‹ Étude expérimentale sur la phonationChapitre 20 sur 62 · Mueller. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Mueller. Loc. cit., p

EXPÉRIENCE XII. — Le son ainsi produit a un timbre mordant, mieux anché et plus sonore.

EXPÉRIENCE XIII. — En même temps le son devient plus grave. La force de la soufflerie restant la même, labaissement de ton pour une note du médium varie dune TIERCE à une QUARTE.

Il faut ici bien se garder d’une petite faute opératoire, grosse de conséquences. Si l’on appuie trop fortement de haut en bas les mors de la pince on accroît la tension des cordes, et le son, au lieu de baisser, s’élève au contraire, tout en gardant son timbre anché.

Tous les larynx donnent aisément les deux séries de sons anchés et flütés; mais leur différence de hauteur respeclive pour une même position de la glotte est fort difficile à apprécier, surtout à cause des nœuds de vibrations qui se produisent avec la plus grande facilité et souvent font octavier les cordes vocales.

EXPÉRIENCE XIV. — Le larynx parlant en voix de lausset, si l’on applique la pince comme il vient d'être dit, on observe les changements suivants dans Pétat de la glotte :

À. — Les oscillations vibratoires prennent une amplitude beaucoup plus grande et deviennent très visibles à l'œil nu (d’où intensité plus grande du son).

B. — L'espace fusiforme central se réduit considérablement, et les bords des deux cordes vocules viennent presque à se loucher en vibrant.

G.— [est facile devoir que les oscillations sont d’au-

tant plus étendues qu'on les observe plus près de l'axe de la glotte; et qu'en dehors les vibrations s'éteignent el cessent là où commence le tissu musculaire.

EXPÉRIENCE XV. — Si l'on vient à piquer avec une aiguille la zone vibrante à sa partie moyenne, on (ra-

verse les couches muqueuse et fibreuse, mais non le muscle.

Dans ses oscillations, la corde fibreuse entraîne avec elle la muqueuse; il est possible qu'alors ces deux couches se séparent, vibrent chacune pour son compte, et que le son produit soit la combinaison de ces deux séries de vibrations; mais rien ne le démontre expérimentalement; et, dans le cas actuel, cette analyse n’est d’aucune utilité.

EXPÉRIENCE XVI. — Si, avec un bistouri, on enlève la muqueuse des cordes vocales, opération qui, on le sait, fait disparaître les sons de fuusset, le larynx, mis en vibration sous la pression de la pince, conlinue néanmoins à fournir des sons anchés, seulement atténués dans leur intensité. Qu'on vienne à enlever la pince et qu'on continue à souffier, on ne produit plus aucun son.

Donc un larynx à qui on a enlevé la muqueuse vocale peut fournir encore des sons anchés, maisne donne plus de sons de fausset.

EXPÉRIENCE XVII. — Si l’on enlève la couche ligamenteuse des cordes vocales, en laissant intact le

muscle thyro-aryténoïidien, le larynæ devient complètement aphone, quel que soit le procédé employé pour le mettre en vibration.

Il n’est pas nécessaire de décortiquer entièrement le muscle thyro-aryténoïdien, on arrive au même résultat en se contentant de sectionner en son milieu le plan fibreux, de côté et d'autre de la glotte; mais pour que celte expérience réussisse, il importe de ne pas limiter la section transversale au bord de la glotte, mais de l’étendre à la couche aponévrotique qui se prolonge à la région sous-glottique, et qui, laissée intacte, pourrait produire un son sourd sous l’influence du courant d’air.

Remarque. — Cette expérience prête aisément le flanc à la critique; on ne manquera pas de dire qu'ici le muscle ne vibre pas parce qu'il est mort et flasque; que chez le vivant, où 1l se contracte activement, les conditions sont tout autres : et qu’une expérience établie dans des circonstances aussi différentes de l’état physiologique normal ne peut avoir aucune autorité. C’est pour réfuter cette objection que j'ai institué sur le chien les expériences que je rapporte plus loin.

Expérience XVIIL. — Pendant que le larynx parle sous la pince, on peut impunément toucher la partie musculaire des cordes vocales; mais si l’on vient à rencontrer la partie ligamenteuse, le son se trouble, il se produit des nœuds de vibrations qui en modifient la hauteur ; et si l’on touche une seule corde vocale, on cause de la diphthonie.

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