Merkel. Anthropophonik, p
2. Jai eu dernièrement l’occasion d’examiner au laryngoscope, M. P..., un chanteur de l’Alcazar qui s’est acquis une grande réputation par ses remarquables imitations de la voix de femme : les résultats de cet examen sont de nature à confirmer encore la théorie de la voix de fausset telle que je l’ai présentée.
M. P... au moment de la mue a gagné des notes graves mais n’a pas perdu de notes aiguës, de telle sorte qu’actuellement sa voix possède plus de trois octaves, et s'étend du so], au la, en registre de poitrine. Sur toutes les notes qui du s0l,, au fu: correspondent à la voix de baryton, M. P... donne peu de son et chante d’une façon très ordinaire. Mais du sol: à la, sa voix, tout en gardant le timbre de poitrine, prend un éclat remarquable, et acquiert la pureté cristalline des notes de femme. — Au contraire dans le registre de fausset, qu'il n’a pas exercé, il atteint à peine le sis.
Ainsi donc voilà un cas rare, unique peut-être, où la concordance des registres se trouve inverse de co qu’elle est à l'état normal, puisque le registre de poitrine dépasse de six notes le registre de fausset. L'examen laryngoscopique explique ce phénomène. Au moment où M. P... commence à atteindre ses notes féminines, il se passe dans sa glotte une modification presque analogue à celle que M. Vacher considère comme caractéristique cünstante du registre du fausset : par suite de la contraction d’un faisceau du thyro-aryténoïdien — faisceau probablement spécial à ce larynx et qui lui donne son étonnante faculté — la glotte membraneuse se ferme