Œuvres complètes, t. I«', p
3. Bârth. de Laff«mas, parmi de nombrenx projets pour la régénération de Tindustrie, est Tautenr d'an {Règlement pour dresser les manufactures en ce Royaume, 1597). Un éoit de décembre 1602 chargea Laffemas, nommé contrôleur général du commerce, de diriger la répartition des mûriers et de la semence des vers à soie dans les paroisses, aux Tuileries, au château de Madrid, à Orléans, à Toursr, en Poitou, en Normandie même. Sully, toujours plus favorable à Fagriculture qu*à l'industrie, comoattit ce projet soutenu par Fillustre auteur du Théâtre de Vagriculture et mesnage des chamjas (1600), Olivier de Serres. Henri IV traita parfois Barth. Lanemas d'esprit chimérique, mais sans lui être systématiquement hostile, comme Sully. Il semble avoir tenu assez équitablement la balance entre Fesprit de routine de son ministre et Tesprit d'innovation de son contrôleur général.
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griefs personnels n'ont cependant pas empêché l'historien de rendre justice aux qualités de Thomme et du financier : « Le Roi mit les finances es mains du marquis de Rosni^ depuis duc de Suilli, pource qu'il trouvait en lui un esprit fort gênerai et laborieux et une austérité naturelle, qui, mesprlsant les bonnes grâces de tous, portait Tenvie des refus, et par là fit la bourse du Roi. » Ne faut-il pas savoir gré à d'Âubigné de n'avoir pas insinué que cette austérité de V Argentier du roi ne Tempôcha pas d'édifier sa fortune avec une àpreté peu édifiante ?
Pourtant il faut bien l'avouer, d'Âubigné que ses qualités, presque autant que ses défauts, ont empêché d'être ce que l'on appelle un politique, un homme d'État, parce que sa raison passionnée n'avait que des éclairs de conseils, ne pardonne pas volontiers à ceux qui ont eu un crédit plus suivi que lésion. Lesd'Ossat, les du Perron, les Sully, les Duplessis-Mornay lui portent ombrage. Ne demandons pas l'impossible à l'impartialité de l'historien, qui ne peut voir en ces personnages que des rivaux, dos adversaires ou même des ennemis.
Un homme que d'Aubigné n'a pas assez mis en lumière, et vis-à vis duquel échoue son effort d'im* partialité, c'est Duplessis-Mornay. Ne fut-il pas le négociateur ordinaire du prince de Navarre, n'est-ce pas lui qui conclut, entre autres, le traité qui rapprocha le Béarnais de Henri IIP ? On croirait que cette haute personnalité gêne l'amour-propre de notre historien et qu'il en voudrait diminuer la stature. Ainsi, dans une
1. Mémoires de de Thou, tradaction de Le Petit et dlfs. Rotterdam (1711), p. 148.
assemblée tenue à Cuistres, près Goutras, devant le roi de Navarre, tandis qu'il prèto un long discours politique h a un Mareschal de Camp » qui a soin de signer de son Aleph, il se contente d'ajouter négligemment: «Cette opinion fut fortifiée de quelques exemples qu'apporta )e Plessis-Mornay ^ » Disons, moins pour excuser que pour expliquer le sentiment de Thistorien, que ces deux fidèles serviteurs de la Cause se sont souvent rencontrés, ou plutôt heurtés, sur le même chemin. Nous avons vu que Fexécution d'un projet conçu par d'Aubignépour « assujettir Terabouchure de la Loire* » et dominer ainsi la Bretagne, fut confié à Duplessis- Mornay. Pourquoi ce choix? « Parce qu'il estoit plus au Roi, plus ductile à ses volontez et de qui la réputation ne donneroit que lustre à celle du supérieur '. » D'Aubigné, en faisant ainsi d'un rival un instrument docile et sanç conséquence, ne cède-t-il pas à un sentiment d'étroite jalousie ? Il l'appelle pourtant quelque part a pilote de tenipeste et non pas d'eau douce ^,» mais le confondant en ce passage avec Turenne, Bouillon, Glervaut, Constant et le secrétaire Pin. Nulle part il ne lui dénie la décision et le courage militaire. A Henri IV qui se vante en riant d'avoir «su faire d'un eci'itoire » un capitaine, d'Aubigné répond : » Que cet homme de lettres ne laisse pas d'être capitaine et qu'il l'a vu faire le soldat*. »
Est-ce pour ménager Duplessis, qui sembla vaincu à la conférence de Fontainebleau, que d'Aubigné n'en