‹ Étude expérimentale sur le tétanosChapitre 16 sur 29 · INJECTIONS DANS LA CAROTIDE · texte numérisé non relu

INJECTIONS DANS LA CAROTIDE

Technique opératoire. — Des plus simples avec un tant soit peu d’habitude ; cette opération est du reste pratiquée journellement dans le laboratoire. Certaines précautions spéciales sont ici indispensables cependant.

On pratique une incision de 2 ccntim. environ an-dessus de la fourchette sternale, ou dissocie les parties molles et on récline les muscles en recherchant la trachée au côté et en arrière de laquelle on trouve facilement l’artère. On la dénude sur une étendue de 1 centim. et demi, puis on passe une bandelette de papier, aussi large que possible, repliée plusieurs fois sur elle-même. Deux ligatures sont ensuite faites : une à la partie supérieure que Ton serre et noue soigneusement, uns inférieure en attente. Une fois l’injection faite, pendant que Ton retire la canule, un aide serre la ligature et la noue immédiatement. Au moyen du brûle-pcau porté au rouge sombre, on détruit toute la portion intermédiaire aux deux ligatures.

L incubation est plus longue que dans les formes musculaires.

Ce qui frappe ici c’est le désordre et l’incohérence des symp-

tômes.

Tout d’abord, l’animal roulé en boule, le poil hérissé, paraît malade sans présenter de signes caractéristiques ; à aucun moment on ne constate le frémissement vibratoire si habituel dans les formes viscérales. Si on le fait marcher, on le voit jeter les pattes de droite et de gauche, avançant en titubant comme un animal ivre.

A la période d’état l’attitude varie, mais moins rapidement que dans les formes viscérales ; tantôt 1 animal est roulé en houle, tantôt les membres postérieurs contracturés traînent a terre. 1 uis ces contractures disparaissent pour reparaître ensuite.

Dans presque tous les cas nous avons observé la contracture

permanente (le l’orbiculaire des paupières, plus ou moins prononcée. il n’y a pas photophobie, car cette contracture, qui peut aller jusqu’à l'occlusion complète, n’est pas modifiée par l’obscurité ou le changement d’intensité de la lumière. Vient-on à écarter les paupières, elles se referment aussitôt énergiquement. Les autres muscles de la face ne semblent pas intéressés.

Quand on saisit l’animal, il reste, par moments, complètement flasque dans la main, d’autres fois il est pris de convulsions cloniques ; enfin plus souvent, il est en proie à un spasme de contracture énergique généralisée, plus ou moins persistant mais non permanent, dans une attitude très variable.

La respiration n’est que peu ou pas modifiée par les manipulations.

La démarche titubante et ataxique est très spéciale, l’animal jette les pattes de droite et de gauche et avance péniblement comme s’il faisait un effort pour soulever les membres. Parfois il traîne le bassin à terre, d’autres fois il est soulevé sur les pattes écartées du corps.

Le trismus est de règle, très persistant ; il n’esl cependant pas permanent.

Faisons remarquer que 1/100 de centim. cube de toxine, qui est la dose sûrement mortelle sous la peau, tue également dans la carotide. Donc chez le cobaye la toxine tétanique paraît aussi active, qu’elle soit injectée dans le sang ou dans le tissu souscutané, tandis que chez le lapin il faut, pour amener la mort, injecter dans la veine 7 à 8 fois plus de toxine que sous la peau (1).

Nous avons voulu voir si, à l’inverse de ce qui se passe chez le lapin, en injectant dans la voie sanguine une dose de toxine, moindre que la dose mortelle, on pourrait déterminer la mort.

Ce n’était guère probable à priori, d’autant plus que les animaux inoculés dans la carotide avaient succombé en même temps que ceux qui avaient reçu la toxine dans la patte.

(1) Auo. Marie. Ann. de V Institut de Pasteur, Paris, 1897, p. 591.

Avec 1/100, 1/200, 1/500, 1/1000, de centim. cube de toxine, nous avons inoculé comparativement pour chaque dose deux

cobayes, lun sous la peau de la patte, l’autre dans la carotide.

Les deux animaux inoculés avec 1/100 seuls sont morts et à peu de chose près en meme temps.

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