‹ Étude générale de la membrane cellulaire chez les végétauxChapitre 91 sur 117 · USE · texte numérisé non relu

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lissus, comme l'a signalé Tscuirce (45, 175). Waace (46), qui a fait une longue étude sur la répartition de cette substance chez les végélaux, a montré d'abord qu'elle y est extrêmement répandue, et qu'on la rencontre notamment dans le parenchyme cortical, surtout dans sa partie externe, dans le sclérenchyme, l'endoderme, les parois du liège mort, le parenchyme ligneux, les vaisseaux et les fibres du bois, le cambium, au niveau des rayons médullaires, les rayons médullaires. Les fibres libériennes, au contraire, et les tubes criblés en sont généralement dépourvus. Pour la moelle, les cas sont très variables.

Ainsi donc, les éléments lignifiés voisins d’une région à phloroglucine se coloreront instantanément en rouge, par addition pure et simple d'acide chlorhydrique.

Celle restriction étant faite, il est important de rechercher de quelle façon se produit la réaction, suivant les conditions d'expérience.

Avant d'employer les réactifs, on soumet généralement les coupes à l'action de l'hypochlorite de potassium ou eau de Javel, pour débarrasser les cellules des matières albuminoïdes qu'elles renferment, en d'autres termes, pour nettoyer les tissus et les rendre plus transparents, Cette action ne doit pas durer plus d'un quart d'heure.

Dans ces conditions, les réactifs tels que la phloroglucine ou le sulfate d'aniline et corps similaires, dont nous avons donné la liste plus haut, se fixent sur les membranes lignifiées ; seules ces membranes sont colorées. Les parois subérifiées ou cutinisées restent incolores, à moins cependant qu'elles ne contiennent de la lignine dans quelques-unes de leurs parties ; il n’est pas rare, par exemple, que la lamelle moyenne du liège soit lignifiée.

Dans les amas de fibres, on voit très distinctement la lamelle moyenne toujours colorée d'une façon très intense, la couche secondaire colorée aussi, quoiqu'un peu plus faiblement ; la couche tertiaire, cellulosique comme on sait, à peine teintée et souvent même tout à fait incolore.

Mais si l’on prolonge pendant un certain temps l'action de lhypochlorite, on voit les réactions s'allénuer peu à peu,'et lorsque le contact avec l'eau de Javel a duré 5 à 6 heures, on ne peut plus faire apparaître aucune coloration,

Les choses se passent de la même facon, si on remplace, comme agent oxydant, l'eau de Javel par l'acide nitrique, l'acide chromique ou le liquide d'Hormeisrer (solution saturée de chlorate de potassium dans laquelle on verse de l'acide chlorhydrique étendu d'eau).

Groupe B

Il n'en va pas de même avec les réactifs comme le vert d'iode ou la fuchsine ammoniacale. Ces colorants différent d'abord des précédents en ce qu'ils ne sont pas spéciaux aux tissus lignifiés, puisqu'ils se fixent aussi sur les membranes subérifiées et cutinisées.

Je passe sur les nuances spéciales qu'ils donnent à certains éléments du bois, sur l'intensité de la coloration qui, exaltée danstelle région d'une coupe, se trouvera affaiblie dans une autre.

On observe à ce point de vue une certaine discordance avec les effets obtenus par la phloroglucine.

Mais là où la différence est surtout frappante, c'est lorsqu'on fait agir les réactifs après un long traitement par les oxydants. Tandis que les réactions de la phloroglucine ou du sulfate d'aniline cessent de se produire au bout de quelques heures, le vert d'iode, la fuchsine ammoniacale ou la teinture d'iode diluée, continuent à colorer les tissus,

Après 10 ou 15 heures d'oxydation, le vert d'iode, par exemple, est fixé encore avec intensité. On constate simplement que, de verte qu'elle était, la coloration a viré au bleu. Bien plus, le liège et la cuticule, qui ne se colorent que faiblement, en général, dans le début, prennent des teintes de plus en plus vives à mesure que l'oxydation avance.

Si on prolonge enfin le traitement pendant 24 heures, les membranes ne se teignent plus par les réactifs ci-dessus, mais se montrent sensibles aux réactifs de la cellulose. C'est ainsi, par exemple, que si on a fait usage,pour suivre ces expériences, du vert d'iode uni au carmin aluné,on observe ce faitintéressant qu'à partir du moment où les parois cellulaires ne se colorent plus par le vert d'iode, elles prennent la coloration rouge du carmin.

Groupe C

La réaction de MAULE consiste, comme on l'a vu, à traiter d'abord les membranes par le permanganate de potassium, puis successivement par l'acide chlorhydrique et l'ammoniaque.

Les tissus sont oxydés dans le premier temps de la réaction, où le permanganate peut, d'ailleurs, être remplacé par un autre oxydant comme l'acide chromique ou le liquide d'Hormeisrer. C'est le produit oxydé que l'ammoniaque colore en rouge.

Nous pouvons maintenant tirer les déductions suivantes des expériences qui précèdent :

On peut considérer que, dans l'oxydation des tissus lignifiés, que ce soit par l'hypochlorite ou par le permanganate (réaction de MauLe), c'est la lignine qui s'oxyde (c'est-à-dire sans doute l'hadromal de Czarecx). La preuve en est que la membrane ainsi délignifiée ne se colore plus par la phloroglucine.

Les produits d'oxydation sont des acides résineux déjà entrevus par FRÉMY.

Si les colorations au vert diode, à la fuchsine ammoniacale ou à la teinture d'iode se manifestent encore après oxydation, c'est qu'elles portent sur d’autres substances de la membrane que la lignine Etant donné que ces réactifs sont précisément ceux aussi des matières azolées (noyau, protoplasme), il est permis de penser qu'ils se fixent sur les subslances azotées incluses dans la membrane lignifiée. C'est dans les mêmes conditions qu'ils colorent aussi les membranes subérifiées ou cutinisées.

En résumé, par conséquent, la membrane lignifiée est colorée par des réactifs nombreux agissant seulement sur certaines de ses parties constituantes.

Les réactifs du groupe À (phloroglucine chlorhydrique, sulfate d'aniline) se fixent sur la lignine (ou hadromal) et seulement sur cette substance ; |

Les réactifs du groupe B (vert d'iode, fuchsine ammoniacale) ne se fixent vraisemblablement que sur les matières azotées ;

Les réactifs du groupe C (réactif de Mauze) ne colorent la membrane que lorsqu'elle est délignifiée, c'est-à-dire après oxydalion de la lignine.

TECHNIQUE

PHLOROGLUCINE CHLORHYDRIQUE

On dépose la coupe sur un porte-objet, dans une goutte d'une solution alcoolique de phloroglucine Après quelque temps, lorsque l'alcool est dilué, on recouvre la coupe avec de l'acide chlorhydrique concentré. Tous les éléments lignifiés se sont colorés en rouge, les autres sont restés incolores,

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