‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 129 sur 200 · EXeyyoi, preuves démonstratives, argumentation en règle · texte numérisé non relu

EXeyyoi, preuves démonstratives, argumentation en règle

SUR TH.-AGRIPPA D*AU9IGNÉ. tSi

les femmes, parmi lesquelles Fauteur cite la Marguerite des Marguerites, Loyse Labé, la reiaeElisal^etb, Olympia Morata% les duchesses de Hohan', les dames des^ Roches, illustrées par. la muse d'Ëstienne Pasquier*, sa propre mère, Catherine de l'Ëstang, dont il a cou-, serve le Saint Basile grec, annoté de sa main ^. Malgré^ son admiration pour l'excellence d'un tel savoir, il n'esborte au labeur des lettres que les Princesses, pour le gouvernement et le maniement des affaires, . Les. lettres sont, à ses yeux, un luxe inutile pour Iqs de^ moiselles de moyepne condition, comme ses filles, qui auraient pourtant bien voulu apprendre avço leurs, frères'. La raison de d'Aubigné est plus poétique que plausible : « Quand le rossignol a des petits, il ne chante plus. » L'instruction n'est-elle donc pour les

1. Voir la \ie d*Olvmpia Morata, in-8o de 240 pages (1851), thèse de doctorat soutenae par M. J. Bonnet.

2. Voir les travaux cités plus haut (p. 49) de MM. P. Marchegay et J. Bonnet sur les aames Bohan.

3. Éstienne Pas(|uier, pourse délasser des Grands jours de Poictiers, se livrait, avec guelques beaux esprits, à des jeux poétiques, à des « gaillardises » qui témoignent moins de son non goût que de sa naïve gaieté et de sa liberté d'esprit. Une

Suce qui « s'estoit parquée au beau millieu du sein » de W^^ des oches, fut le signal d'un véritable tournoi poétique, « d'une contention mi^narde, » dont Pasquier a consacré le souvenir dans un recueil qui a pour titre : La Puce ou jeux poétiques françois et latins composez sur la Puce auj; Grands jours de Poictiers, Van 1579, dont Pasguier fut le premier motif. (Amsterdam, 1723, tome II, p. 950.)

4. On peut s*étonner de ne pas voir rappelé ici le souvenir de cette jeune Loyse Sarrazin, qui Tincitait si bien à Tétude du grec. A-t-il craint de mêler ce souvenir un peu juvénile à celui de sa mère, dans une lettre adressée à ses filles ?

5. D'Aubigné écrit à M. de Bohan, qui venait de perdre un fils (Œuvres complètes, t. l^^, p. 402) : « Dieu m'a visité de la perte de deux enfans. » Le contenu de la lettre semble indiquer quil s'agit de deux fils.

182 ÉTUDI fiUR TH. -AGRIPPA d'aUBIGNR.

femmes qa'on aimable ramage? et pois, dirons-nous, pour continuer une image gradeuse: Le rossignol ne doit-il pas approndre à chanter à ses petits T

Les idées de d'Aubigné sur la pédagogie appliquée à ses propres enfants sont donc : pour les filles, une culture des plus modestes, qui ne leur puisse inspirer le mépris du ménage, de la pauvreté et du mari ; pour les fils une solide instruction, fortifiée de toutes les subtilités de la dialectique. D'Aubigné les veut prêts, comme lui, à descendre au besoin, armés de pied en cap, dans le champ clos de la discussion théologique.

Page 1