A TES MP
expérimentale des enseignements de Fournié‘, qui sur une anche élastique n’a pu obtenir que cinq à six notes consécutives en n’employant que la tension des rubans (ce qui me paraît surtout prouver que la glotte vivante ressemble plus à la glotte morte qu’à deux morceaux de caoutchouc); mais je suis ici absolument d'accord avec Mueller qui a fait rendre à tous les larynx qu’il a employés des notes hautes qu’ils n'avaient certainement jamais dû donner pendant leur existence. Ainsi presque tous les larynx de femmes que j'ai pris au hasard sur les cadavres de hôpital Beaujon m'ont chanté le fa;, note qu’en ce temps-ci ne donnent guère que la Patti et la Nilsson.
2° Puis, au point de vue physique, les expériences cadavériques ont cet avantage de respecter la nature des tissus vibrants de l’anche vocale qui, vivante ou morte, conserve en définitive la même structure, tandis qu’elle diffère absolument d’une lamelle de caoutchouc ou de métal. Il est certain, à mon sens, que cet argument est d’une grande puissance, car normalement les vibrations de la glotte sont modifiées par des nœuds qui divisent les cordes vocales dans le sens transver-
“sal suivant la différence de densité des tissus qui la
composent; et où trouverons-nous, je le demande, l’analogue de ces stratifications dans les lamelles élastiques? Si l’on veut en tenir compte, il faut, comme Va fait Koschlakoff, tendre sur les membranes élastiques des fils longitudinaux parallèles à leur bord libre et qui imitent ainsi à peu près les divisions nodales que les différents tissus des cordes vocales produisent
1. E. Fournié. Physiologie de la voix et de la parole. Paris, 1886, p. 406.
naturellement. Du reste, — et ici l'évidence confine presque à la naïveté, — puisque les cordes vocales vibrent chez le cadavre, il y a toutes raisons de supposer qu’elles vibrent de la même façon que chez le vivant et non d’une autre.
De sorte que, ni au point de vue de l’étendue des sons qu’elle fournit, ni au point de vue de la façon dont elle les produit, expérimentation cadavérique ne mérite les reproches que les laryngologistes lui adressent.
3° Enfin, on peut parfaitement chez le cadavre reproduire le jeu des muscles du larynx, et ce ne sont point les procédés qui manquent pour cela ; on peut le faire mécaniquement, on peut le faire électriquement. f
a. Il est en physiologie une méthode simple, fort usitée des anciens anatomistes, qu’on ne néglige pas de nos jours et qui consiste à déduire, par raisonnement, du point d'insertion des muscles et de la direction de leurs fibres, leur action ordinaire; c’est une méthode que Jelenffy a merveilleusement su utiliser pour l’analyse des actions du muscle erico-thyroïdien, dans un mémoire qui restera comme un modèle* du genre. Les renseignements qu’elle fournit ne sont erronés qu'autant que les points d'insertion ont été mal délimités ou les faisceaux musculaires faussement orientés. Malheureusement c’est là un des écueils qu’on a le moinsévités ; et je crois que si la physiologie du muscle thyro-aryténoïdien est encore si obscure, c’est parce que Garcia, Bataille et autres en ont
singulièrement compliqué la description anatomique.
ETF EUR
nés. 1