Histoire universelle, t. !•», col
SUH TB.-AGniPPA D*AUH16NÉ. 213
avec intérêt? C'est que l'auteur y fait mouvoir d'assez grandes masses, dont les lignes ne nous échappent pas, que les principaux acteurs sont des personnages connus, qu'on y suit des péripéties aux mouvements nettement dessinés, que le peintre a su donner du jour et de la perspective à un plus vaste tableau, enfin qu'il termine son récit par un résumé clair des « six choses notables en cette bataille. »
Parfois aussi d'Aubigné met en pleine lamière quelque chef héroïque, et lui prête des paroles de grand souffle. Un LaVergne^ et un Gondé àJarnac, un Rohan' au siège de Lusignan, nous reposent de la mêlée, nous distraient de sa fatigante confusion et communiquent l'unité à une sorte de petit drame épique. L'historien, en racontant, obéit à son impression, à des souvenirs personnels, jamais aux règles du genre et aux lois de la proportion. Ainsi, pourquoi la rencontre de la Rochel'abeille est-elle narrée avec une prolixité que nous avons blâmée ? Dabord, parce qu'il y assistait, et que sa narration trop complaisante y trouve une consolation aux défaites de Jarnac et de Moncontour. De plus, en ce gentil combat, il n'y eust pas vingt hommes qui ne fussent tués à coups d'épée et armes d'ast. C'est une formidable rencontre d'honneur en champ clos, conmie d'Aubigné les aime.
L'historien pouvait-il éviter les défauts que nous