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les cellules de la moelle du Dahlia variabilis. La striation est très apparente si on gonfle la membrane par les acides forts ou les alcalis, ou encore si on la traite par l’action successive de l'acide sulfurique et de l’iode. L'observation attentive montre qu’en réalité, ces stries sont des spires orientées dans le même sens, pourune même assise de la membrane, mais qui, lorsqu'elles ont des sens, différents, appartiennent à des assises différentes. C'est leur superposition qui donne l'aspect de stries croisées.
Le phénomène dont il s’agit et qui réside forcément dans les propriétés optiques différentes des substances formant des stries, comporte diverses explications que l'on peut ainsi résumer : cette différence dans les caractères physiques de chaque strie peut se produire entre la membrane et le milieu ; d'inclusion, dans lequel elle est plongée, ou bien au sein même de la membrane et grâce à des varialions alternatives dans sa conslitulion.
Le premier cas est celui où la membrane subit un épaississement localisé, suivant une ligne spiralée (fig. 32). Il en résultera, entre les parties en saillie dis-
Fig. 32. — Striation (cannelures internes) d'un vaisseau d'une branche de
sillons dans lesquels pénètrera le liquide Pinus sylveslris vu de face
(CORRENS).
posées comme les Lours d’une vis, des
d'inclusion employé. Dans ce cas, la stria- Lion sera plus ou moins marquée suivant la profondeur du sillon et l'indice de réfraction du milieu. Si celui-ci est plus réfringent que la membrane, les sillons apparaîtront comme des saillies, et en supposant qu'on se serve de liquides de moins en moins réfringents, ces saillies s’atténueront progressivement, pour disparaitre complètement, quand l'indice de réfraction du milieu sera égal à celui de la membrane. Toute striation s'efface donc, à ce moment-là, On peut rattacher à ce mode de striation, et comme un cas particulier, celui où le phénomène est dû à des fentes qui peuvent être pleines d'eau et traversent, dans loute son épaisseur, une des assises de la membrane. C'est ce qui se produirait si chaque assise élait formée d'un ruban enroulé en spirale, autour de la cellule, mais dont les tours de spire ne se toucheraient pas.
Dans le deuxième cas, là striation tient à des différences optiques
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de la membrane elle-même. Ces différences peuvent reconnaître deux causes : il se peut que des stries formées d'une seule et mème substance montrent, en alternance, des propriétés optiques différentes, par suite d'une teneur différente en eau ; ou bien, que deux stries voisines, renfermant aulant d'eau l'une que l'autre, soient constiluées par des substances très différentes, au point de vue de leur pouvoir réfringent.
En résumé, les causes de la striation peuvent être rangées sous deux chefs principaux :
1° Striation due à une sculplure de la membrane, c'est-à-dire à des sillons ou cannelures ;
% Strialion due à une différenciation de la membrane. À
A. — Cette différenciation porte sur l’inégale teneur en eau des stries.
B. — Les stries renferment la même quantité d'eau, mais sont formées de substances ayant un indice de réfraction différent.
En réalité, ces divers cas peuvent se trouver combinés les uns avec les autres.
Il était nécessaire de poser tout d'abord ces notions, pour pouvoir suivre la série des recherches faites à ce sujet.
C'est Mir8ez (4) qui s'aperçut, le premier, de la striation de la membrane el ia découvrit, en 1835, dans les fibres péricycliques du Nerium Oleander. 11 comparail l'aspect de ces cellules à la peau écailleuse d’un poisson. Mo (2) en fait, peu après, une description plus exacte et déjà se demande si les deux systèmes de stries à directions opposées se traversent réellement. Acarpu et CRUGER (4), cherchent à expliquer cette striation en admettant l'existence de ce qu'ils ont nommé des « fibres primitives », tandis que Wiçanp (5) attribue le phénomène à un plissement de la membrane et explique ainsi la striation de la paroi, chez les cellules de beaucoup d'algues et des Vinca. Scuacur (6) manque de clarté dans les explications qu'il essaye de donner. Il parle tantôt de régions épaissies de la membrane, Lantôt de places condensées, entre lesquelles on ne sait ce qu'il faut choisir. C’est alors que NaEGezt (7), en émettant ses grandes théories sur la constitution de la membrane, rapporte la strialion comme la stratificalion, à l'alternance de lamelles hydralées à divers degrés. Son hypothèse entrainait le fait, que des stries
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de sens différents, se trouvaient dans une même lamelle el se croisaient donc mutuellement. Cette opinion prévalut pendant longtemps, lorsque Dippez (8) lui porta la première atteinte, dans un mémoire qui passa à peu près inaperçu. La facon dont Dippez explique Îla striation revient à peu près à l'hypothèse de Wiçanp. Il avait constaté dans les vaisseaux aréolés des Pinus la présence certaine de saillies spiralées, séparées par des sillons. Le fait, vérifié plus tard à plusieurs reprises, fut donc définitivement admis. Au sujet de l’entrecroisement des stries, il se séparait encore de NAEGELt, le système défendu par cet auteur étant tout à fait incompatible avec le sien. Plus ingénieuse encore, mais aussi moins exacte, est l'hypothèse de SrRASBURGER (10),qui donne du même coup, comme on l’a déjà vu, la raison de la stratification et de la striation. Strasbürger admet que chaque assise de la membrane est formée d'un ruban enroulé en spirale. Les tours de spire se touchent en des « lignes de contact » (contactlinien) correspondant aux stries de la membrane. Il suppose que, d'une lamelle à l’autre, le sens de la spire peut changer, d'où le croisement des bandes, croisement qui n’est qu'apparent comme on le voit. Wiesner. (44) fait concorder la striation avec ses vues toutes particulières sur la constitution de la membrane, et la rapporte à l'alternance de deux substances chimiquement différentes : les dermatosomes (v. chap. Théories) et leur substance d'union.
L'opinion de KraBge (46),qui esl un moyen terme.entre celle de NawGect d’une part, et, d'autre part, celle de DippeL et STRASBURGER, n'apporte aucun éclaircissement à la question.
C'est à CorRens (47) qu'il faut arriver, pour la voir étudiée de très près el pour trouver, dans la bibliographie du sujet, des documents de quelque importance.
Correns reprend, une à une, les hypothèses lancées au sujet de la striation, les discute et les juge au moyen de ses propres observations.
Dans certains cas, la striation est due, sans aucun doute, à des spires d'épaississement ; c'est ce qui arrive pour les vaisseaux du bois des Conifères, et, sur ce point, les vues de Dirpezse montrent parfaitement exactes. C'est par un procédé fort semblable, par un plissement, que se produisent les stries qu'on observe si souvent sur la cuticule des feuilles.