‹ Étude expérimentale sur les microbes des eaux, avec applications a l'hygiène sanitaire de la ville de LyonChapitre 4 sur 9 · LES EAUX DE LA COMPAGNIE · texte numérisé non relu

LES EAUX DE LA COMPAGNIE

Un court aperçu de la topographie de la ville de Lyon nous semble indispensable avant d’entrer dans le cœur de cette étude.

Traversé par deux cours d’eau, Lyon comprenddes quartiers bas et des quartiers hauts. Ces derniers sont situés sur les deux collines au pied desquelles coulent les deux fleuves : d’un côté le coteau de Fourvières, de l’autre le plateau de la Croix-Rousse.

L’étude géologique faite par notre maître, M. le D'' Depéret, professeur à la Faculté des sciences de Lyon (1), a montré que le sous-sol de la ville était formé presque partout par les éléments du terrain primitif, et spécialement le gneiss, qui continue la

(1) In Archives d’hygiène. « Comptes rendus de la Société d’hygiène de Lyon » , par M. Lacassagne.

chaîne hercynienne. Sur la rive g’anclie du Rhône, les Rrotteaux, la Guilloiière et la Mouche, le gaieiss n’a pas encore été démontré, quoique son existence soit très prohal)le ; h sa place, on trouve une couche imperméable d’argile bleuâtre. •

Dans les quartiers bas, au-dessus de la couche imperméable, sont des sables et des graviers grossiers très perméables, imbibés d’eau communiquant librement avec le Rhône et la Saône. A Vaise, ces sables sont remplacés par des alluvions quaternaires. Les collines, au-dessus de leur sous-sol de gneiss, présentent des alluvions pliocènes surmontées, ellesmêmes par des boues glaciaires imperméables, à la surface desquelles les eaux d’infiltration s’écoulent, sans qu’il y ait à proprement parler de nappe souterraine.

Au point de vue de la perméabilité, les sables et les alluvions sont très perméables et filtrent les eaux d’une manière assez grossière, ce qui explique que les puits creusés à leur intérieur soient influencés par les crues. L’argile, le gneiss, et d’une manière générale, les éléments du terrain primitif soiit imperméables.

Les eaux du Rhône, avant d’être livrées a la consommation par la Compagnie, sont au préalable filtrées par leur passage à travers une épaisse couche de sable et de graviers, et arrivent dans des galeries dites de filtration, creusées à Saint-Clair, parallèlement au lit du fleuve ; de là, cette eau est emmagasinée dans dans des bassins filtrants, dans lesquels plongent des tuyaux servant à amener cette eau dans

des réservoirs au moyen de pompes d’aspiration. Puis une canalisation, partant de ces Ijassins, effectue la distribution dans les diverses parties de la ville.

Au point de vue de la fourniture, on distingue le haut service, c’est-à-dire les collines, (|ui sont alimentées par le réservoir situé au haut de la colonne de Montessuy, et le bas service, qui est desservi par divers réservoirs installés en plusieurs points du coteau de la Croix-Pousse.

Quelle est la valeur de ces eaux au point de vue hygiénique?

Le Rhône, né de glaciers dans le massif du mont Furca, traverse une partie du Valais pour se jeter dans le lac Léman, au voisinage de Saint-Gingolph, en un point connu sous le nom de fond du lac. Il dépose là les impuretés qu’il a pu recueillir sur son parcours et son embouchure, môme en dehors des saisons pluvieuses, se marque par une large tache jaunâtre qui tranche d’une manière très sensible avec la limpidité du Léman. Après avoir traversé ce lac dans sa plus grande longueur — et il mettrait plus d’un siècle avant de déboucher du lac — le Rhône ressort à Genève, et à partir de ce point il devient réellement intéressant pour nous.

Sur son trajet, en effet, il reçoit diverses impuretés et ses affluents lui en apportent également. C’est ainsi qu’à Lyon, le Rhône, après avoir traversé la ville de Genève (68,000 habitants), qui depuis quelques années emploie le système de « tout à l’égout, » et diverses villes de moindre importance, notamment Seyssel (1,184 habitants), a reçu les eaux de l’Arve, qui lui a

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