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ÉTUDE EXPÉRIMENTALE SUR LA PHONATION 33 C'est ainsi que Ruehlmann!, dans une très intéressante
compilation, attribue au larynx plus de trente muscles donnant naissance à une foule de faisceaux secon-
- daires : dans ces cas la méthode anatomique mène
à des résultats fâcheux. Mais pour qui considère les muscles du larynx d’une façon suffisamment attentive, cette méthode dynamique raisonnée est d’un grand avantage.
b. Ailleurs, j'ai montré que les manipulations externes des cartilages du larynx donnent de bons résultats dans l’étude des mouvements musculaires, attendu que le jeu d’un muscle est parfaitement mis en évidence par une traction ou une pression qui l’aide ou le contrarie. Or, si cette méthode dynamique appliquée donue de bons résultats quand on agit sur le larynx à travers les tissus mous du cou, à plus forte raison doit-elle être d’un avantage réel quand le larynx isolé et disséqué se présente sans interposition d'aucune paroi qui le masque. Ici l’action est très facile à produire, le mouvement qui en résulte saute immédiatement aux yeux; et on a sur le muscle en expérience le contrôle excellent du contact immédiat et de la vue directe. Cela est d’ailleurs un lieu commun qui ne demande pas de développement.
ce. Enfin l’électrisation directe est évidemment Île meilleur mode d'étude des mouvements du larynx. Mais n’est-ce pas une utopie que de supposer qu’on puisse chez le vivant électriser isolément chacun des muscles laryngés ? Et en admettant cette dissocia-
4. Ruehlmann. Untersuchungen ueber das Zusammenwirken der Muskeln bei einigen häufiger Vorkommenden Kehlkopfstellungen, in Sitzungsberichle der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften in Wien. — Math., Natur., Klasse; 1874. 3° Abth., Bd. LXIX, p. 257.
tion comme possible, le laryngoscope en fournit-il un moyen de constatation suffisant ? [l est autrement simple et pratique d’électriser chez les animaux Îles muscles du larynx au moment où ils viennent d'être mis à nu; mais dans ce cas, pour que les expériences aient quelque chance de vérité, il faut supposer absolue l’analogie anatomique entre les larynx d'animaux et celui de l’homme, alors qu’elle n’est que douteuse. La question qui se pose est donc de savoir s’il existe un, mode pratique d’étude électrique des muscles du larynx, attendu que jusqu'ici, chez l’homme vivant, ce procédé est d’une application presque impossible, et, chez l’animal, d’une exactitude au moins contestable ? Or, grâce aux matériaux qui m'ont été fournis par la dernière épidémie de choléra, je pense la résoudre par l’affirmative, et je renvoie Le lecteur aux expériences que je rapporte plus loin et qui forment l’un des côtés les plus neufs, sinon inédits, de cette thèse.
De ces quatre modes d'étude expérimentale de la phonation, pour les motifs exposés plus haut, j'ai choisi le dernier ; je me suis aidé parfois de lPexpérimentation sur l’animal vivant, mais seulement pour élucider les points sur lesquels les recherches cadavériques ne me fournissaient aucun renseignement : enfin Je n’ai pas négligé l’examen laryngoscopique, que je ne considère toutefois que comme un procédé de vérification de faits vocaux déjà établis.
L'examen des malades aphones aurait pu me fournir d'excellentes notions : mais je ne dois pas Jaisser oublier que tout ce long préambule physiologique est la base sur lequel je compte édifier les différentes
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théories physiques et physiologiques des dysphonies : et je ne puis, sans commettre la pétition de principe chère aux inventeurs de larynx artificiels, me servir, pour appuyer mes démonstrations, de faits que le
but de ces démonstrations est précisément d'établir.