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DÉGÉNÉRESCENCE DE LA MEMBRANE

On peut bien appeler de ce nom ces transformations dont la membrane est souvent le siège et qui font de la substance organisée qu'est la paroi cellulaire, une matière complètement amorphe. Cette expression est d'autant plus justifiée, que la membrane naît d'un processus inverse, puisque, pour la former, les matériaux produits par l'activité du, protoplasme prennent peu à peu la forme organisée.

La forme la plus simple de cette dégénérescence est une hypertrophie de la cellule, se produisant dans le voisinage des vaisseaux morts et donnant des hernies parfois volumineuses qui pénètrent dans ces éléments et finissent par les obstruer complètement. Ce sont les /hylles, dont l'apparition précède souvent celle de la gomme.

D'autres fois, l’altération de la membrane est plus profonde et plus rapide à la fois, et donne naissance à ces produits demi-solides qu'on appelle les gommes ou les mucilages, ou bien encore elle produit des résines ou des essences. Enfin le terme le plus avancé de cette dégénérescence est la dissolution pure et simple de la paroi cellulaire. Tantôt c'est la callose qui se liquéfie, comme cela a été dit déjà tantôt ce sont des membranes pecto-cellulosiques, celles de certains albumens par exemple, dont la dissolution par une diastase est liée à l'acte de la germination.

Ces altérations sont souvent pathologiques et témoignent d’un état maladif de la plante ; mais il n’est pas rare qu'elles soient simplement physiologiques et aient alors un rôle bien déterminé dans la vie du végétal. C'est ce qui se produit pour la gomme, dont l'apparition a souvent son utilité ; mais c’est surtout le cas de la liqué-

faction des albumens, phénomène non seulement normal mais encore indispensable, puisqu'il concourt à un but essentiel, la nutrition de l'embryon.

Nous allons passer en revue ces diverses formes de la dégénérescence de la membrane.

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nn: Lorsque les vaisseaux du bois sont hors d'usage et ne servent plus à conduire la sève, les cellules du parenchyme ligneux, qui D: les bordent, prolifèrent à travers leurs ponctuations et, forment des hernies qui, grossissant de plus en plus dans l'intérieur du vaisseau, e: : finissent par le remplir. Le phénomène est dù à la pression 1 osmotique de ces cellules qui, n'étant plus équilibrée du côté du vaisseau, force les membranes minces du parenchyme à se dilater el à pénétrer dans les seuls passages qui se présentent à elles: les de pores du vaisseau. Ce phénomène, lout à fait normal, se produit 1104 parfois avec une grande régularité ; c'est ce qui a lien dans le faux

} 4 Acacia (Robinia pseudo-acacta), où il commence, à chaque automne,

3 dans lous les vaisseaux nés au printemps. Très souvent aussi, il se

er. produit à la suite d'une simple section de tige, feuille ou racine.

“+ Tous les vaisseaux d'un cep de Vigne ou d'une tige de Balisier que 4 l'on vient de couper, se remplissent de thylles dans le voisinage de

“4 la section. Le phénomène précède ici la formation du liège de cica- 14 trisation de la blessure.

Les grains d’amidon et autres produits figurés rencontrés dans / les vaisseaux, n'ont pas d'autre origine que les cellules des thylles. 4 Chemin faisant, ces diverticulum se séparent par une cloison de la ‘4 cellule qui lui a donné naissance, et munis d'un noyau, ils peuvent +123 se diviser et constituer une sorte de nouveau parenchyme dans le conduit vasculaire.

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Les gommes sont extrêmement voisines des composés pectiques par leurs propriétés chimiques, l'acide pectique constituant, en effet, une grande partie de la gomme adragante, et l'acide métapectique ayant été identifié à l'acide arabique de la gomme arabique.

Les travaux de Manein sur les composés pectiques devaient l'amener à déterminer la véritable origine des gommes, et on lui doit de connaître le lien étroit qui les relie à la membrane cellu- Rire.

