INOCULATIONS DANS LE FOIE
Technique opératoire. — Nous sectionnons la peau transversalement au niveau de la base de l’appendice xiphoïde sur une largeur de 2 continu, puis saisissant la pointe de l’appendice, nous la soulevons pour le sectionner à la base. D'un coup de ciseau de chaque côté, et tout en soulevant pour éviter de blesser les viscères, on prolonge l’incision de la paroi musculaire en suivant le rebord costal, on saisit alors les deux lèvres de la plaie transversalement au moyen de. deux pinces à forcipressure qui servent d’écarteur.
Si L’on saisit entre les mors d’une pince à forcipressure le ligament suspenseur, sur la plus grande largeur possible, au ras du foie, il devient très facile d’introduire, auprès du ligament ainsi soutenu, l’écharde saisie entre les branches pointues d’une pince fixe, ou l’aiguille de la seringue.
Ou peut le faire moins sûrement en soutenant la face inférieure du foie au moyen d’une spatule, mais si le foie n’est pas maintenu, il est à peu près impossible de faire pénétrer le corps étranger, et môme difficile d’introduire une aiguille où et comme on veut.
L’écharde ainsi portée assez profondément, loin des gros vaisseaux, ne ressort jamais. 11 se produit une légère hémorrhagie qui, dans le cas d’injection de toxine, entraîne une partie de celle-ci et provoque du tétanos de la paroi abdominale (1|.
De plus, il est bien possible qu’une partie de la toxine, injectée dans un organe aussi vasculaire que le foie, pénètre dans le sang.
Nous ne décrirons pas le tétanos qui suit l’introduction d une écharde ou l’injection de toxine dans le (oie. Les symptômes et la marche sont semblables à ceux que nous avons déjà exposés longuement à propos du tétanos testiculaire.
(1) Nous avons essayé vainement l’emploi de divers artifices pour prévenir cette complication : fer rouge, gélatine, collodion, chlorure de calcium, etc.
Lorsque l’infection est produite au moyen de l’écharde, autour de celle-ci il existe une sorte de coque de deux millimètres d’épaisseur d’environ, à contour diffus, à paroi non ramollie, de couleur blanc sale. En raclant cet enduit, on voit qu’il renferme peu de leucocytes, de nombreuses cellules hépatiques dégénérées, des granulations, de nature graisseuse, qui se colorent en noir par l’acide osmique. En traitant par ce réactif, on voit de nombreuses gouttelettes de matière grasse extra-cellulaires. Le noyau des cellules dégénérées prend énergiquement la matière colorante, et son contour est très diffus.
Dans ce foyer on reconnaît de longs bacilles prenant le Gram dont certains présentent une spore ronde terminale. Ce sont les - bacilles tétaniques qui se rencontrent principalement auprès de la surface du foie, ils sont accompagnés d’autres espèces apportées par l’écharde qui ne se répandent pas au dehors du foyer. Pas de microbes dans le sang ni dans la rate.
Jamais de péritonite généralisée. Souvent quelques fines membranes au niveau de la plaie hépatique.
Une de ces échardes, inoculée peu après dans la patte d’un cobaye, lui a donné un tétanos musculaire classique.