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colore en violet intense avec le chlorure de zinc iodé, et cède à l'oxyde de cuivre ammoniacal une substance qui y est facilement soluble. Cette substance n’est autre que la cellulose, et l’on peut, dès lors; supposer avec quelque vraisemblance que la partie constituante de la membrane lignifiée, qui donne les réactions de la lignine, est, à côté d’une petite quantité d'hadromal libre, un éther résultant de la combinaison de l'hadromal avec la cellulose, et auquel Czapecrk donne le nom de celluloside.
Des faits du plus haut intérêt sont encore fournis à ce sujet par l'étude des champignons parasites du bois. D'une portée biologique considérable, ils corroborent en même temps les résultats obtenus par les méthodes chimiques.
Plusieurs auteurs Rogert Harris (32) et Wickomms (33) en particulier, ont constaté depuis longtemps que lorsque le mycélium de certains champignons tels que Polypores, Agarics, Pleurotus, Armillaria mellea, se développe à travers le bois des arbres, les membranes se colorent directement par le chlorure de zinc iodé tout autour des régions envahies par les filaments. HarriG a établi, de plus, que cette modification de la membrane précède toujours sa dissolution par le champignon.
Ce fait montre que la cellulose, dont les réactions étaient primilivement masquées par celle de la lignine, a été libérée d'une combinaison dans laquelle elle entrait, et cela par l'action du parasite.
Or, si l'on vient à traiter le bois ainsi atlleint, par le benzol ou l'alcool, on est surpris de la quantité d'hadromal qu'il cède alors au dissolvant. La solution alcoolique donne une coloration rouge intense avec la phloroglucine chlorhydrique,elt même, en effectuant des lavages répétés à l'alcool, on n'arrive pas à épuiser les tissus de tout leur hadromal ; les membranes, après comme avant le traitement par le dissolvant, se colorent énergiquement, elles aussi, par la phloroglucine.
La conclusion à tirer de ces expérience est, d’après Czareck (25), que l'éther, ou celluloside, résultant de l'union de l'hadromal avec la cellulose, se trouve scindé par le champignon.
Ilest d'ailleurs assez curieux de constater que, dans ce dédoublement produit par un être vivant, tout se passe comme lorsque c'est le chlorure d'étain qu'on fait agir. Les phénomènes observés sont exactement les mêmes
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ILest donc vraisemblable que les champignons habitant le bois agissent de telle façon sur la membrane lignifiée, qu'ils décomposent d'abord la combinaison éthérée de l'hadromal avec la cellulose. Des deux composants devenus libres, l'hadromal peut être enlevé par ses dissolvants et la cellulose mise en évidence par le chlorure de zinc iodé, ou dissoute aussi par l’'oxyde de cuivre ammoniacal. D'ailleurs, la dissolution de la cellulose, après sa mise en liberté, ne tarde pas à être opérée par le champignon lui-même, au moyen d'une de ces cytases bien connues à l'heure actuelle.
Mais quelle est la véritable cause de la saponification de l’éther cellulosique ?
Pour la découvrir, CzaPeck (/. c.) relire de divers bois malades des lamelles formées par la réunion de nombreux filaments mycéliens, et les broye avec de l’émeri ; il soumet ensuite le produit à la presse et filtre le suc ainsi obtenu. Il prend ensuite 1 à 2 ce. de ce suc, y ajoute une pincée de râpure de bois bouilli dans l'alcool pour enlever la petite quantité d'hadromal libre qui existe dans les membranes, verse sur le suc un peu de chloroforme et abandonne le tout à l'étuve à 28°, pendant une quinzaine de jours. Au bout de ce temps, la liqueur chloroformique manifeste, avec une grande intensité, les réactions de la lignine, et le bois lavé se colore fortement en violet par le chloroiodure de zinc. Le dédoublement a donc été opéré, et il s'est produit de la même façon que dans l’action du champignon sur le bois.
Le suc soumis à l'expérience perd complètement son pouvoir saponifiant si on le porte à l'ébullition. Par l’alcool on précipite du suc frais une poudre blanche amorphe, soluble dans l'eau el qui a,
sur le bois, la même action que le suc. Il s'agit donc là d'une enzyme
sécrélée par les filaments du champignon, et c'est bien à elle
qu'est dù le dédoublement de l’éther cellulosique de l’hadromal.
En raison même de la nature des phénomènes chimiques auxquels elle donne lieu,cette enzyme que CzaPeck nomme hadromase, doit être placée dans le groupe des ferments qui décomposent la graisse et les glucosides ; elle est donc voisine de l’'émulsine et de la saponase. On voit, qu’en résumé, la prolifération à travers le bois du mycélium d'un champignon parasite se fait par le concours de deux diastases, sécrétées par les filaments : l'une, l'hadromase commence par libérer la cellulose de sa combinaison avec l'hadromal, l'autre,
la cylase, dissout celle cellulose. Le mycélium, qui exerce en même temps une action mécanique sur les membranes,peut ainsi pénétrer dans la profondeur des tissus même les plus résistants,en perforant successivement les diverses cloisons.
