique, appliquée aux expériences physiologiques.
En 1863, dans son livre sur « la Physiologie médicale de la Circulation du sang », Marey passe rapidement sur les changements de volume des organes; il n’en a point fait d'étude spéciale, et se contente d'indiquer l'importance de ce sujet.
« Le volume &es/organes, dit-il, doit nécessairement varier avec l’état de leurs vaisseaux... La - plupart des changements, qui surviennent d’une manière brusque, dans le volume d’un organe, sont dus à des changements dans l’état des vaisseaux, aussi peut-on considérer les changements de volume des organes, comme l'expression la plus fidèle des changements, qui se produisent dans le calibre de leurs vaisseaux. »
Nous arrivons aux recherches de Fick (1), de Zurich, publiées en 1869.
ll se sert de la méthode graphique, en utilisant les changements de niveau de l’eau, dans un tube qui communique avec la cavité d’un manchon, renfermant la main et l’avani-bras.
En 1874 (2), parurent, dans le compte-rendu des travaux du laboratoire de Leipzig, les premières recherches de Mosso, sur les changements de volume des organes.
(4) Untersuch. a. d. Physiol. Laborat. P. Zuricher Hochschul (Wien. 4869. 4 Heft).
(2) Mosso. — Von einigen neuen Eïigenschaften der Gefüsswand, Leipzig 1874. 2
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Mosso, étudiant, sous la direction de Ludwig, les effets d’un certain nombre de substances (ni- | cotine chloral, etc..), sur les vaisseaux des organes isolés, soumis à une circulation artificielle de sang défibriné, ne se contenta pas du procédé du laboratoire de Ludwig, qui consistait à apprécier l'action produite sur les vaisseaux des organes par les variations de l’écoulement veineux.
Il renferme un organe, wn rein, par exemple, dans un vase rempli d'huile et hermétiquement clos. Le sang, chargé du principe toxique, arrive à l’artère par une tubulure, et en ressort par une autre tubulure, qui le déverse dans l’une des branches d’un tube en U. Les changements de volume, dans la branche opposée de ce tube, correspondant aux quantités de sang qui traversaient l'organe, agissaient sur un flotteur inscrivant.
Afin de savoir plus rigoureusement quelles étaient les variations de calibre des vaisseaux, Mosso eut l’idée de fotaliser ces variations de calibre dans un tube, communiquant avec la cavité même du vase où était enfermé l'organe. L'huile contenue dans le vase devait nécessairement se déplacer d’une quantité égale au changement du volume total. Quand les vaisseaux du rein se dilataient, l'organe tout entier se gonflant, l'huile s’échappaitparletubecommuniquantävee la'cavité du vase, et venait s’écouler dans une éprouvette flottante; réciproquement quand les vaisseaux se resserraient, l'organe diminuait de volume,et lhuile,
tout à l’heure refoulée, était rappelée dans le vase renfermant le rein. Il résultait de ce double mouvement de va-et-vient du liquide, un double mouvement d’ascension et de descente de l’éprouvette.
Mosso a donc le mérite d’avoir appliqué à la mesure des changements de calibre des vaisseaux, le procédé de déplacement de l’eau par un corps immercé. Il a poursuivi avec une grande persévérancé, l’application de la méthode aux organes isolés, soumis à une respiration artificielle. Cette méthode ne peut donner de résultats exacts, car elle s'éloigne beaucoup trop des conditions physiologiques. Le rein, séparé du reste du corps, n’est plus soumis à l'influence de la circulation. De plus l’action nerveuse est abolie, de sorte que l’activité des tissus est donc forcément différente de la normale. Il faut admettre que toutes les expériences faites sur le rein isolé, n’ont pas de valeur, pour la détermination des rapports entre la circulation sanguine etla fonction du rein.
Elles peuvent,tout au plus, nous faire connaître les modifications des vaisseaux, sous l'influence des substances agissant directement sur eux, mais c’est tout.
Eu août 1875 (1), François Franck présenta,au Congrès de Nantes, les résultats de ses premières recherches «sur les changements de volume des organes périphériques, dans leurs rapports avec la circulation du sang ».
(4) Fr. Francx — Congrès de Nantes, 95 août 1875.
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Il continua ses recherches, l’année suivante (1), et les communiqua à l'Académie des Sciences; nous les trouvons reproduites in-eætenso, dans le recueil des travaux delaboratoire du professeur Marey(2).
Comme notre but n’est pas de décrire son appareil, retenons-en seulement le principe, car c’est ce dernier que nous avons appliqué à l’oncographe, pour le modifier et le rendre plus sensible.
Un vase rempli d’eau, fermé par unemembrane de caoutchouc, dans lequel plonge la maïn, est en communication, par sa partie supérieure avec un tube verticalde petit calibre. «Les oscillations produites dans le niveau du liquide sont inscrites à distance, avec tous leurs détails, à l’aide de la transmisson par l'air, en coiffant le tube vertical du bocal, avec un tube de caoutchouc, qui aboutit à un tambour à levier inscripteur de Marey.
Mosso et Franck sont donc les deux auteurs qui ont le plus contribué au développement, à lapplication physiciogique et pratique, de la méthode appelée sphygmographie volumétrique.
En 1883, le professeur Royessaya d'appliquer aux organes internes le principe de la méthode, que ces auteurs avaient employée, pour les organés périphériques.
Il imagina un instrument, qui permettait d’étu-
(1) Fr. FRANCK. — Notesur des expériences relatives aux variations de la circulation périphérique étudiées par le changement du volume de la main. (C.R. Acad. des Sc. Avril 4876).
(2) C. R. du laboratoire de Marey. Octobre 4876.
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dier les moindres changements dans le volume du rein, tout en le laissant en place, et soumis à sa circulation naturelle.
Dans un mémoire très intéressant ({),-il jeta pour la première fois, un peu de lumière sur quelques faits concernant la physiologie rénale.
Il a continué ses recherches sur «larate », « l’intestin des mammifères ». C'est toujours le même principe, appliqué à des organes différents.
Nous allons étudier sa méthode dans le chapitre -suivant et indiquer ensuite les modifications que nous avons cru devoir y apporter.
(4) C.Roy.— Untersuchungen über die Circulation in den Nieren Archiv.für Anatomie. Berlin 1883.