‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 155 sur 200 · DE THOU, RÉGNIER DE LA PLANCHE · texte numérisé non relu

DE THOU, RÉGNIER DE LA PLANCHE

LA POPELINIÉRE, KTC.

Ce serait un parallèle intéressant et fait pour relever le mérite de notre écrivain, de comparer d*Aubignô avec les historiens ses contemporains. Il en a cit^ quelques-uns avec honneur, entre autres de Thou*, qui échappe en partie au parallèle, ^'étant, matheureusement pour sa gloire et pour les lettres françaises, servi de la langue latine.

D'Aubigné lui a évidemment emprunté le plan, et au moins l'idée générale de son Histoire universelle. De Thou fait aussi une grande part aux royaumes

1. L'œuvre personnelle de de Thou, qui renferme 126 livres, s'étend des règnes de Louis XII et François !•' jusqu'à la naissance du Dauphin (16011. Les livres qui la continuent jusqu'à la mort de Henri IV sont ae Nicolas Rigault. Si l'on veut connaître la liberté laissée à l'historien par la censure, rappelons qu'il dut, de la première à la deuxième édition, supprimer les passages où il avait mal parlé des papes Jules II, Paul III et Jules III, effacer l'eipression ad potiorem vitam migravit appliquée à un hérétique. On lui reprochait d'avoir appelé Erasme grande hujus sxculi decus. C'était là, au gré au clerc régulier Ant. Garaccioli et du cardinal Bellarmin, des propositions puantes, fsede pestilentes. On comprend que d'Aubigne n'ait pu désarmer une censure qui condamnait de Thou. Il est vrai que celui-ci se montrait fort affecté de cette condamnation, tandis que celui-là s'en faisait honneur.

ÉTUDE SUR TH. -AGRIPPA d'aUBIGNÉ. 219

étrangers, mais ii leur consacre des livres entierS) par conséquent une narration plus suivie, ce qui vaut mieux ; il les termine volontiers par la mort de grands hommes, comme d'Aubigné par des édits de paix.

L'historien allemand, LéopoldRanke^ , prétend qu'on aperçoit partout dans le livre de d'Aubigné des extraits du Président de Thou, de la Planche et autres. Notre historien a mis dans son œuvre assez du sien, ajoutant à des faits connus «c des secrets dont il peut attester la venté, » pour demeurer, malgré quelques emprunts indéniables, le plus original de tous les historiens du seizième siècle. Ces emprunts d'ailleurs, sans y attacher une grande importance, car ce sont là à ses yeux querelles de gens de lettres, et les faits appartiennent à tous, il ne les a pas dissimulés. Il dira du Président de Tbou : « De cet auteur excellent, bien que j'eusse achevé avant luy, j'ay tiré beaucoup de choses, comme estant plus tardif à l'impression^. »

S'il nous était possible, sous prétexte de comparaison avec d'Aubigné, d'analyser, au moins sommairement, quelques-uns des historiens de la seconde moitié du seizième siècle, nous voudrions donner une place au calviniste Régnier de la Planche. Gomme le titre de son livre l'indique', il a consacré tout son volume, plus de sept cents pages, au règne éphémère de ce jeune Valois, presque un enfant, qui semble n'être

1. Histoire de France principalement durant les seizième et dix-septième siècles. Stuttgart, Cotta, (1852-1861). 5 vol. in-8o. Elle a été traduite, au moins en partie, par Jacques Porchat. Paris (1854-18Ô6)..

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