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la nature de ce principe, qui détient ainsi l'un des caractères les plus importants des membranes lignifiées, on l'a ignorée jusqu’à ces dernières années.
L'idée la plus accréditée, tout d'abord, était qu'on avait affaire à la coniférine. Cette idée, émise par TremMann et Haarmann (16), eut surtout comme défenseurs E. TanxGz (47) et F. ne Hounez (18). Elle était basée sur celte circonstance, bien peu probante, que la réaction que l'on obtient en traitant la coniférine avec le phénol et l'acide chlorhydrique était à peu près la même que celle que donnent les tissus ligneux dans les mêmes conditions. On obtient, dans les deux cas, une coloration bleu-vert. Mais ce corps n'a jamais pu être extrait du bois et caractérisé d’une façon précise ; aussi, sa présence est-elle fort douteuse.
SINGER (20) n’en a pas moins continué à admettre l'existence de la coniférine dans le bois ; mais, reprenant une idée émise en 1880 par Wiwsxer, il crut devoir attribuer aussi à une autre substance, la vanilline, les réactions obtenues sur les membranes lignifiées.La vanilline se colore à peu près comme le tissu ligneux, en rouge pourpre par la phloroglucine additionnée d'acide chlorhydrique, en jaune par le sulfate d’aniline.
Ce sont là les meilleurs réactifs de la lignine. De plus, lorsqu'on fait bouillir pendant un certain temps des copeaux de Conifères avec de l’eau, on perçoit une odeur assez sensible de vanille, et la liqueur donne, avec la phloroglucine, la réaction dont on vient de parler. SinGer en conclut que le bois contient de la vanilline. Mais, jamais personne n’a pu extraire ce corps d'aucun tissu lignifié, et, comme pour la coniférine, on a de bonnes raisons pour mettre en doute son existence,
D'ailleurs, les réactionssur lesquelles on s’est, en partie, basé pour croire à l'existence de ces deux substances, sont loin d'être identiques à celles que donne le tissu ligneux lorsqu'il est soumis aux mêmes agents de coloration. Les teintes obtenues sont voisines, mais non semblables. C'est là un fait sur lequel ont, tour à tour, insisté NickeL (22) et SeLrwanorr (23), dans une critique sévère des conclusions de SINGER, et sur lequel Czapecr (24) est revenu tout récemment. En ce qui concerne la coniférine, ce savant a fait divers essais de coloration à l’aide du réactif préconisé par Morisca (27) pour la caractériser. Ce réactif est un mélange de thymol, d'acide
chlorhydrique et de chlorate de potassium. Le bois se colore rapidement en vert, comme l'a indiqué Mouiseu, mais la coniférine pure se comporte tout autrement. Il se fait d'abord une belle coloration violette, due sans doute à l'action de l'acide chlorhydrique, la teinte vire ensuile au rouge et finalement au rouge orangé.
CzaPEck a, d'autre part, essayé la réaction de la phloroglucine sur un grand nombre de substances de la série aromatique voisines de la vanilline, celles en particulier dérivées de la pyrocatéchine, et a constaté qu'un grand nombre de ces corps présentent, à l'égard de la phloroglucine, une bien plus grande analogie avec le bois que la vanilline. Ainsi, avec le safrol, l'alcool coniférylique, la syringénine, etc., la réaction colorée obtenue est tout à fait conforme à celle que donne le bois. 11 n'y a donc guère plus de raisons à admettre dans le bois la présence de la vanilline, que d'y supposer l'existence du safrol ou de l'alcool coniférylique. |
Une autre hypothèse sur la substance lignifiée de la membrane a élé émise par Iu (29), qui en attribue les réactions à l'aldéhyde cinnamique et à l'anéthol. Elle ne paraît pas reposer sur des bases plus sérieuses que les précédentes.
Le résultat le plus précis peut-être, auquel on soit arrivé dans celle voie, c'est de montrer, comme l'ont fait HeGLer (314) et SeLiwanorr (23), qu'en traitant le bois par du bisulfite de sodium, c'est-à-dire par un sel entrant en combinaison avec les aldéhydes, on n'obtient plus les réactions de la lignine, ce qui laisse supposer qu'elle est de nalure aldéhydique. C'est, en effet, ce que CzAPECK (Z. c.) a pu vérifier, comme on va le voir, dans une série de recherches aussi intéressantes que bien conduites.
Les réactions macro ou microchimiques ne suffisant pas, il fallait séparer du bois le corps cherché pour l'étudier plus à l'aise et s'assurer que c'élait bien à lui qu'on devait les réactions de la lignine. Quelques essais furent tentés dans ce sens par SINGER d'abord, puis par W. HormeisTer, SELIWANOFF, [ue et TOLLENS, essais qui restèrent sans résultat jusqu'au moment où Czapecx, prenant la question en mains, fut assez heureux pour isoler du bois un corps auquel il a donné le nom d'Jadromal (1), et qui présente toutes les réactions des membranes lignifiées.
(1) De Hadrom, nom donné par HABERLANDT au lissu conducteur,
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