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RÉACTIONS COLORANTES DE LA CELLULOSE

La cellulose soumise à l'action de l'acide sulfurique ou phosphorique concentrés et froids, ou à l'action du chlorure de zinc, donne divers composés parmi lesquels lamyloïde où hydrocellulose (Maxeix) est un des termes les plus importants, Ce corps avait reçu le nom d'amyloïde, à cause de la coloration bleue qu'ilprend, comme l'amidon, au contact de l’iode. C’est à lui qu'est due la coloration de. la cellulose quand on la traite par l'acide sulfurique et l'iode suivant le procédé de ScaLelnew, ou par le chlorure de zinc iodé, préconisé par Naceri dès 1858, et dont Barëswiz et Riccer ont indiqué la formule encore usitée aujourd'hui.

Si au lieu d'employer les colorants minéraux, on emploie des malières colorantes organiques, c'est encore à l'état d'hydrocellulose que l'affinité pour ces substances est maxima.

Il importe donc, chaque fois qu'on veut obtenir une de ces réaclions, d'amener exactement la cellulose à l'état sous lequel ces réactions s'effectuent le mieux. Mais tous ceux qui ont eu l’occasion de se servir des réactifs précédents, et notamment du chlorure de zinc iodé, savent à quels mécomptes il expose bien souvent, et quelles déceptions il réserve presque toujours aux débutants.

D'ailleurs, quelque frais et quelque bon que soit ce réactif, il est rare qu'il donne des résultats semblables. (la, de plus, l'inconvénient de ne produire la coloration bleue qu'au bout d'un certain temps, et plusieurs heures sont parfois nécessaires pour qu'elle se manifeste. L'acide sulfurique iodé est d'un emploi très délicat ; il gonfle les membranes et les altère s'il est trop concentré, ou n'a pas d'action s'il est trop dilué. £n outre, son mélange avec l'eau d'imbibition des membranes détermine une élévation plus ou moins considérable de température, de sorte que, dans les diverses parties de la coupe il est difficile d'avoir le mème degré de concentration el, par conséquent, de coloration.

Au cours de ses longues recherches sur la membrane, ManGin a pu préciser les conditions dans lesquelles doivent s'effectuer les réactions de la cellulose, et a doté l'histologie végétale de réactifs aussi certains que commodes à employer. Les insuccès proviennent presque toujours de ce qu'avant tout l'hydrocellulose n'est pas obtenue pendant la réaction. Si on emploie les acides pour la produire, ou bien ce but sera dépassé, parce que leur concentration est trop grande ; et alors les membranes se désagrègent et se dissolvent ou bien il ne sera pas atteint, parce que la concentration est trop faible. Si on emploie le chlorure de zinc ou d'autres chlorures métalliques, leur action élant moins énergique, il est rare qu'on dépasse le moment où l'hydrocellulose est formée ; le plus souvent ce degré de décomposition n'est pas atteint.

L'action des alcalis caustiques sur la cellulose est plus nette, tout en déterminant aussi la formation d'un corps facile à colorer. La transformation qu'on obtient, signalée d'abord par ScuLetpen (49), paraîl être analogue, sinon identique, à celle que donnentles acides. Elle sera toujours certaine et donnera les meilleurs résultats en se servant pour la produire d’une solution alcoolique salurée de potasse ou de soude. Il suffira d'ajouter ensuite la liqueur colorante, pour obtenir l'élection caractéristique de la cellulose.

Les réactifs colorants de la cellulose sont très nombreux et peuvent être groupés en deux catégories : les réactifs 1odés et les matières colorantes organiques.

Réaclifs iodés

Les premiers consistent en un mélange d'iode avec des acides ou des chlorures métalliques. Is donnent tous une coloration bleue, lorsque la cellulose a été amenée à l’état d'hydrocellulose. Ce sont le mélange d'acide sulfurique et d'iode de Scuceipex, le chloroiodure de zinc de Bareswize et Rizcer, le mélange d'acide phosphorique et d'iode de Muzper et HarriNG, le chlorure de calcium 1odé, le bichlorure d’élain iodé, l'acide iodhydrique iodé : ces derniers sont dus à

ManGix (9,10).

Matières colorantes organiques

Les matières colorantes artificielles, si nombreuses aujourd'hui et si employées dans la teinture des étoffes, peuvent être distinguées en deux groupes : l'un est formé de combinaisons dans lesquelles le colorant, à fonction basique, est uni à divers acides minéraux ou organiques ; l’autre constitue des composés dans lesquels le co lorant, à fonction acide, est utilisé à l'élat de sel alcalin.

Parmi ces derniers se trouvent des substances colorantes se fixant directement sur la cellulose, sans l'intervention d'un mordant.

Elles font partie de la série azoïque et renferment deux fois le groupement Az — Az. Leur nature acide et leur affinité pour la cellulose témoigne bien de la basicité de celle-ci (8).

On les distingue en deux séries. L'une, formée de colorants teignant la cellulose dans un bain acide où parfois neutre, et qui n’a pour elle qu'une affinité relativement faible. C'est l'Orserlline 88, la Crocéne brillante, le Noir naphtol, ete.

L'autre série est formée de colorants qui teignent la cellulose en bain alcalin et présentent une grande affinité pour elle : ce sont les couleurs de benzidine, de toluidine, de xylidine, etc., comme les rouges congo, l'Héliotrope, les Benzopurpurines, les Azobleus, les Azoviolets, les Benzoazurines, etc.

Ces matières colorantes, véritables sels, comme on l’a dit, s'emploient en solution aqueuse el se fixent rapidement sur les membranes à constitution voisine de l'hydrocellulose, comme c'est le cas pour les membranes du liber des Monocotylédons, de certaines fibres péricycliques, des cellules de la coiffe, etc.

Par contre, la cellulose de beaucoup d'autres tissus se colore difficilement ; mais il suffit de les traiter au préalable par les alcalis caustiques, pour que la coloration soit immédiate et se produise avec une grande intensité. |

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