LEA AL
À, ges
parle ; et on croirait aisément que de tous les procédés d'investigation vocale, celui-là doive être le premier en date et en perfection : or, justement ce n’est ni le plus ancien ni le meilleur.
L’expérimentation cadavérique est son aînée de plus d’un siècle.
Ainsi en 1743, deux ans après la publication des célèbres expériences de Ferrein‘, Levret renonçait aux recherches qu’il avait entreprises pour trouver un moyen d'examiner les parties internes du cou par la lumière réfléchie.
En 1807, Bozzini (de Francfort-sur-le-Mein) présentait à la Faculté de Vienne son conducteur de la lumière, sans qu'il en résultàt pour la physiologie le moindre profit. :
Cependant vers 1827, les médecins se mirent avec plus d’empressement à la recherche du laryngoscope. Senn (de (Genève) imagina, sans y réussir, de voir à l'aide d’un petit miroir analogue à ceux dont nous nous servons actuellement, la glotte d’un enfant atteint de dyspnée. Dès lors, l'instrument fut conçu : mais la gestation en dura près de trente ans, malgré les tentations de Babington (Société huntérienne de Londres, 1827), Bennati (Guérison du mécanicien Selligue, 1832), Trousseau et Belloc (1832), Baumès (Lyon, 1838), Liston (Londres, 1840), Avery (Londres 1840), Warden (Édimbourg, 4844). Manuel Garcia” (1855) le mit au monde; mais sans avoir le scepli-
1. Ferrein. De la formation de la voix de l’homme in Mémoires de l’Académie des sciences, 1741.
2. Manuel Garcia. Observations on the human voice (Proceedings of the Royal Sociely, vol. VII, n. 13, p. 399).
cisme de Merkel!, on peut dire que cet instrument, subissant le sort de ses devanciers, aurait peu vécu sans ses parrains Türck (1857) et Czermak (1857) qui en firent ce que l’on sait.
Seulement, le laryngoscope vint trop tard : la théorie de la phonation était faite quand il parut. Pendant ces trente années de tentatives stériles, les physiologistes, laissant les médecins se débattre au milieu de leurs essais, avaient suivi la voie tracée par Ferrein : et quand Garcia vit pour la première fois chanter une glotte, les merveilleuses expériences de J. Mueller avaient depuis longtemps fixé la science sur ce point.
Peut-être trouvera-t-on étrangement paradoxal que je cherche à ravaler l’institution sainte du laryngoscope, d'autant que dans la spécialité il ne parait livre, thèse ou mémoire qui ne contienne son éloge obligé, toujours le même d’ailleurs, et transmis d’auteur en auteur avec un respect scrupuleux qui en altère à peine le texte. Mais je suis persuadé que si ce petit instrument a fait le plus grand bien à la pathologie laryngée, il a joué en revanche plus d’un vilain tour à la physiologie.
Le procès que j'intente ici au laryngoscope roule sur trois points :
1° L'examen laryngoscopique de la glotte saine montre des résultats mais non des causes; on y voit le jeu des cordes vocales, résultante des forces combinées des muscles qui les meuvent, mais on ne voit ni comment ni par où ces muscles agissent, pas plus qu’en voyant tourner les aiguilles d’une pendule on