Leur production, comme d'ailleurs celle des mucilages, est le résultat d'une transformation moléculaire de la membrane pectosique, et, dans certains cas, comme dans la gomme adragante, il Sy mélange la partie cellulosique plus où moins gonflée et dissociée de la paroi cellulaire. Sachant comment les composés pecti- ‘ques passent, peu à peu, de l’intérieur de la cellule dans la lamelle moyenne et comment, par suite, une parlie de la membrane devient de plus en plus riche en ces produits, on est amené à voir dans la gommificalion un processus normal mais exagéré dû à l'activité du protoplasme, sous une influence encore inconnue, el l'on comprend Comment s'usent les matériaux protoplasmiques et la cellule tout entière à une production aussi intensive de substance. Aussi la désorganisation totale d'un tissu quise gommifie est-elle souvent la conséquence de ce phénomène.

* L'étude des thylles conduit à une des formes les plus intéressantes de la formation de la Somme. Dans la Vigne, comme aussi dans certaines Rosacées, chez le Cacaoyer, dans l'Acacia Vereck, elc., les cellules de bordure des vaisseaux, même d'éléments très jeunes, produisent de la somme par un épaississement de la paroi contiguë au vaisseau. Sous l'effort exercé par celle gomme accumulée contre la fine membrane des poncluations vasculaires celle-ci se rompt, el le produit gommeux s'épanche dans le vaisseau, en

ET

revêt la paroi interne, et sa masse s'accroît bientôt rapidement. C'est ce qui a fait croire pendant longtemps à une dégénérescence de cette paroi. Il y a bien, en effet, une altération, mais elle ne porte, comme on vient de le voir, que sur la membrane des cellules de bordure. PRiceux (5) avait d'ailleurs déjà établi, en 1875, que la membrane des vaisseaux détenteurs de gomme n'est jamais altérée el que celle-ci provient des cellules voisines. I] n'avait pas PRES plus avant l'étude du phénomène.

L'étude de ces thylles gommeuses, comme les a nommées Mançin (4), montre encore un autre fait intéressant: c’est que l'apparition de la gomme n'est nullement liée ici à une infection microbienne. I n'y a pas de gommose bacillaire, comme on l’a dit à propos de la vigne notamment, et si l'on constate la présence de bactéries dans les üssus des vignes, c'est pour se nourrir de la gomme et non pour

en provoquer la formation.

Les thylles ordinaires, dont le mode de développement a été décrit plus haut, produisent souvent, elles aussi, de la gomme dans les vaisseaux qu'elles ont envahis. Mais, en dehors de ces cas particuliers de formation de la gomme,quede nouvelles recherches feraient sans doule rencontrer ailleurs, elle se produit généralement par d’autres processus qu'il convient d'examiner. Après les travaux de Huco Mouc (6), de Wicanp (7), de Fraxk (8), qui indiquaient déjà

les relations existant entre la désorganisation de la membrane et

l'apparition de la gomme; après les études de Maxi (2. ce.) montrant la vraie nature de ces relalions et signalant surtout les composés pecliques comme la source de la sécrétion gommeuse, les recherches de Lurz (9) ont fait connaître la marche de l'affection gommeuse dans les Acacias et dans les arbres fruiliers de nos pays, et la part qu’y prend, suivant les tissus, chaque partie de la membrane.

La gommose peut se manifester dans toutes les parties de la plante. Elle se montre tout d'abord dans le cambium au début de

la période secondaire, puis gagne les éléments du liber et ensuite

les fibres du bois. Ce n’estqu'en dernier lieu que s’altèrent le paren-

chyme corlical, les fibres péricycliques, et finalement les vaisseaux

du bois.

A un élat plus avancé, se montrent les lacunes dans lesquelles

s'accumule la gomme et qui la laisseront transsuder au dehors. Chez les Acacias, ces lacunes se forment uniquement dans l'écorce,

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