Les caractères généraux de l'hadromal étant maintenant indiqués, 1l reste à savoir comment ce corps peut prendre naissance dans la membrane.
Il est très probable qu'il tire son origine de la coniférine,si abondante parfois dans le suc cellulaire et surtout dans les méristèmes. On sait que ce glucoside donne par dédoublement de l'alcool coniférylique. C'est aux dépens de celui-ci que, suivant Czarecr (26), l'hadromal prendrait naissance.
D'autres composés, du même genre que l'hadromal, ont été également signalés dans la membrane végétale. LINSBAUER qui s'est occupé de la lignification chez les Fougères, y a constaté la présence de matières aromatiques qui restent encore incomplètement déterminées.
C) Substances accessoires de la membrane lignifiée
FRéÉMy admettait que les membranes lignifiées contiennent en faible proportion l’un des principes conslituants de la subérine et de la cutine, principe qu'il nommait cutose, par analogie avec la vasculose ou lignine proprement dite. Ce fait paraît d'autant plus vraisemblable que le Soudan III, qui est l’un des meilleurs réactifs des tissussubérifiés ou cutinisés,et les colore en rouge intense, laisse incolores les parenchymes purement pecto-cellulosiques et colore en rose pâle le tissu ligneux.
Le regretté GENEAU DE LAMARLIÈRE (84), qui partageait à ce point de vue l'opinion de FRÉxY, admettait, en outre, la présence de composés azolés dans les membranes lignifiées,
Il est de fait que certains des meilleurs réactifs des substances riches en azote, sont aussi journellement employés pour la colora- Lion du tissu ligneux. Le vert d'iode, la fuchsine ammoniacale et la teinture d'iode elle-même, qui colorent très bien le bois, se fixent avec non moins d'énergie sur des substances très azotées, comme le protoplasme et le noyau. On peut même remplacer ces colorants par le bleu de méthylène ou le brun Bismarck, qui donnent mieux encore peul-être l'élection des matières azo-
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tées, et l'on constate, de la part de la membrane lignifiée, une affinité telle pour ces substances que ni l'alcool, ni la glycérine n’entrainent sa décoloration. Vienton même à « délignifier » la membrane en la traitant par des agents oxydants énergiques, comme l'acide azotique ou l'eau de Javel, en conduisant l'oxydation de façon à ce qu'elle n'aille pas jusqu'à la destruction des malières azotées, les réactions de la lignine ne se montreront évidemment en aucune façon (phloroglucine chlorhydrique, sulfate d'aniline), mais le bleu de méthylène ou le brun Bismarck continueront à être fixés avec la même énergie.
Par contre, si l'on va jusqu'à la destruction des matières azotées, on obtient bien encore la fixation de ces réactifs, mais la coloration ne résiste ni à l'action de l'alcool, ni à celle de la glycérine.
La présence des matières azotées paraît donc tout au moins vraisemblable.
GeNEAU DE LAMARLIÈRE, à qui sont dues les expériences qui précèdent, admet aussi, dans la paroi cellulaire hgnifiée, l'existence de composés pectiques et de certains sels, de phosphates notamment (35).
Il a caractérisé les phosphates au moyen de la réaction du molybdate d'ammoniaque en solution azotique qui, de même qu'elle détermine un précipité jaune de phosphomolybdate dans la solution d'an phosphate, communique aux membranes une coloration jaune plus ou moins foncée. Nous aurons l'occasion de revenir sur cette réaction ainsi que sur les réactions de contrôle, qu'on peut employer de concert avec la précédente.
Disons, pour le moment, que l'emploi de ces réactifs permet de constaier, au point de vue de la répartition des phosphates dans les membranes, trois catégories de tissus :
1° Les tissus pecto-cellulosiques (parenchymes, liber mou),qui ne renferment pas de phosphates dans leur membrane.
20 Les tissus ayant subi la lignification, la subérification ou la cutinisation, mais à un faible degré (parenchyme ligneux, vaisseaux, fibres longues en général, certains lièges ou cuticules) qui montrent nettement les réactions des phosphates, quoique avec une intensité moyenne.
3° Les tissus de haute lignification (sclérites courtes),de subérification profonde (beaucoup de lièges) ou de cutinisation avancée,
F chez lesquels les réaclifs accusent une quantité beaucoup plus grande de phosphates.
En somme, les membranes peclo-cellulosiques seules sont dépourvues de phosphates. L'incrustation minérale au moyen de ces sels paraît marcher de pair avec l'incrustation par les substances organiques ordinaires de la paroi cellulaire, et,dans le cas de tissus lignifiés, on est en droit de penser qu'elle les aide notablement dans leur rôle de soutien, tout comme les phosphates entrant dans la constitution du squelette des animaux,contribuent puissamment à sa consolidation.