‹ Étude expérimentale sur les effets physiologiques des fluorures et des composés métalliques en généralChapitre 20 sur 22 · ADDITIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS

Acide fluorhydrique. — J'ai dit, page 18, que l'acide fluorhydrique n'exerçait, pour ainsi dire, aucune action sur les tissus épidermiques condensés, tels que les cornes, les ongles, etc.

Depuis, j'ai étudié de nouveau cette question et je suis arrivé à deux résultats importants que je vais faire connaître.

69e Expérience. — Je me verse, sur l'ongle d'un pouce et sur l'ongle d'un doigt médius, une goutte d'acide fluorhydrique concenlré, que j'y laisse séjourner pendant une demiheure. L'action locale est nulle. Mais trois heures après, je commence à sentir sous l'ongle du doigt médius une douleur un peu brûlante qui persiste jusqu'au lendemain. Je ne ressens rien encore au pouce ; ce n'est que vingt heures après l'application de l'acide fluorhydrique que j'éprouve une douleur semblable à la précédente.

Cette expérience est l'une de celles que l'on pourrait invoquer en faveur de l'imbibilion, phénomène sur lequel insistait Magendie. Elle prouve péremploirement que les canaux sanguins ne sont pas les seuls organes vecteurs des poisons, et explique ainsi le mode de nutrition de différentes parties de l'organisme dépourvues de vaisseaux.

70e Expérience. — Je fais macérer pendant huit join s Aei ongles de chien dans de l'acide fluorhydrique. M. Legros el moi nous les examinons ensuite au microscope, et nous reconnaissons bientôt que l'acide fluorhydrique est peut-être l<' meilleur réactif pour l'étude histologique de ce tissu épider-

— 1/lâ -

mique, et qu'il est préférable à la potasse et à la soude. Les cellules épidermiques ne sont pas altérées, mais elles sont devenues très- visibles, par la disparition de la matière amorphe qui les entoure.

Tels sont les deux résultats que j'ai cru devoir faire connaître. On voit qu'en suivant la méthode expérimentale, on découvre souvent des choses que l'on ne cherchait pas d'abord.

Carbonate de baryum. — On a vu, page 85, que j'avais commencé une expérience avec le carbonate de baryum. J'avais mêlé à la nourriture d'un rat 1 gramme de ce carbonate ; le premier jour il en mangea très-peu, et le second moins encore : il paraissait souffrant. Le troisième jour il éprouva de véritables symptômes d'ataxie locomotrice; il avait en même temps de la contracture et de la paralysie. C'étaient surtout les membres postérieurs qui étaient atteints. Enfin il mourut après avoir éprouvé quelques convulsions. Le rat avait absorbé environ 5 centigrammes du sel de baryum.

Ou voit que le carbonate de baryum artificiel, aussi bien que le carbonate naturel, peut faire périr rapidement les animaux. Je répéterai les expériences de Pelletier, qui n'a pu empoisonner des chiens avec le même sel obtenu artificiellement.

Relation entre la chaleur spécifique et le poids atomique. — Après avoir déterminé la chaleur spécifique de treize • corps simples, Dulong et Petit ont posé, en 1819, la loi suivante :

Les atomes de tous les corps simples possèdent la même vhaleur spécifique. En effet, désignons par G la chaleur spé-

cifique d'un corps simple, par c la chaleur spécifique d'un atome, par n le nombre d'atomes contenu dans l'unité de poids, et par p le poids atomique, il vient :

c——, et p——.

En multipliant C par p, on a Cxp=c. La chaleur spécifique d'un atome est donc égale au produit de la chaleur spécifique du corps simple par son poids atomique. Or, ce nombre c est une constante et est égal à 6,4.

Il en résulte que la loi de Dulong et Petit peut s'exprimer d'une autre manière, en disant que les chaleurs spécifiques des corps simples sont en raison inverse de leurs poids atomiques. C'est pourquoi, d'après cette dernière définition, ma loi atomique peut s'énoncer aussi en disant que les métaux sont d'autant plus actifs que leur chaleur spécifique est plus faible.

Cette relation entre l'activité des métaux et leurs capacités calorifiques fera, sans doute, surgir de nouvelles et de nombreuses expériences.

Page 1