‹ Étude expérimentale sur le tétanosChapitre 22 sur 29 · INJECTIONS DANS LE DIAPHRAGME · texte numérisé non relu

INJECTIONS DANS LE DIAPHRAGME

Technique opératoire. — Au niveau de la dernière fausse côte et suivant le rebord costal, nous pratiquons une incision de la peau de 3 centim. de longueur à partir de l’appendice xiphoïde.

Saisissant alors, au moyen d’une pince à griffes, le plan musculaire et le soulevant fortement, nous sectionnons la paroi dans toute son épaisseur, puis d’un coup de ciseaux en avant et en arrière de cette boutonnière, nous agrandissons l’incision ainsi faite qui répond exactement à celle de la peau.

En soulevant ainsi on évite à coup sur la blessure du foie et des intestins si l’animal est bien endormi.

Une pince à forcipressure placée sur la lèvre inférieure de la plaie, sert d’écarteur ; sur la lèvre supérieure nous plaçons [une autre pince parallèlement à l’incision qui enserre par suite la côte en suivant sa direction.

Enroulant cette pince par un mouvement de torsion autour de son axe, nous amenons ainsi à l’extérieur les insertions musculaires costales du diaphragme, dans lesquelles il est aisé d’injecter la toxiue. On voit se développer alors une boule d’œdème facile à suivre, et si l’on brûle l’orifice d’entrce de la canule, on peut être certain que l'injection a été purement pratiquée.

Comme toujours la suture se fait en 2 plans.

L’inoculation d’une dose bien plus considérable de bouillon stérile ne produit aucun symptôme.

L’incubation est la même que dans la forme musculaire, soit 18 à 22 heures en moyenne.

Le premier symptôme est une dépression très localisée donnant l’aspect d’un coup de hache latéral au niveau du point inoculé.

Cette dépression, très peu étendue verticalement, hémicirculaire, et répondant aux dernières côtes, devient rapidement profonde. Le sillon correspond manifestement à une contracture localisée aux derniers muscles intercostaux et aux libres musculaires costales du diaphragme .

Plus tard le diamètre vertical se trouvant raccourci notablement, il en résulte une courbure artificielle du rachis qui reste, comme la paroi abdominale, complètement souple.

Seul le moignon de l’épaule antérieure correspondant participe un peu à la contracture, en présentant une raideur légère très localisée, la patte restant tout à* fait souple.

La paroi thoracique du côté de l’injection est aussi presque complètement immobilisée. Plus tard la partie inférieure du thorax, du côté opposé, se déprime latéralement, la dépression est beaucoup moins profonde, moins brusque que du côté inoculé. La paroi est encore soulevée assez facilement pendant la respiration, mais il y a cependant, par comparaison avec un animal sain, une raideur avec rétraction notable,

Le diamètre transversal se trouve ainsi très diminué, le dia-

mètre antéro-postérieur n’étant pas sensiblement modifié ; il en résulte un aspect de thorax de poulet asymétrique.

L’attitude de l’animal, meme à la période ultime, ne diffère pas sensiblement de colle d’un animal sain, les pattes restant libres et les lésions nettement localisées au niveau du diaphragme.

Pas de frémissement vibratoire, de rebondissement, pas de spasme de contracture, comme dans le tétanos viscéral. La respiration semble accélérée au début, puis rapidement devient irrégulière et très embarrassée, «à type presque exclusivement abdominal. La dyspnée est alors extrême. Les côtes semblent péniblement soulevées par une très longue inspiration à laquelle succède une expiration beaucoup plus courte.

A la fin la bouche reste ouverte, distendue par moments par un grand bâillement spasmodique, les ailes du nez dilatées sont cyanosées ainsi que les lèvres, l’animal se tient soulevé sur les pattes de devant, la tête projetée en avant à chaque inspiration.

Le faciès exprime l’angoisse et l’asphyxie est extrême. La mort subite dans un spasme est alors fréquente, et vient-on à manipuler l’animal, qu’il meurt sur le coup.

Par moments, on constate un véritable hoquet par suite de la contraction brusque du diaphragme, suivi d’une longue apnée. La marche de la température est la même que chez les animaux inoculés dans la patte : la température s’élève considérablement et le cobaye meurt en hyperthermie.

Animaux inoculés clans le diaphragme avec de très faibles doses

de toxine.

Nous avons inoculé dans le diaphragme 3 cobayes avec J/200, 1/500 et 1/1000 de c.c. de toxine.

Le premier de ces animaux est mort en trois jours et demi, le deuxième en quatre jours.

Le troisième, qui seul a présenté une incubation plus longue

cjub Igs animaux inoculés avec 1 centième, est mort en sept jours avec les symptômes locaux les plus caractéristiques, très amaigri.

Dans cette expéiience, nous voyons qu une dose de toxine très faible, 1/1000 de centimètre cube, injectée dans le diaphragme amène la mort. La même dose, injectée dans un autre muscle, un muscle de la patte par exemple, causerait un tétanos local, sans aucune altération de la santé générale. Mais la contracture d’un muscle aussi essentiel à la vie que le diaphragme ne saurait être inofïensive, et on conçoit bien que la dose minime de poison capable de la provoquer amènera la mort par cela même.

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