‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 163 sur 200 · Pensez que l'on ne peut reprendre · texte numérisé non relu

Pensez que l'on ne peut reprendre

Toutes ces fureurs sans fureur 7

{Œuvres complètes^ t. tV. Préf. des Tragiques, p. 25.)

IG

242 ÉTUDK HISTOilIQUE ET LITTÉKAIRE

Veut-on sentir au yif combien la verre enfiéTrée do satirique diffère de la mesure que s'impose Thistorient Que Fou compare dans les Trâgiquei et dans VHi$Mré le portrait de Henri III:

« Le ^ste efféminé, ]*œil d^iin SstrdanapafeS »

donnant à ceux qui le voient Tidée

« En la place d^an Roy, une p Cardée,

Si, qii*aii premier abord, chacun estoit en peine S'il voioit an Roy femme ou bien un homme Royne 1 »

Admirable dévelc^pement du « iemitHr » de Virgile, immortelle flétrissure imprimée au front du Valois, du roi des Mignons^ par l'indignation puritaine du poète huguenot. A Tfaistorien, il suffira de faire comprendre que le roi n'a tenu -aucune des promesses du prince, d'autant plus coupable d'avoir perverti des dons naturels : C'était « un prince bien disant, d'agréable conversation avec les siens, amateur des lettres, libéral par delà tous les rois, courageux en jeunesse et lors désiré de tous ; en vieillesse, aimé de peu, qui avoit de grandes parties de Roi, souhaité pour l'estre, avant qu'il le fust, et digne du royaume, s'il n'eust pas régné : c'est ce qu'on en peut dire en bon François. » Ainsi, tandis que dans son poème, d'Aubîgné s'abandonne à « la passion partisane » et avoue qu'avant tout, il a voulu «esmouvoir; » dans VHistoire^ s'inspirant d'un souvenir de Tacite jugeant Galba, il se borne au rôle de narrateur équitable et impartial. Il croirait manquer au devoir « d'un bon François n en n'adoucissant pas les traits par gravité, pudeur, respect de soi-même et de la majesté royale*.

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