‹ Étude générale de la membrane cellulaire chez les végétauxChapitre 56 sur 117 · CELLULOSE PROPREMENT DITE · texte numérisé non relu

CELLULOSE PROPREMENT DITE

Dans la membrane végétale où sa structure est organisée, la cellulose se montre biréfringente et fournit des couleurs d'interférence. Elle ne présente pas ces caractères lorsqu'elle a été extraite de la membrane par l'action des dissolvants, et en particulier par le réactif de ScuwelzER.

Nous ne reviendrons sur ses caractères chimiques que pour indiquer sa composition, qui correspond à la formule CSH1°05, On admet toutefois que sa molécule est plus grande que celle de l’amidon. Comme on a proposé pour celle-ci la formule (CFH°05)*, celle de la cellulose serait au moins (CSH10%)% Torrexs (1).

(1) Pour les autres caractères chimiques de la cellulose, voir encore Cross et Bevan : Cellulose an outline of the chemistry of the structural elements of Plants, 1903

Cristallisalion de la cellulose dans la cellule

Girson (L. c.) a pu obtenir la cellulose à l’état cristallisé en la dissolvant dans le réactif de Scaweizer. Pour y arriver, il est bon de choisir des objets ne contenant que peu ou pas d'amidon, subslance qui se laisse difficilement extraire des cellules et a l'inconvénient de se colorer par les réactifs de la cellulose. Il faut ensuite vider entièrement les cellules de leur contenu, de façon à ce qu'elles soient réduites à leurs membranes, et le meilleur moyen d'y arriver est encore d'employer l'eau de Javel, en lavant ensuite parfailement à l'eau disüllée. Le proltoplasme et le noyau sont ainsi dissous. Si les cellules contenaient des corps gras, il faudrait au préalable traiter les coupes par l'alcool, puis par l’éther. Les coupes doivent êlre de grosseur moyenne : si elles sont trop fines, elles ne résistent pas à l'action des réactifs et se désagrègent ; si elles sont trop épaisses, l’action des réactifs, pour être complète, doit être prolongée, ce qui nuit à la netteté des préparations.

Après avoir ainsi préparé les coupes, on les introduit dans un godet contenant de la liqueur de Senwæizer (1) et que l'on peut fermer herméliquement. Suivant les objets à examiner, l'action du réacUf doit être plus ou moins prolongée. En général, douze heures de contact suffisent.

On décante ensuite lentement la liqueur ; les coupes, qui ont pris une consistance plus ou moins gélatineuse, se maintiennent au fond du godet, On remplit alors celui-ci d’ammoniaque liquide, on ferme el on laisse reposer pendant une demi-heure. On décante une seconde fois,on remplace par de l'ammoniaque fraiche, en

(1) Le meilleur réactif et le plus rapidement préparé est celui qu'on obtient par le procédé de PELIGoT. On place de la tournure de cuivre dans une allonge à robinet dont le goulot est fermé par un bouchon à l'émeri. On verse une dissolution d'ammoniaque concentrée de manière à mouiller la tournure, puis on fait écouler lentement le liquide, pour le reverser de nouveau sur la tournure, en recommencçant cette opéralion à plusieurs reprises,

jusqu'au moment où l'on obtient un dissolvant énergique du coton. Le réac-

tif doit être conservé à l'abri de la lumière et, au moment de s'en servir, on le fait passer une ou deux fois dans l'allonge contenant la lournure de

cuivre.

Dre TE laissant reposer une dizaine de minutes seulement, et on renouvelle ce traitement jusqu'à ce que les coupes soient à peu près incolores, puis on les lave plusieurs fois à l’eau distillée.

Après décantation du réactif de Scawerzer, la liqueur qui imprègne encore les membranes garde de la cellulose dissoute. On pourrait précipiter cette cellulose par de l’eau distillée, et on obtiendrait alors dans l'intérieur des cellules une masse amorphe et plus ou moins verdâtre à cause des composés cuivriques insolubles qui la souillent. En lavant, au contraire, à l'ammoniaque, avec précaution, mais d’une façon aussi parfaite que possible, on dissout les composés cuivriques el la cellulose précipite lentement.

Il est bon de la colorer pour observer plus aisément les cristaux qui se forment, el celte coloration peut se faire soit par le chlorure de zinc iodé, soit Te, par le rouge congo. Avec le premier réactif, il n'est pas inutile d'éclaircir, au préalable, les préparations en les à lavant à l'acide acélique ou N à l'acide chlorhydrique dilué. \

On ne devra pas leur faire ET} <K

subir ce dernier traitement

si on colore par le rouge

Fig. 43. — Astlrapea Wullichi. Cellules congo. parenchymateuses avec sphéro-cristaux Dans ces conditions on de cellulose (Gicson).

oblient de belles arbores-

cences ou des sphéro cristaux bleus ou rouges de cellulose (fig. 43). La cristallisation de la cellulose peut être obtenue avec tous les lissus pärenchymateux, surtout avec les parenchymes à grandes cellules, à la condilion qu'ils soient privés d'amidon, comme c'est le cas par exemple pour la racine de betterave.

Suivant la concentration de la liqueur ammoniacale employée, les cristaux oblenus seront groupés d’une façon un peu différente. Avec l'ammoniaque à 5 °/,, on obtient de petits sphéro-cristaux, tandis qu'avec une solution à 10 °/,, on obtient des sphéro cristaux plus volumineux mêlés à des arborescences cristallines.

Oa constatera toujours que la cellulose cristallise dans l'intérieur

des cellules, très rarement dans les méats, ce qui montre bien, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, qu'elle est localisée dans l'intérieur des membranes, tandis que la partie externe est formée exclusivement par les composés pectiques.

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