‹ Étude historique et critique sur la pesteChapitre 6 sur 24 · DE PARIS · texte numérisé non relu

DE PARIS

A la vue des effets dont la cause échappe à la perspicacité des meilleures intelligences, l’esprit humain tombe dans l’étonnement. Il y a en lui un besoin inné de poursuivre le bien et le vrai ; tout être aime le bien et désire savoir, comme le philosophe nous le démontre clairement. A la suite de cet étonnement, un esprit sage ne résiste pas à son attrait naturel, mais, avide de son perfectionnement, il emploie tous, ses efforts à rechercher les causes des effets merveilleux ; c’est ce qu’ont fait, de nos jours, comme nous l’apprenons, plusieurs savants astrologues et médecins* au sujet de la cause de l’épidémie qui sévit dès l’an 1345 de notre ère. Mais, comme leur déclaration laissait encore ample matière à discussion, nous tous et chacun de nous, maîtres du collège de la Faculté de médecine de Paris* conformé-

mandatum Illustrissimi Principis et domini nostri serenissimi domini Philippi, Francorum Regis, incitatif utilitati etiam publice intendere cupientes, causas epidimie universales et remotas, particulares et propin quas, nec non et salubriora remedia, quantum ipsius rei natura humano intellectui se subjicit, clarissimorum phi'osophorum antiquorum dictis, ac etiam modernorum sapientum, tam astronomorum quam medicorum, certioribus sententiis utentes,Deo nobis ministrante, proposumus sub brevi compendio declarare.

Etsi non omnia, ut vellemus, elucidare possimus, cum de eis certa ratio et omnino perfecta cognitio inveniri non possit, ut innuit Plinius, libro II, cap. xxxix, sic dicens : « Tempestatumque quasdam fortuitas, quasdam vero statutas et certas esse causas, aut adhuc rationis incomperto manifestum est, » nihilominus tamen ad deficiencium supplementum, per hec que dicentur, viam habere poterit quilibet sedulus perscrutator.

Hujusmodi autem Compendii duas sumraas ponemus, in quarum prima de causis hujus pestilentie, unde provenerit, inquiremus. In secunda, remedia preservantia, et aliqua curativa subjungemus.

ment aux ordres de notre très illustre prince et de notre sérénissime seigneur et maître Philippe, roi de France, et désireux également de pourvoir au bien public, nous avons résolu de faire un court exposé des causes de l’épidémie, causes générales et éloignées, particulières et prochaines, ainsi que des remèdes les plus efficaces, autant qu’il est permis à l’esprit humain de connaître la nature de cette maladie ; nous appuyant pour cela sur les paroles des plus illustres philosophes de l’antiquité, ainsi que sur les opinions plus certaines des savants modernes, astronomes ou médecins, et comptant aussi sur l’aide de Dieu.

Quoiqu’il ne nous soif pas donné, comme nous le voudrions, d’éclaircir toutes les difficultés, car elles sont de celles dont on ne peut découvrir ni la raison certaine, ni une connaissance absolument complète, comme l’indique Pline au livre II, chapitre xxxix, où il dit : « Il est évident que parmi les causes des saisons, les unes sont fixes, les autres fortuites ou du moins régies par des lois encore ignorées, » néanmoins, ce que nous allons dire ici facilitera la voie à tout investigateur attentif, pour suppléer à ce qui lui manque.

Nous divisons cette consultation en deux parties. Dans la première, nous recherchons les causes de cette épidémie, et d’où elle provient. Dans la seconde, nous indiquons les remèdes préservatifs et quelques remèdes curatifs.

Prime summe erunt tria capitula.

Nam ista epidimia a duplici provenit causa, quarum una est remota, que superior est et celestis ; alia vero propinqua, que inferior est et terrestris : a prima dépendent causaliter et effective. Primum igitur capitulum erit de causa prima. Secundum erit de secunda. Tertium de prognosticatione et signis, quod erit annexum utrique.

Summe secunde erunt duo tractatus :

Primus erit de remediis preservativis per dietam.

Secundus de remediis curativis et preservativis per medicinalia.

Tractatus primi erunt quatuor capitula.

Capitulum primum erit de electione aeris et ipsius rectificatione.

Capitulum secundum erit de exercitio et balneo.

Tertium de cibis et potibus.

Quartum de sompno et vigilia, inanitione et re^ pletione et accidentibus anime.

Tractatus secundi erunt tria capitula :

Capitulum primum erit de remediis universalibus.

Capitulum secundum de remediis particularibus et appropriatis.

Capitulum tertium erit de antidotis.

La première partie comprend trois chapitres.

Car cette épidémie provient d’une double cause : l’une éloignée, qui est supérieure et céleste ; l’autre prochaine, qui est inférieure et terrestre. Cette seconde cause dépend de la première et pour la source et pour l’effet. D’où le premier chapitre traite de la première cause ; le second de la deuxième ; le troisième du pronostic et des symptômes et complète ainsi les deux premiers chapitres.

La seconde partie renferme deux traités :

Le premier est consacré aux remèdes préservatifs à l’aide du régime.

Le second aux remèdes curatifs et préservatifs, au moyen des médicaments.

Dans le premier traité, il y a quatre chapitres.

Le premier, sur le choix de l’air et sa purification.

Le second, sur l’exercice et le bain.

Le troisième} sur les aliments et les boissons.

Le quatrième, sur le sommeil et la veille, l’inanition et la réplétion, et sur les accidents de l’âme.

Dans le deuxième traité, il y a trois chapitres *

Le premier, sur les remèdes généraux.

Le second, sur les remèdes particuliers et spéciaux.

Le troisième, sur les antidotes.

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