Histoire universelle^ t. !•', col
SUR TH. -AGRIPPA d'AUBIGNJÊ. 197
rennemi, cherchant à brûler l'amorce, à faire fumer le pistolet, mêlant, démêlant, comme il le dit encore, enfonçant des gros de cavalerie, ou bien prenant de petites places et des bicoques par escalade, mines et pétards. Quelles que soient lès inventions et les folles témérités du soldat, il n'y a pas cent manières de risquer sa vie devant Tennemi ; aussi Thorrible le disputet-il à la monotonie dans le récit des faits militaires, en temps de guerre civile. Il a manqué à d^Aubigné la grande guerre et les batailles rangées. Que n'a-t-il ou au moins son siège de Sienne ! « Il est, dit-il, homme de siège et sans capitulation. » Le lecteur préférerait quelque fois le voir capituler après une longue et héroïque défense, comme Montluc^
Ce n'est pas seulement aux gens de guerre que d'Aubigné donne des leçons militaires. M. Huguetan, avocat à Lyon, lui avait demandé « toutes les choses qui font besoin en un siège*.» Dénombrement des hommes de guerre et de service, pionniers, canons, coulevrines, mousquets, piques, armures, quantité et fabrication de poudre, rien n'est oublié, pas même a l'huile de pétrole » ce fatal engin d'incendie, qu'on peut s'étonner de voir employée dès cette époque à la guerre. L'abondance de ces détails prouve l'expérience du soldat et l'intérêt en est relevé par quelques beaux préceptes, tels que celui-ci : « Faites justice pitoyable, hormis aux propos de lascheté, rébellion, cry de nation et trahison » et cet autre, adressé à M. de Brederode, qui reçoit aussi de son correspondant une leçon militaire : « Un homme de bataille ne doit pas avoir