A.— LE NOYAU ET LA FORMATION DE LA MEMBRANE
Un des premiers, Kiezs (4) a montré la nécessité du noyau, pour qu'une masse de protoplasma puisse se revêlir d’une membrane. Si on divise en plusieurs fragments le protoplasme d'une cellule de Spirogyra,de Zygnema où d'OŒdogonium, les amas protoplasmiques contenant le noyau s’entourent d’une nouvelle membrane, regénèrent la cellule et pourront s'allonger par la suite ; ceux qui n’en renferment pas, ne tardent pas à périr. Quant à cette fragmentation du protoplasme, elle est obtenue facilement, en plasmolysant les cellules au moyen d'une solution de sucre à 15 ou 25 °/..
HagerLanpr (2,23) a fait une observation du même genre sur des poils de certaines Cucurbitacées. Le protoplasma des cellules s'y
divise souvent en deux parties par suite d'un épaississement localisé
des parois latérales (fig. 15). Après celle division, si la formation
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de la membrane continue, c'est la partie contenant le noyau qui produit les couches nouvelles.
Lorsqu'il y a plusieurs noyaux dans une cellule, comme dans les Vaucheria, les Siphonocladus, les Valonia, il était intéressant de savoir s'il suffit d'un seul de ces petits noyaux pour produire la membrane ou s'il est nécessaire qu'il ÿ en ait une certaine quantité. Scamirz (Æ) répond à la question en montrant qu'un seul noyau suffit, dans ces condilions, pour que la membrane prenne naissance.
A côté des résultats que nous venons d'énoncer, ceux de PALLA (5) paraissent en contradiction complète ; mais nous verrons plus loin que cette contradiction n'est qu'apparente. En
5 plasmolysant des feuilles d'Elodea Canadensis,
cs ; des poils radicaux de Sinapis alba, des rhizoïdes
æ- de Marchantia polymorpha ou des filaments Fig. 15. — Cellule ; d'OŒdogonium, on obtient, comme nous l'avons d'un poil de Sicyos y Half me d | angulatus. — Le
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te vu déjà, la fragmentation du protoplasme. bb le eat LE 1 ONE .
“100 PazLa a vu chacun de ces fragments s’entourer divisé en deux moi- D d'une membrane, qu'il soit ou non pourvu d'un tiés dont l'une, celle 2: Fe s | Il | | er qui contient le e noyau, Les grains de pollen donnent des résul- REA
7 tats tout à fait analogues. Si on en place quel- tée (HABERLANDT). ques uns dans une solution de saccharose, une
rupture se produit, au moins en un point du grain de pollen, et le protoplasme, entraînant les deux noyaux, fait saillie au dehors. Il arrive alors très souvent que la masse protoplasmique restée dans le grain se sépare de celle qui a fait hernie par une plaque de cellulose ; elle se divise ensuite en nombreux globules, et chacun d'eux, malgré l'absence de noyau, s'entoure d'une membrane.
Pour expliquer la formation de la membrane sur des masses protoplasmiques sans noyau, dans les expériences de PALLA en particulier, on a donné plusieurs raisons. On a supposé d’abord que la porlion de protoplasme dépourvue de noyau et séparée de la masse proloplasmique primitive conservait néanmoins l'influence du noyau ; on a admis également que cette influence pouvait se lransporter d'une cellule à l’autre ; que dès lors si un amas de protoplasme non nucléé el contenu dans une cellule se revêt d'une mem-
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brane, c'est grâce à l’influeuce du noyau demeuré non loin de lui, dans la même cellule, ou encore à l’action des noyaux des cellules voisines.
Towxsen» (9), dans une série de recherches fort bien conduites, a donné, depuis peu, l'explication de ces phénomènes et montré leur véritable nature.
Dès les premiers essais entrepris sur ce sujet, on avait remarqué, sans y ajouter une grande importance, que la séparation complète des fragments de protoplasme obtenue par plasmolyse n'était
qu'apparente. Les masses protoplasmiques, qui
ha paraissent isolées, au premier coup d'œil, sont
en réalité reliées les unes aux autres par des
filaments très délicats et presque invisibles (fig.
16), qu'HormeisTEr (10, 71) observa le premier en 1867.
En plasmolysant même fortement, on ne détruit pas les fils de communication, et, à la condition que le protoplasme reste vivant, il se forme, à sa surface, une membrane dans les fragments contenant lenoyau comme dans ceux qui n'en renferment pas. Ce qui se passe entre les fragments d'une même cellule peut se passer aussi entre deux cellules voisines, et ici, ce sont Fig. 16. — ÆElodea Jes liaisons protoplasmiques, dont il sera ques-
Gore ea ttion plus loin, qui maintiendront la commu-
lules montrant les 3
filamentsquirelient nication. Il y a, par conséquent, influence de
entre elles les sphè- cellule à cellule.
Dr ne On ne pouvait la mettre en évidence qu’en
(TOWNSEND). rompant les communications et montrant
qu'alors celte influence ne s'exerce plus.
C'est ce qu'a fait TownsenD, qui provoquait la rupture des filaments protoplasmiques, soit en les soumettant à une certaine pression, soit, plus simplement, en les sectionnant.
Il a d’abord bien établi que si on soustrait une masse de protoplasme à l'influence de tout noyau, mème des noyaux environnants, elle ne forme jamais de membrane. Il suffit pour cela de détruire autour d'elle les protoplasmes et les noyaux des cellules
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voisines. On la voit, dans ces conditions, vivre encore pendant un certain temps, mais ne jamais donner de membrane.
Dans ce même ordre d'idée, les essais sur des cellules disposées en série sont particulièrement instructifs. Avec des rhizoïdes, par
exemple, dans lesquels le protoplasme a été fragmenté et le noyau éliminé, s'il se forme parfois autour de certains fragments une nouvelle membrane, c'est à la base du rhizoïde en communication avec les cellules voisines (fig.