‹ Étude générale de la membrane cellulaire chez les végétauxChapitre 20 sur 117 · MATE · texte numérisé non relu

MATE

CorRExs (6, 329) fait remarquer qu'il en est absolument de même pour les fibres libériennes du Quinquina.

Lorsque l'eau détermine l'apparition des strates, celles-ci doivent disparaître par la dessiccation. C'est ce qui arrive notamment pour les grains d'amidon. Mais il en est tout autrement avec les éléments scléreux d'un Quinquina ou d'un Podocarpus, si on vient à les déshydrater par l'alcool. Dans ce cas la stratification persiste dans toute sa netteté. |

On ne peut guère attribuer ce résultat à une contraction des strates les plus riches en eau, contraction telle, qu'une fois les strates déshydratées,elles apparaîtraient comme une série de sillons concentriques. Les oppositions de lumière sont trop marquées pour qu'il en soit ainsi.

Une autre raison qu'on pourrail invoquer, c'est la présence de fentes entre les strates. Ces fentes contiendraiïent de l'eau, tant que la membrane est imbibée et de l'air, lorsque elle est desséchée, et, dans les deux cas, on s’expliquerait que la stratification fût toujours visible. Mais il est un cas, pourtant, où elle devrait disparaître, c'est lorsqu'on monte les coupes dans un milieu dont l'indice de réfraction est voisin de celui de la membrane, el, dans ce cas,comme dans les précèdents, l'aspect de la préparation est toujours le mème,

Il ne reste donc qu'une seule hypothèse possible : admettre que les strates minces et sombres diffèrent des strates épaisses el claïres par leur constitution chimique. SrRAsBURGER (2, 566), qui a cherché à vérifier cette hypothèse en se servant des cellules de la moelle de Clemalis Vitalba, a éclairé d'un jour tout nouveau cette question intéressante. Dans ces cellules, l'alternance des strates est des plus régulières et en même temps facile à observer, comme on l’a déjà fait remarquer. En les gonflant par l'acide sulfurique, on constate que les strates plus épaisses et plus denses sont formées d'un certain nombre de lamelles qu'on n'aurait pas pu distinguer sans réactif.

Les zones les plus minces ne sont, au contraire, formées que d'une seule lamelle, et cette lamelle est constituée par de petits bâtonnets disposés à côté les uns des autres (fig. 11): c'est la

lamelle de jonction [1] (Anschlusselamelle), chargée d’unir deux

(1) Je traduis le mot d'après les indications que M. Strasburger lui-même a bien voulu me donner (Lettre du 3 janvier 1904).

— En

strates voisines. Ces lamelles peuvent être contenues, en un certain nombre, dans l'épaisseur de la membrane.

Toutefois, jamais celle-ci ne montre de lamelle de jonction sur son côté interne, ce qui prouve que chaque nouvelle strate d'épaississement ne se termine pas par elle, mais qu'au contraire c'est par

une assise à bâtonnets qu'elle débute.

La zone la plus interne, ou pellicule limilante (Grenzhaütchen),

la dernière formée, est toujours aussi la plus réfringente. Il ne

s'agit pas ici de la dernière lamelle, mais de la dernière strate limitée vers l'extérieur par sa lamelle de jonction, vers l'intérieur par le protoplasme et constituée, comme on l'a déjà dit, par plusieurs lamelles.

Quant à la nature chimique de la lamelle de jonction, l'emploi de réactifs comme la phloroglucine et l'acide chlorhydrique ou le chlorure de zinc iodé, montrent qu'elle est un peu différente de celle des autres strates. Avec la phloroglucine par exemple, elle se colore plus fortement en rouge, ce qui indique une lignification plus prononcée.

Fig. 11. — Un fragment

de la paroi d'une cellule de la moelle d'une tige déjà assez âgée de Clematis Vitalba On aperçoit les diverses lamelles de jonclion.

En «a les bâtonnets de l’une d'elles sont développés d’une facon peu commune (SRASBUR- GER).

Ces recherches montrent, par conséquent, que ces différences, dans la constitution chimique, peuvent jouer un certain rôle dans le phénomène de la stratification.

En résumé, nous reconnaîtrons, avec Correns (/. c.), deux causes possibles à la structure stratifiée de la membrane :

1° Elle est due à des différences d'hydratation et disparaît alors par dessiccation; c'est le type représenté par le grain d'amidon ;

2 Elle tient à des différences dans la constitution chimique. Les strates persistent par dessiccation. C'est le type Podocarpus.

Il est certain qu'entre ces deux types, il y a une foule d'intermédiaires.

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