‹ Étude expérimentale sur la phonationChapitre 43 sur 62 · LE SON VOCAL EST-IL DU AUX VIBRATIONS DES CORDES OÙ DE L'AIR · texte numérisé non relu

LE SON VOCAL EST-IL DU AUX VIBRATIONS DES CORDES OÙ DE L'AIR

C’est un fait aujourd’hui hors de toute contestation que la voix est due uniquement aux vibrations des cordes vocales inférieures. Cependant bien des auteurs ont été frappés de la disproportion qui semble exister entre la petitesse des cordes et l'intensité parfois extrême de la voix humaine; et ils se sont demandé si le son glottique est dà aux vibrations de la corde vocale ou bien aux vibrations de l'air dont l'écoulement périodiquement variable est réglé par les oscillations des replis vocaux.

Cette dernière opinion a été admise par Dodart, Savart, Biot, Liscovius, Longet, Helmholtz, Mandl.

€ L'air, dit Eustache! , premier moteur des cordes vocales, détermine par sa percussion la mise en jeu de leur élasticité; elle exécutent des oscillations qui

1. Eustache. La voix, La parole el leurs organes. Montpellier, 1869.

viennent à leur {our retentir sur la colonne aérienne qui les a ébranlées ; on sait en effet que la trachée et les bronches vibrent pendant l'émission de la voix; grâce à ces vibralions et aux modifications de l’orifice d'écoulement, l'air devient en même temps le corps sonore. »

Gertes, continue-t-il, le peu de longueur et surtout le peu de variation du tuyau aérien rappellent mal les variations considérables qu’on observe dans les instruments de musique dont le registre est aussi varié que celui de la voix humaine ; mais nulle part aussi il n’y a d’anche aussi souple, aussi parfaite que l’anche vocale. Dans l’orgue, il faudra avec un même orifice d'écoulement avoir un tuyau plus long, si l’on veut avoir un son plus élevé : mais point ne serait besoin de telle différence dans la longueur du tuyau sonore, si lon pouvait modifier de mille façons l’anche vibrante. Et Eustache conclut que les dimensions de lorifice de la fente glottique sont aussi importantes pour la production d’un son d’une hauteur ou d’une intensité donnée que la longueur ou la tension des cordes vocales.

Mueller, Bataille, Fournié, M. Duval sont d’un avis tout à fail opposé, et admettent la vibration des cordes vocales comme cause unique du son. Gay plaide cette cause. On à voulu admettre, nous dit-il, que les vibrations primaires des cordes vocales, quoique évidentes, sont trop faibles pour produire un son. Mais rien ne prouve cette faiblesse du son primitif des cordes vocales, puisque sur le vivant on ne peut pas le séparer de sons qui ’accompagnent.

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