INJECTION DANS LE PÉRITOINE
Technique opératoire. — Dans la première série d'expériences, nous avons injecté la toxine au moyen d’une canule double. Nous traversons d’abord la peau rasée et désinfectée puis le plan musculaire et péritonéal au moyen d’une canule assez courte (bouillie après chaque inoculation). Cette piqûre doit être faite latéralement de façon à constater plus facilement le tétanos local s’il se produit. Puis, par la lumière de cette canule, nous faisons pénétrer dans la cavité abdominale une canule mousse de 1 cent. 1/2 plus longue par laquelle nous faisons l’injection, nous retirons d’abord la canule
intérieure ,
En opérant ainsi nous étions certain de ne pas déposer directement de toxine au niveau du trou de l’aiguille, et cependant plusieurs fois nous avons constaté un tétanos musculaire local de la paroi apparaissant non avant les symptômes péritonéaux et très probablement du a 1 absorption de la toxine mélangée à l’exsudât péritonéal qui sortait parl’onfice d inoculation, car la plus petite quantité de poison tétanique suffit a donner une conti l
Dans les autres expériences nous avons réussi a cm i ^ ^ ])lessure
en nous servant d’une aiguille simple, très Imc qui ne . l| layon8
appréciable en traversant la paroi. Avant de retirer aigu , en injectant 2 centim. cubes d’eau stérilisée.
Symptômes — Les s
ymptômes principaux sont ceux que nous
avons décrits à propos du tétanos testiculaire (1), mais les troubles respiratoires et l’abaissement de la température sont encore plus accentués.
L’incubation est, dans la majorité des cas, plus longue encore.
Dans la période d’état de la maladie, le cobaye est assis sur le train postérieur demi-fléchi, arc-bouté sur les pattes antérieures en extension complète et portées en avant ; à chaque respiration, l’expression anxieuse du faciès manifeste l’angoisse résultant de la dyspnée. Par moments, celle-ci est si intense que l’animal s’élance en avant la tête haute, labouche largement ouverte semblant se précipiter à la recherche de l’air qui lui fait défaut.
La respiration, accélérée au début, se ralenlit bientôt, elle est surtout abdominale et devient très lente et embarrassée. Parfois elle s’arrête tout à fait pendant un instant, et l’animal peut succomber dans l’une de ces pauses causées d’ordinaire par un mouvement spontané ou provoqué.
L’inspiration, beaucoup plus longue et plus pénible que l’expiration, est fréquemment accompagnée d’un bâillement spasmodique qui distend tous les muscles de la face pendant que les paupières se ferment complètement pour se rouvrir pendant l’expiration ; chez quelques animaux ces bâillements sont incessants.
Le type de Cheyne-Stokes particulier que nous avons constaté dans la forme testiculaire est plus fréquent encore et s’accompagne d’une pause respiratoire complète.
Notons le frémissement vibratoire des muscles qui peut aboutir à des convulstions cloniques, le hoquet avec brusque contraction du diaphragme accompagnée d’un bruit laryngo-trachéal strident.
Le trismus est plus rare que dans la forme testiculaire, mais présente les mêmes caractères transitoires.
Enfin, très souvent pendant tout ou partie de l’agonie, on cons-
(1) Pour abréger, nous désignerons désormais la maladie par le nom de l’organe qui a reçu la toxine.
tate des mouvements rythmés assez lents, symétriques et simultanés des quatre pattes.
Tout mouvement provoqué accélère la marche de la maladie.
La température, au moment de l’agonie, peut descendre de Il et même L2 degrés au-dessous de la température initiale.
A l’autopsie, on ne constate jamais la moindre réaction péritonéale.